Mystère de la «martyre de l’A10»

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Mystère de la «martyre de l’A10»

Messagepar marathon » 14 juin 2018, 11:30

Mystère de la «martyre de l’A10» : les parents interpellés plus de trente ans après



En 2012, un nouvel appel à témoins avait été lancé par les enquêteurs afin de tenter d’identifier la martyre de l’A10.



Depuis août 1987, les gendarmes tentaient d’identifier cette petite fille découverte battue à mort et abandonnée sur l’autoroute près de Blois. Ses parents, aujourd’hui sexagénaires, doivent être présentés ce jeudi à un juge.


Près de trente-et-un ans après la découverte du corps d’une fillette, battue à mort et abandonnée sur l’autoroute près de Blois (Loir-et-Cher), en août 1987, le mystère est en passe d’être résolu.

Les gendarmes ont placé en garde à vue un couple de sexagénaires, qui seraient les parents de la petite martyre de l’A10. Ils doivent être présentés à un juge d’instruction à Blois ce jeudi, indiquent La Nouvelle République et Europe 1. Selon nos informations, l’enfant se prénommerait Inass et avait 4 ans au moment de son décès.

Le 11 août 1987, à la hauteur de la commune de Suèvres, près de la sortie Blois, en direction de la province, des agents d’entretien de l’autoroute avaient découvert dans un fossé, enveloppée dans une couverture, la dépouille d’une fillette aux boucles brunes.


Son corps portait de nombreuses traces de sévices : brûlures au fer à repasser, fractures anciennes, mamelon du sein gauche arraché avec les dents. Elle est morte « exsangue », des suites non pas d’un coup en particulier, mais de mois voire d’années de mauvais traitements.

Les empreintes génétiques des parents

Depuis cette date, les gendarmes de la section de recherches d’Orléans ont multiplié les investigations pour tenter d’identifier cette fillette et mettre la main sur ses parents, dont tout portait à croire qu’ils ont été ses bourreaux.

Pour seuls indices, mais oh combien précieux, les gendarmes disposaient de plusieurs empreintes génétiques recueillies sur la couverture qui recouvrait la petite martyre. Ils savaient surtout que ces empreintes appartenaient à des membres de la famille de la victime, notamment les parents.

Cette carte d’identité génétique, qui tournait chaque jour sur les fichiers français et européens, n’avait jusqu’alors pas livré de nom. A l’automne dernier, coup de théâtre avec l’arrestation d’un homme dans une affaire de violences. Son ADN est confronté au fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) et « matche » aussitôt : il s’agit du frère de la fillette.

Ces derniers mois, les enquêteurs ont remonté minutieusement la piste de cette famille pour cibler et surveiller les parents recherchés. Ce couple de sexagénaires, qui vivaient séparés depuis 2010, a finalement été interpellé mardi, l’un en Ile-de-France, l’autre en Picardie. La comparaison des ADN prouverait qu’ils sont bien les parents de l’enfant.

Selon nos informations, les gendarmes procèdaient ce jeudi à des perquisitions dans l’Aisne et dans le nord de la Seine-Saint-Denis. Le père aurait reconnu les faits en garde à vue, mais la mère continue de nier. Depuis le drame, elle faisait croire à son entourage que leur enfant était au Maroc, dont ils sont originaires.


Source : Le Parisien le 14 juin 2018

marathon
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Re: Mystère de la «martyre de l’A10»

Messagepar marathon » 20 juin 2018, 10:44

Les dates clés de l'affaire de la petite martyre de l'A10



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C'est à la hauteur de l'A10 que le corps de la fillette a été retrouvé.


Depuis la découverte du petit corps violenté, le 11 août 1987, les gendarmes n'ont jamais cessé d'enquêter. Voici, résumé en quelques dates du déroulement des investigations qui auront duré plus de trente années.



Entre le 11 août 1987 et le 12 juin 2018, près de trente et une années se sont écoulées. Le parquet de Blois n'a pourtant jamais abandonné les recherches, convaincu, depuis le début de cette sordide affaire, que les parents étaient impliqués dans le décès de la fillette dont l'âge était estimé à 3 ans. Leur patience a payé.


