Disparus de Mirepoix

Modérateur : marathon

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 13 juin 2018, 18:16

Disparus de l'Ariège : les corps de Christophe Orsaz et de sa fille retrouvés


Les corps de Christophe Orsaz et de sa fille Celia , disparus en novembre dernier sur la route entre Mirepoix et Pamiers, ont été retrouvés dans l'Aude. L'un des suspects serait passé aux aveux. Le scénario du double meurtre serait particulièrement diabolique.

Christophe Orsaz et sa fille Célia, n'avaient plus donné signe de vie depuis le 30 novembre dernier. Volatilisés, alors que ce jardinier de 46 ans accompagnait sa fille de 18 ans à la gare de Pamiers. Leur voiture est retrouvée carbonisée le soir même dans l'Aude. Le parquet avait lancé, le 5 décembre, un appel national à témoins. Mais depuis les recherches menées par les gendarmes n'avaient rien donné.

Arrestations ce lundi

Les choses se sont accélérées en début de semaine. Quatre personnes sont placées en garde à vue lundi dont une femme de 57 ans et un homme de 48 ans. L'enquête s'est resserrée sur cette quinquagénaire, infirmière, qui aurait eu une liaison avec Christophe Orsaz. L'hypothèse d'un chantage ou d'une vengeance sur fond de rupture sentimentale semble privilégiée par les gendarmes de la section de recherche de Toulouse.

Les corps découverts ce mardi matin

Le corps de Christophe Orsaz a été retrouvé dans une fosse sceptique dans une maison abandonnée dans un hameau à la frontière entre l'Aude et l'Ariège, dans la forêt de Picaussel. Le corps de Celia a été découvert à proximité de cette maison.


Selon la Dépêche du Midi, c'est un des gardés à vue qui serait passé aux aveux expliquant que le 30 novembre, Christophe Orsaz a été attiré dans un guet-apens. Il aurait répondu à un rendez-vous où plusieurs personnes l'auraient battu à mort à coups de barre de fer . Sa fille aurait été tuée par arme à feu.

Victimes d'une expédition punitive

L'enquête a été relancée Lundi, avec l'interpellation de quatre suspects, trois hommes et une femme, dont une infirmière de 57 ans et son ex-compagnon qui aurait reconnu le meurtre . Tous les deux étaient maintenus en garde à vue ce Mardi. Selon les premiers éléments de l'enquête, Christophe Orsaz aurait eu une relation par le passé avec l’infirmière qui fréquentait des sites de rencontre. C'est elle qui aurait manipulé plusieurs personnes pour les envoyer sur cette expédition punitive . Ce 30 Novembre 2017 , elle a coûte la vie à son ancien amant et sa fille de 18 ans.





Source : France Bleu Besançon, France Bleu Occitanie

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 13 juin 2018, 18:20

Disparus de l'Ariège : les suspects avaient prémédité l'assassinat du père, pas celui de la fille

Les deux personnes interpellées lundi ont été déférées ce mercredi à Toulouse devant un juge pour le meurtre de Christophe Orsaz et de sa fille Célia. Le procureur de la République de Toulouse est revenu sur le guet-apens tendu aux victimes. Le crime a été prémédité selon les enquêteurs

Le procureur de la République de Toulouse, Pierre-Yves Couilleau a donné de nombreuses précisions sur le guet-apens tendu à Christophe Orsaz et sa fille en novembre 2017. Un récit basé sur les aveux des deux suspects qui laissent peu de place au doute : ce double meurtre a été en partie prémédité.


Le déroulé des faits

Nous sommes le 30 novembre 2017, Christophe Orsaz arrive à ce qu'il pense être un rendez-vous professionnel à Bélesta, en Ariège. Il est accompagné de sa fille qu'il doit ensuite déposer à la gare de Pamiers. Mais arrivé sur place, Christophe Orsaz découvre son ex-compagne, une infirmière, et un autre homme, un garagiste, armés de barres de fer. Il est mortellement battu sous les yeux de sa fille Célia. Elle assiste à la scène impuissante. Après avoir tué son père, les suspects ligotent et bâillonnent la jeune femme de 18 ans.

Ils embarquent alors à bord de leur propre voiture et de celle de Christophe Orsaz et se rendent à la forêt de Picaussel, à la frontière entre l'Ariège et l'Aude. C'est là que Célia est abattue d'une balle de fusil en pleine tête à bout portant. Les suspects se débarrassent alors des deux corps : le cadavre de Célia est enterré dans la forêt, celui de Christophe Orsaz dissimulé dans la fosse sceptique d'une maison abandonnée.


