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  Laurent Nizette
 




Le terme de Tueur en Série est très difficile à définir car ce genre de tueurs est très complexe au niveau psychologique et encore peu étudié.
Nous allons toutefois essayer de développer quelques notions qui nous permettrons de mieux cerner ce type de criminels.

 

 

Dans le Manuel de Classification du Crime, de Douglas, Burgess & Ressler en 1992, le meurtre en série est défini comme étant 3 meurtres ou plus commis par le même tueur, à 3 endroits différents ou plus, avec un laps de temps entre ces meurtres.

Ce laps de temps n’est pas précisé. Il peut s’agir de jours, de mois ou d'années.
Ce sont ces notions de lieux et de temps qui distinguent les tueurs en série des tueurs de masse et des spree killers.

Cependant nous pouvons aisément nous rendre compte que cette définition du tueur en série est incomplète. Il manque à celle-ci des notions plus subtiles et abstraites.

 

Pour mieux cerner la psychologie du tueur en série, nous allons étudier 3 éléments qui nous semble à cet égard essentiels:

1. La Motivation

En 1999, Douglas et Olshaker agrémentent la définition du tueur en série avec la notion de motivation.

En psychologie, la motivation est un processus psychologique conscient ou inconscient qui détermine le comportement des individus en vue de la réalisation d’un objectif.
Le terme « inconscient » que comprend cette définition signifie que les images et le vécu que nous avons refoulé au cours de notre vie va s’exprimer à notre insu à travers notre motivation à agir.
Cet élément est donc bien sûr particulièrement intéressant à analyser dans le cas des tueurs en série.

Chez le tueur en série, il existerait, selon le travail de Douglas et Olshaker, 4 motivations:

- la manipulation,
- la domination,
- le contrôle de la victime,
- le désir sexuel; ce dernier étant la motivation la plus courante chez les SK.

Toutefois, il est bon de rappeler qu’à ce jour d’autres auteurs ont établi d’autres classifications par rapport aux motivations du tueur en série, et à ce jour, aucune classification universelle n’existe.

Une motivation de gain peut également exister chez certains SK (argent, objets…). Elle accompagne alors généralement une autre motivation. Les Veuves Noires en sont un parfait exemple (voir à ce sujet l'article sur Lyda Catherine Ambrose).

Quoi qu’il en soit, nous pouvons penser que la motivation du SK est presque toujours régie par ses fantasmes, ce qui nous amène au 2e élément :

 

2. Le Fantasme

Un fantasme est un scénario imaginaire, un rêve éveillé dans lequel le sujet agit en vue de la satisfaction de ses désirs (conscients ou inconscients).

Les fantasmes ne sont donc pas toujours clairement de nature sexuelle.
En effet, le désir sous-jacent peut avoir trait au pouvoir, à la cruauté, à la souffrance d’autrui, etc.
Mais l’état dans lequel se trouve le tueur lorsqu’il met en œuvre la satisfaction de ces désirs, correspond à une excitation sexuelle.
Il n’est d’ailleurs pas rare que bien que le tueur n’ait pas été excité sexuellement par la victime, il le soit par la mise en scène, la souffrance de la victime, le pouvoir qu’il a sur elle, etc.
Selon la littérature, bon nombre de tueurs se masturbent d’ailleurs soit sur le lieu du crime, soit plus tard en se remémorant la scène, alors que dans les faits, la victime n’a pas été violée.

Ce fantasme tient chez le SK une part démesurée de sa vie. Il ne vit plus que pour réaliser son fantasme, et quand la tension provoqué par le désir (de réalisation du fantasme) devient trop forte, il agit et réalise son fantasme. La tension diminue alors et le SK est momentanément repu.
Nous voyons bien ici que ce phénomène est comparable à un désir sexuel, quelle que soit la nature du fantasme.

Ceci nous amène enfin au 3e élément :

 

3. Le Cooling-Off (période de Refroidissement)

Le cooling-off est le laps de temps entre deux meurtres.

Selon Ressler, la réalisation du fantasme par le tueur n’est jamais à la hauteur du scénario imaginaire.
Pour combler son attente, le tueur élabore et travaille son fantasme entre deux meurtres pour en perfectionner la prochaine réalisation.

Parallèlement à ça, en tuant précédemment, le SK a approché son fantasme, il y a « goûté ». La tension liée au désir irrésistible de le voir réalisé va augmenter beaucoup plus vite, raison pour laquelle les meurtres sont généralement plus rapprochés les uns des autres au cours du temps.

Cependant, l’augmentation de cette tension est modérée par l’acquisition éventuelle par le SK de trophées (photos, vidéos, vêtements ou bijoux appartenant à la victime, bouts de peau, etc) lors des meurtres.

 

 

La définition du tueur en série n’est donc pas limitée à un nombre de meurtres. Elle associe des notions psychologiques complexes et impalpables telles la motivation, le fantasme, l’inconscient, le refoulé…
Notions qui ne se prêtent que difficilement à une analyse concrète, précise et définitive.

 
Article de Valérie et Olivia
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