Mardi 11 août 1987 à Suèvres (Loire-et-Cher)

A 15 h 20, deux employés de Cofiroute, fauchant des herbes en bordure de l'A10, découvrent le corps mutilé d'une fillette, dont l'âge est estimé à 3 ans. L'enfant est enveloppée dans une couverture. "Cette enfant n'était qu'une plaie de la tête aux pieds", commentera le procureur de la République de Blois.C'est à la hauteur de l'A10 que le corps de la fillette a été retrouvé.

Mercredi 12 août 1987

Le parquet de Blois lance un appel à témoin et le signalement de la fillette, illustré d'un portrait-robot, est diffusé dans toute la France.

Samedi 15 août 1987

400 brigades territoriales des six départements de la région Centre sont mobilisées, auxquelles s'ajoutent des militaires de l'Essonne et des Yvelines. Au total, 5.000 hommes sont chargés de recouper et de vérifier les informations qui leur parviennent. 10.000 vérifications ont été opérées par les gendarmes de la section de recherches d'Orléans.

Lundi 17 août 1987

A la suite de la publication du portrait-robot de la fillette dans la presse, plus de 200 appels, dont 91 sont "jugés sérieux" par les gendarmes, font l'objet de vérifications. A chaque fois, des personnes ont cru reconnaître une enfant de la famille ou du voisinage.



Le mercredi 9 septembre 1987

La petite martyre de l'A10 est inhumée dans le petit cimetière de Suèvres. Une trentaine d'habitants du village assistent à la cérémonie. Une courte homélie est prononcée par le curé de la paroisse. "Que le Seigneur éclaire les tortionnaires de cet enfant pour qu'ils reconnaissent leur crime", déclare alors l'abbé Jean Vannier.



Les gendarmes sont présents également, espérant croiser le regard éploré d'une mère de famille. En vain. Par la suite, la petite tombe blanche, dépourvue d'identité, mais sur laquelle est gravée l'épitaphe "Ici repose un ange", sera régulièrement fleurie par des anonymes. Quant aux gendarmes, ils surveilleront les abords du cimetière durant un mois. Mais personne ne viendra se recueillir sur la dépouille de la fillette.


Novembre 1987

Plus de 4.000 vérifications sont effectuées par les gendarmes dans la région de Marchenoir (Loir-et-Cher). Les experts du Centre d'analyses et de recherches micro-électriques, basé à Bordeaux, ont établi que les fragments de quartz, retrouvés dans les fibres de la robe de chambre de la petite victime viennent d'Oucques. Par ailleurs, des morceaux de plastique, également mêlés au vêtement, proviendraient de fragments de cônes de chantier situés dans une décharge de Marchenoir.Les investigations ont été menées tous azimuths.


Au total, 14.000 personnes sont entendues. L'enquête préliminaire menée par le parquet prend fin et une information judiciaire est ouverte auprès de Georges Domergue, juge d'instruction à Blois. Si les recherches ont été orientées jusqu'à présent, vers la région Centre, le magistrat instructeur n'exclut pas, en raison du type méditérranéen que présente la victime, que l'auteur du crime puisse se trouver à l'étranger.

Le mardi 22 mars 1988

Le corps d'une femme, criblé de huit balles de 22 long rifle et portant des ecchymoses sur le visage, est découvert dans une couverture sur une aire de repos de l'A71, à hauteur de Salbris. Des rapprochements sont effectués entre les deux affaires.

Des similitudes existent entre le visage de la fillette et celui de cette femme, dont l'âge est estimé entre 30 à 40 ans. De surcroît, les deux victimes présentent le même groupe sanguin. Toutefois, s'il est désormais établi que la petite fille est d'origine maghrébine, ce n'est pas le cas de la femme. La poursuite des investigations permettra, en juillet 1988, d'identifier cette seconde victime et d'écarter tout lien avec l'affaire de la petite martyre.


Juin 1988

27.000 portraits de l'enfant ont été diffusés et des centaines d'écoles ont été visitées. 6.000 médecins et assistantes sociales ont été interrogés. Dix mois après la macabre découverte, 10.000 vérifications ont été opérées. Sans résultat. Les gendarmes ont appris que, à la rentrée de septembre 1987, 2.000 enfants, nés en 1983 et 1984, et demeurant dans le Loiret et le Loir-et-Cher, ne sont pas entrés en maternelle. Des vérifications sont opérées, famille par famille.

Une autre piste évoque le chantier du TGV Atlantique. Toutes les familles des ouvriers qui ont séjourné dans le Loir-et-Cher à cette époque ont été visitées. Le commandant de la section de recherches de la gendarmerie d'Orléans, en charge de l'enquête, en est convaincu: "la tombe ne restera pas anonyme".