Un guet-apens bien préparé

Le procureur de la République de Toulouse a précisé que les suspects ont présenté deux versions : dans la première, ils assurent qu'ils envisageaient seulement "de donner une correction" à Christophe Orsaz, affirmant alors n'avoir "aucune intention homicide". En revanche, dans une seconde version, ils ont expliqué avoir imaginé "un projet criminel dès octobre 2017" en effectuant un repérage des lieux, notamment en mesurant le taille de la fosse septique, dans laquelle corps de Christophe Orsaz a été retrouvé, pour s'assurer que le cadavre puisse y entrer. Les deux suspects avaient également minutieusement préparé le matériel nécessaire à leur crime, notamment en achetant des bracelets "serflex" pour ligoter leur victime.


Ils ont été déféré ce mercredi en vue d'être mis en examen. En ce qui concerne le meurtre de Christophe Orsaz, le chef d'accusation "d'assassinat" qui induit une préméditation est retenu. En revanche, pour le meurtre de Célia, la préméditation est exclue. Selon le procureur de Toulouse, les deux suspects n'avaient pas prévu qu'elle soit là.

Sur le mobile de ce double meurtre, aucune précision n'a été donnée par le procureur : "A l'heure actuelle, de nombreuses questions doivent trouver une réponse, le mobile reste à cerner"





Source : France Bleu Occitanie le 13 juin 2018

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 14 juin 2018, 18:48

Les corps des disparus de l'Ariège retrouvés : comment ont été identifiés les meurtriers présumés



Comment, sept mois après la mystérieuse disparition de Christophe Orsaz et sa fille Célia, les gendarmes de la section recherche de Toulouse, sont parvenus à remonter la piste qui a conduit à l'interpellation de trois meurtriers présumés et de Marie-José Montesinos, l'infirmière soupçonnée d'avoir commandité le guet-apens fatal.



Lors des mois qui ont précédé son assassinat, Christophe Orsaz semblait préoccupé. Il se serait même ouvert volontiers de sa relation tumultueuse et de rupture orageuse avec Marie-José, son ex-maîtresse. Au cours de leur enquête, les gendarmes ont procédé à de multiples auditions, notamment dans son entourage professionnel. Paysagiste de métier, il effectuait régulièrement des travaux chez des particuliers. Une octogénaire domiciliée à Lavelanet s'est rappelée de lui et d'une certaine Marie-José qui occupait son esprit.

La fouille méticuleuse de l'ordinateur de Christophe Orsaz a confirmé certains éléments glanés par les forces de l'ordre en auditions et permis de retrouver traces de ses fréquentations. Des échanges de courriels entre la victime et son ex-maîtresse ont convaincu les enquêteurs toulousains de placer Marie-José Montésinos sur écoute.



Cette surveillance a permis aux gendarmes de surprendre des conversations visiblement sans équivoque entre l'infirmière et ses trois complices présumés. Dès lors, son rôle de manipulatrice et d'instigatrice d'une éventuelle expédition punitive aurait commencé à se dessiner. Elle aurait même rédigé de fausses lettres de menaces de la part de Christophe Orsaz à son encontre avant de les présenter à son ex-compagnon, Jean-Paul le mécanicien. L'idée étant de le "monter" contre la victime au prétexte que Marie-Josée serait en danger. Par ailleurs, des comportementalistes de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) venus de Paris travailleraient sur l'affaire. Des soupçons, à ce stade de l'enquête, qui devraient être confirmés ou au contraire balayés par les éléments obtenus dans le cadre de sa garde à vue.

Un suspect craque et conduit les enquêteurs à l'endroit où les corps ont été cachés

Les corps de Christophe Orsaz et de sa fille Célia, disparus en Ariège , le 30 novembre 2017, ont été retrouvés ce mardi matin à Bélesta dans ce même département. Une des quatre personnes en garde à vue, un homme, a avoué les deux meurtres. Sur ses indications, les gendarmes de la section de recherches de Toulouse ont été conduits sur les lieux. Le corps du père se trouvait dans la fosse septique d'une maison abandonnée dans un hameau du maquis de Picaussel aux confins de l'Aude et de l'Ariège. Celui de sa fille a été retrouvé à proximité de cette maison.

Dans un post sur Facebook, le grand-père de Célia, Roger Decker, qui vit dans l'est de la France, avait annoncé la nouvelle vers 10h30 : "On vient d’apprendre par la gendarmerie l’assassinat de ma petite fille et de son père. Ils ont avoué, ils sont à la recherche maintenant des corps".



