Deux condamnés à mort exécutés au Japon

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Deux condamnés à mort exécutés au Japon

Messagepar marathon » 27 déc. 2018, 19:43

Deux condamnés à mort exécutés au Japon


Deux condamnés à mort ont été pendus ce jeudi au Japon, portant à 15 le nombre d’exécutions cette année. En juillet 13 ex-membres de la secte Aum responsable de l’attentat mortel au gaz sarin en 1995 dans le métro de Tokyo avaient été exécutés.

Ont été conduits à la potence Keizo Kawamura, 60 ans, et Hiroya Suemori, 67 ans, qui, en 1988, ont mortellement étranglé le patron d’une société d’investissement pour le voler et un employé, avant de couler leurs corps dans du béton, a indiqué lors d’une conférence de presse le ministre de la Justice, Takashi Yamashita. Leur sentence avait été confirmée en 2004.

Des exécutions « secrètes » dénoncées par Amnesty International

« Je pense que la peine de mort est inévitable dans ce type de crime et je pense qu’il n’est pas approprié de l’abolir », a insisté le ministre de la Justice, réitérant des propos déjà tenus par plusieurs de ses prédécesseurs.


Depuis le retour au pouvoir de Shinzo Abe en décembre 2012, 36 prisonniers ont été pendus au total. Plus de 100 condamnés à mort sont en attente d’exécution dans les prisons nippones, dont environ la moitié depuis plus de dix ans, alors même que la loi précise que les condamnés à la sentence capitale doivent être exécutés six mois après confirmation de leur peine. En réalité, ils passent des années dans l’antichambre de la mort.

« Les exécutions au Japon sont secrètes et les prisonniers ne sont généralement avertis que quelques heures auparavant, mais pas toujours. Leurs familles, leurs avocats et le public ne sont informés qu’après », expliquait dans un récent rapport Amnesty International, qui proteste à chaque exécution.

Omerta

Au Japon en revanche, le débat sur la peine capitale n’est pas très audible, le gouvernement arguant qu’il n’a pas lieu d’être puisque, selon les sondages, 80 % de la population est pour. Toutefois, ces données mériteraient d’être nuancées, explique Mai Sato, chercheuse à l’Institut de recherche pour la politique criminelle à Londres, une telle majorité s’expliquant selon elle par l’omerta qui entoure le système.

« D’un côté, le gouvernement dit qu’il faut garder la peine de mort parce que la grande majorité de l’opinion est pour, mais de l’autre, très peu d’informations sont données au public pour qu’il se forge un véritable avis, c’est contradictoire », souligne-t-elle.



Source : 20 Minutes le 27 décembre 2018

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