Août 1988

Des investigations sont menées dans des hôpitaux psychiatriques, auprès de femmes ayant connu un état dépressif profond. Des expertises ont confirmé que les brûlures, sur le corps de la fillette, ont été faites avec un fer à repasser et que les morsures correspondent à une petite mâchoire. Six à sept textures de cheveux différents ont été découvertes sur la couverture enroulant la fillette.

Début 1990

Un coup de fil à la section de recherches d'Orléans signale le cas d'une enfant disparue du domicile de ses parents à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), depuis plus de deux ans. Les recherches effectuées par Interpol douchent les espoirs des enquêteurs: la fillette a rejoint son grand-père en Tunisie.

Courant 2007

L'enquête est réactivée par la section de recherches d'Orléans, après que deux ADN, retrouvés sur la couverture enveloppant la fillette, ont été mis en évidence. Aucune correspondance ne figure dans le fichier national des empreintes génétiques, mais cette découverte permet de confirmer l'origine maghrébine de la petite fille.

24 septembre 2012

Un nouvel appel à témoin est lancé. "L'ADN peut parler dans dix ans, dans vingt ans!", pronostique un enquêteur.

11 août 2017

Trente après le début de l'enquête, un gendarme de la section de recherches d'Orléans reste mobilisé sur cette affaire, notamment pour interroger, régulièrement le fichier national des empreintes génétiques. Procureur de la République à Blois, Frédéric Chevallier déclare prémonoirement à La Rep': "Paradoxalement, le temps travaille pour nous. Tôt ou tard, on parviendra à déterminer la famille d'origine de cette enfant."

Fin d'année 2017

Un ADN proche de celui des parents fait son apparition dans le fichier. Il s'agit des empreintes génétiques d'un homme interpellé dans une banale affaire de droit commun. Cet homme n'est autre que le frère de la petite martyre.

Mardi 12 juin 2018

Les gendarmes peuvent alors remonter jusqu'aux parents, dont des analyses ADN réalisées pendant le temps de la garde à vue ont confirmé les soupçons qui pesaient sur eux. Ils ont été présentés ce jeudi matin à un juge d'instruction en vue de leur mise en examen pour meurtre sur mineure de 15 ans*, recel de cadavre et violences volontaires habituelles sur mineure de 15 ans*.


*en droit pénal, la terminologie «mineur de 15 ans» signifie que seuls les jeunes âgés de de 0 à 14 ans sont visés par ces infractions. «Mineur de 15
ans» s’entend donc au sens «ayant moins de 15 ans»


Source : La République du Centre le 14 juin 2018

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Re: Mystère de la «martyre de l’A10»

Messagepar marathon » 20 juin 2018, 10:49

La petite martyre de l'A10 a maintenant un nom : Inass Touloub

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La petite martyre de l'A10 a maintenant un nom : Inass Touloub Le visage éteint pour toujours qui a bouleversé la France est celui d'Inass Touloub.


Lors de la conférence de presse que donnait le procureur de la République de Blois, ce jeudi soir, l'identité de la petite martyre de l'A10 a enfin été révélée, plus de 30 ans après qu'on a retrouvé son corps sans vie au bord de l'autoroute, dans le Loir-et-Cher.



Trente ans après qu'on a retrouvé le corps sans vie de cette fillette, celui de la petite martyre de l'A10, en août 1987, à une quinzaine de kilomètres de Beaugency, le procureur de la République blésois a enfin pu révéler son identité, en ce jeudi 14 juin 2018. Le visage éteint pour toujours qui a bouleversé la France est donc celui d'Inass Touloub, née le 3 juillet 1983 à Casablanca, au Maroc. Elle était arrivée en France à l'âge de 18 mois, révèle Frédéric Chevallier.

"Le père indique avoir vécu un enfer"

Le père et la mère, âgés de 66 et de 64 ans, ont été mis en examen pour meurtre sur mineure de 15 ans, recel de cadavre et violences volontaires habituelles sur mineure de 15 ans. "Le père indique avoir vécu un enfer avec son épouse qui était violente avec lui et avec ses trois filles", indique le procureur. Il accuse sa femme, dont il est séparé depuis 2010, "d'avoir porté les coups mortels". Il reconnaît en revanche avoir abandonné le corps de la fillette le long de la route, en partant pour le Maroc, par "lâcheté".