Les gardes à vue des suspects avaient été prolongées jusqu'à mercredi matin. Les quatre suspects sont trois hommes et une femme : une infirmière de 57 ans, son ex-compagnon qui aurait reconnu le meurtre (un mécanicien de 47 ans), l'ex-mari de l'infirmière et un ami du mécanicien.

Dans la matinée, un véhicule d’identification criminelle et plusieurs autres véhicules de la gendarmerie ont accédé à ce hameau de Bélesta nommé Rieufourcand. Ils ont été rejoints dans l’après-midi par un tractopelle pour poursuivre les recherches.



L'homme aurait été attendu par plusieurs personnes munies de barre de fer

Selon les informations recueillies par La Dépêche du Midi, Christophe Orsaz, jardinier paysagiste de 46 ans qui habitait Mirepoix en Ariège, s'était présenté le 30 novembre 2017 à un rendez-vous professionnel avec un potentiel client. Accompagné de sa fille de 18 ans, qu'il devait emmener ensuite à la gare de Pamiers, l'homme était attendu par plusieurs personnes munies de barre de fer. Christophe Orsaz a alors été battu à mort par un de ces hommes prénommé Jean-Paul, et son corps a été jeté dans une fosse septique abandonnée. Sa fille, Célia, a, elle, été extraite de la voiture et abattue d'un coup de fusil de chasse.

Les mobiles du meurtre sont encore flous. Christophe Orsaz avait eu, de source proche de l'enquête, une relation tumultueuse dans le passé avec l'infirmière, originaire de Lavelanet en Ariège,Marie-José Montesinos qui fréquentait régulièrement des sites de rencontres coquins. Cette dernière, qui n'aurait pas supporté leur séparation, aurait tenté de détruire la vie professionnelle du jardinier paysagiste et manipulé un petit groupe d'hommes pour mener une expédition punitive contre lui. Un scénario que devrait confirmer ou infirmer les investigations conduites par les gendarmes. Une dette de 10000 € pourrait également être à l'origine du conflit.

A ce stade de l'enquête, tous les suspects bénéficient de la présomption d'innocence.



Source : La Dépêche le 12 juin 2018

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 14 juin 2018, 18:49

Les corps dissimulés dans un hameau fantôme, à l'abri des regards



Un hameau de quelques maisons, toutes en ruine ou presque, perdu en pleine nature, dans la forêt de Bélesta, entre la petite commune montagnarde ariégeoise et le col de la Croix-des-Morts, que l'on atteint en prenant la direction d'Espezel, dans l'Aude. Rieufourcant, un hameau perdu, isolé, abandonné : «On y trouve uniquement une poignée de résidences secondaires, qui étaient occupées à une certaine époque, confie le maire de Bélesta, Marcel Girma. Et encore, seulement quelques jours par an. Aujourd'hui, une seule de ces maisons reste partiellement habitable. Les autres sont en ruine». Un hameau fantôme, donc, à l'abri des regards, perché sur les hauteurs de Bélesta, à deux kilomètres en s'enfonçant dans une forêt préservée et escarpée. Il faut connaître les lieux, accessible uniquement par une toute petite route et deux sentiers, dont l'itinéraire qui part de la fontaine de Fontestorbes, bien connu des promeneurs.



«Je ne m'explique pas comment ce lieu a été choisi, reprend Marcel Girma. Je connais bien l'un des mis en cause, sa famille : ils n'ont pas d'attaches dans ce hameau».

C'est pourtant là que le corps de Christophe Orsaz a été découvert, dans la fosse septique d'une des maisons abandonnées. Le corps de sa fille Célia a été retrouvé, pour sa part, dans la forêt, à proximité, recouvert par des branchages.


Peu connu, ce hameau se situe cependant à quelques minutes à peine de Bélesta où réside l'un des mis en cause dans ce dossier, soupçonné d'avoir porté des coups mortels à Christophe Orsaz. L'homme serait originaire de Bélesta, où demeure sa famille, et où l'annonce de son interpellation, et sa mise en garde à vue ont causé la stupeur.

C'est à une quinzaine de kilomètres de là, près du massif forestier de Picaussel que la voiture de Christophe Orsaz, une Renault Kangoo, avait été retrouvée calcinée fin novembre, le lendemain de la disparition du père de famille et de sa fille Célia.

