Elle hérite d'un million d'euros de son mari après l'avoir tué à coups de couteau

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Elle hérite d'un million d'euros de son mari après l'avoir tué à coups de couteau

Messagepar marathon » 13 févr. 2019, 11:27

Elle hérite d'un million d'euros de son mari après l'avoir tué à coups de couteau


Michelle Missegue, tueuse irresponsable, mais héritière

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Michelle Missegue a été reconnue irresponsable pénalement du meurtre de son mari dont elle va toucher l’héritage.

Alexis Leveillé a perdu son père, tué par sa belle-mère. Jugée pénalement irresponsable, cette dernière a quand même hérité des biens et du généreux héritage de sa victime.

La mort comme seul héritage. Le cauchemar d’Alexis Leveillé a commencé par l’assassinat de son père Marc, 75 ans, fin mars 2015 dans son pavillon de Saint-Laurent-de-la-Prée, près de Rochefort (Charente-Maritime). Après avoir découvert une note sur laquelle était écrit « La chatte ne va pas bien, la chienne ne va pas bien et moi je ne suis pas bien », sa femme, Michelle Missegue, le poignarde à deux reprises au poumon et au foie. Sa folie meurtrière la pousse à tuer la chienne et la chatte de quatre coups de couteau chacun. Le lendemain midi, les policiers la retrouveront prostrée au fond de son jardin. Son sac, qu’elle serre fort sur sa poitrine, contient une procuration bancaire et une assurance vie signées par son mari.

Lors de son audition, Michelle Missegue présente aux enquêteurs un visage cireux, pauvre en mimique, encadré par une chevelure brune mi-longue et lisse. Derrière ses fines lunettes métalliques, elle bafouille un discours confus. Et fond souvent en larmes. Pour justifier son geste, la naturopathe de 55 ans explique avoir agi « sur instruction de Dieu ».



Toutes les expertises psychiatriques concluent à l’abolition de son discernement au moment du meurtre, dû à une « schizophrénie paranoïaque » et une « psychose chronique ». Après un an et demi de détention provisoire, Michelle Missegue est donc jugée irresponsable pénalement lors de son procès en juin 2017, et internée à l’hôpital psychiatrique de La Rochelle, où elle réside toujours.

Mainmise sur la fortune de la victime

Pour Alexis Leveillé, le fils de la victime, le drame aurait pu s’arrêter là. Mais le quarantenaire tombe des nues lorsqu’il apprend que son père a signé une déclaration de donation au dernier vivant en décembre 2008. Cette procédure permet à l’auteure des faits d’hériter de la totalité des ressources de son mari. Et le pactole est conséquent : ancien ingénieur, Marc Leveillé a assuré de nombreuses conférences à l’international sur les radars, et venait de toucher les recettes de la vente de deux appartements parisiens. La somme avoisine le million d’euros. « C’est le travail d’une vie », s’offusque Alexis Leveillé.

Marc Leveillé avait rencontré Michelle Missegue en 2005. Elle s’occupe alors de sa mère, âgée de 96 ans, en tant que garde-malade. À la mort de l’aïeule, le couple se marie en secret en septembre 2008. Puis les années filent. Du haut de son mètre 90, Marc Leveillé impressionne de moins en moins. À 75 ans, l’homme est affaibli par une vie de déplacements, la rémission de quatre cancers et un début d’Alzheimer. Il confie son mal-être à son orthophoniste, qui décrit un homme « triste et perdu ».

Michelle Missegue, de son côté, assure s’occuper à temps plein de son mari auprès de sa belle-famille. Qui ignore tout de son lourd passif médical : enfant battue, elle a tenté de se suicider à douze ans, puis a séjourné six fois en hôpital psychiatrique entre 1975 et 1996. Pour se « purifier », Michelle Missegue prend des douches avec du gros sel. Elle en répand régulièrement autour du pavillon pour le « protéger ».

Privée de son libre arbitre… mais légataire

Indigné du fait que « l’assassin » de son père hérite de ses biens, Alexis Leveillé dépose en 2017 un recours en ingratitude auprès du tribunal de grande instance de La Rochelle. Mais sa demande est déboutée, compte tenu de l’irresponsabilité pénale de l’auteure des faits. Considérée comme « privée de son libre arbitre », la justice ne voit pas de raison pour laquelle cet héritage serait refusé à sa légataire. Alexis Leveillé doit donc se résoudre à lui rembourser 2400 euros de frais d’avocat.

Maître Avi Bitton, qui défend Alexis Leveillé, vient d’hériter du dossier. « Beaucoup d’éléments n’ont pas été examinés durant l’instruction », regrette l’avocat, qui envisage de nouvelles actions en justice. « Le juge s’est focalisé sur l’acte en lui-même, moins sur la vie de l’accusée ». Maître Melliti, qui défend Michelle Missegue, n’a pas répondu à nos sollicitations. Alexis est ulcéré : « Ce qui me choque, c’est que la santé mentale de l’assassin paraît plus importante que celle des victimes ». Il a écrit au Président de la République pour crier son désarroi.

UN LÉGATAIRE, « INGRAT » OU « INDIGNE » ?

Non, hériter ne donne pas tous les droits. Si l’on estime qu’un héritier ne mérite pas de recevoir son dû, on peut déposer une demande en ingratitude. Selon la loi, est désigné ingrat celui qui a attenté à la vie du donateur, s’est rendu coupable envers lui de sévices, délits ou injures graves ou lui a refusé des aliments. Cette procédure peut être intentée par les héritiers envers un légataire si le donateur est décédé dans l’année du délit. Il en va de même pour la procédure d’indignité, à ceci près qu’elle concerne les successeurs (qui héritent selon la loi) et non les légataires (qui héritent selon un testament ou une donation au dernier vivant).

Michelle Missegue, elle, a été reconnue irresponsable pénalement au moment des faits. Suivant les rapports des experts, le juge a estimé qu’un trouble (en l’occurrence, la schizophrénie) avait aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. Elle ne rentre donc pas le cadre judiciaire de la procédure d’ingratitude. « La jurisprudence semble assez figée sur la question », déplore Maître Avi Bitton. En l’état, nous avons affaire à une interprétation stricte du texte. La personne jugée ingrate doit posséder l’intégrité de ses facultés intellectuelles lorsqu’elle attente à la vie du donateur. Or la justice a décidé que ce n’était pas le cas. On a donc du mal à concevoir qu’un assassinat, qui suppose une préméditation, puisse être commis sans avoir conscience de ses actes. »




Source : Le Parisien le 10 ,février 2019

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