Le procureur de la République de Blois, Frédéric Chevallier, révèle les secrets de l'affaire.

La mère indique de son côté avoir été victime des violences de son mari, mais ne s'exprime pas sur le décès de la petite Inass. La petite fille était la troisième d'une famille de sept enfants. On a aussi appris, ce jeudi soir, lors de la conférence de presse du procureur, qu'Inass était inscrite à l'école maternelle, sans jamais avoir été scolarisée. Elle était inscrite à la Caf, sur le livret de famille. Elle avait une existence légale."


Source : La Nouvelle République le 14 juin 2018

marathon
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Re: Mystère de la «martyre de l’A10»

Messagepar marathon » 20 juin 2018, 10:53

Les parents s’affrontent sur le sort tragique d’Inass


La tombe de la petite Inass à Suèvres. Les parents ont des versions contradictoires sur sa mort.


Le travail d’instruction débute pour démêler le vrai du faux dans les déclarations des parents de l’enfant martyre qui s’accusent mutuellement.

Pourquoi Inass a-t-elle connu une destinée aussi courte que tragique ? Depuis leur arrestation mardi dernier, le père et la mère se rejettent mutuellement la responsabilité de sa mort. Ahmed Touloub, aujourd’hui 66 ans, affirme avoir ressenti un soulagement en se confessant aux enquêteurs de la gendarmerie. C’est ce qu’a indiqué jeudi le procureur de Blois, Frédéric Chevallier au cours de sa conférence de presse.

Le sexagénaire affirme avoir vécu « un enfer » auprès de son épouse qu’il a fini par quitter en 2010. C’est elle, selon ses déclarations, qui aurait commis les violences sur la fillette jusqu’à provoquer sa mort. L’autopsie a notamment révélé des traces de morsures sur le corps d’Inass. Des morsures pratiquées par une bouche féminine.

L’avocat du père, Me Augustin d’Ollone (barreau de Paris), a indiqué, lors du débat public devant la juge des libertés et de la détention, que l’une des sœurs aînées aurait elle aussi mordu la petite Inass sous la contrainte de sa mère. Le père a admis avoir été « lâche » en prenant la décision de fuir vers le Maroc et d’abandonner le corps de l’enfant sur les bords de l’autoroute A 10, à hauteur de Suèvres, le 11 août 1987.

La famille Touloub qui habitait alors Puteaux (Hauts-de-Seine) a par la suite déménagé à Villers-Cotterêts (Aisne) pour y ouvrir une boucherie-épicerie. C’est à partir de ce déménagement intervenu juste après l’été 1987 que la malheureuse Inass a disparu des écrans alors qu’elle avait pourtant une « existence légale et juridique » pour reprendre les termes du procureur, et ce malgré les avis de recherche diffusés dans toute la France dans les jours qui ont suivi la découverte macabre.

Également mise en examen pour meurtre, recel de cadavre et violences volontaires sur mineur de moins de 15 ans, la mère, Halima El Bakhti, 64 ans, a été incarcérée à Orléans. Avant son interpellation, elle résidait toujours à Villers-Cotterêts tandis que son ex-mari était retourné vivre à Puteaux, voici huit ans.

Assistée de Me Grégoire Mallein, elle a une attitude différente lors de sa garde à vue puis devant le juge d’instruction Denis Dabansens. Ses versions ont varié à plusieurs reprises. Elle a d’abord déclaré que sa fille était toujours vivante et se trouverait au Maroc. Avant de se raviser et d’admettre des violences sans toutefois reconnaître être à l’origine de sa mort.

Des antécédents psychiatriques ?

La mère accuse son ex-mari de s’être montré violent avec elle pour lui faire payer le fait de n’avoir donné le jour qu’à des filles. Le couple aura par la suite quatre garçons, tous nés après Inass qui était la troisième enfant de la famille. A-t-elle reporté sa propre souffrance et sa colère sur la troisième de ses filles ? C’est ce que l’instruction en cours va s’attacher à vérifier. Tout comme l’éventualité d’antécédents psychiatriques.

Autre question : comment les autres membres de la famille, en premier lieu les autres enfants mais aussi les grands-parents, les cousins ont-ils pu garder le silence ou à tout le moins ne pas s’inquiéter de la disparition d’Inass pendant si longtemps ?


Source : La Nouvelle République le 16 juin 2018


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