Ce mardi, les recherches menées dans le hameau ont mobilisé de très nombreux enquêteurs de la gendarmerie.

Pendant qu'ils fouillaient méticuleusement le hameau de Rieufourcant, tous les accès étaient étroitement surveillés par les gendarmes : la petite route qui débouche sur la route de Bélesta, comme l'accès par le hameau voisin étaient fermés à la circulation. Un ballet incessant de véhicules de gendarmerie, et quelques voitures banalisées, a emprunté la route d'accès vers le hameau. En tout début d'après-midi, un long semi-remorque a déposé une mini-pelle, qui a été conduite ensuite vers les hauteurs, pour appuyer les recherches.


Source : La Dépêche le 13 juin 2018

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 14 juin 2018, 18:51

Marie-José Montesinos : l'infirmière a surpris tout le monde


Sur sa page Facebook, active jusqu'au 5 mai dernier, Marie-José Montesinos apparaît comme une femme sportive, toujours souriante sur les photos prises essentiellement lors de randonnées en montagne. Nul n'imagine que cette femme de 57 ans a pu tenir le rôle qui lui imputent les enquêteurs. Celui d'une femme qui aurait organisé le guet-apens ayant entraîné la mort de Christophe Orsaz et de sa fille Célia.


À Pamiers, où Marie-José Montesinos a ouvert, en 2016, son cabinet d'infirmière libérale après avoir exercé dans différents services de la clinique Verdaich, à Gaillac-Toulza (31), une voisine avoue son étonnement. «Je ne m'attendais pas à ça. Je les fréquentais, elle et son ex-mari, et on s'entendait très bien. Mais en fin d'année, du jour au lendemain, elle a quitté l'immeuble. Je n'ai pas compris», raconte cette dame dont «les premières pensées vont à la jeune fille».

À Gaillac-Toulza, les anciens collègues de Marie-José Montesinos, eux aussi, s'étonnent de sa possible implication dans le drame. «Elle n'a jamais posé de problème», confirme la directrice de l'établissement.

Un des derniers employeurs de Christophe Orsaz, à Lavelanet, «horrifiée» par ce qui s'est passé, n'a rencontré Marie-José Montesinos qu'une seule fois : le jour où le disparu a passé son entretien d'embauche. «Elle était avec lui mais n'a rien dit. En revanche, elle ne m'a pas quitté des yeux. À l'époque, je trouvais qu'elle avait un regard attentif», détaille cette octogénaire qui, ensuite, n'a «plus jamais» revu l'infirmière. «Mais Christophe m'en parlait fréquemment, sans entrer dans les détails, parce qu'il disait qu'elle lui pourrissait la vie depuis leur séparation», ajoute cette dame qui, aujourd'hui, «s'en veut beaucoup d'être tombée dans le piège». «J'ai licencié Christophe quand mon fils m'a rapporté que la dame lui a raconté certaines choses. Mais on a beaucoup sali ce garçon qui ne le méritait pas», conclut-elle.



Source : La Dépêche le 13 juin 2018

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 14 juin 2018, 18:54

Meurtres de Christophe et Célia Orsaz en Ariège : la théorie des «amants diaboliques


Trois jours après l’interpellation de quatre personnes – trois hommes et une femme – dans le cadre de l’affaire des « Disparus de Mirepoix », le scénario qui a conduit à la mort de Christophe et Célia Orsaz, fin novembre 2017, se précise.

Grâce aux informations recueillies par La Dépêche du Midi et aux détails livrés ce mercredi par Pierre-Yves Couilleau, procureur de la République de Toulouse, les circonstances dans lesquelles Christophe et Célia Orsaz ont été tués commencent à se dessiner. Ce mardi, nous révélions qu’au cours des interrogatoires conduits par les gendarmes de la SR de Toulouse, l’un des quatre suspects était passé aux aveux sur le meurtre du jardinier ariégeois et de sa fille, et conduit les enquêteurs aux endroits distincts où six mois plus tard, reposaient encore les corps des victimes.

Au moment des faits, Marie-José Montesinos et Jean-Paul Vidal sont amants, alors que quelques mois plus tôt, la relation orageuse entre l’infirmière et Christophe Orsaz, 46 ans à l'époque, s’est interrompue. Marie-José Montesinos que l’on présente comme une « femme dominatrice », n’aurait pas supporté cette rupture, comme le suggéreraient les échanges de courriels retrouvés par les enquêteurs dans l’ordinateur de la victime.

L’infirmière qui fréquente des sites libertins et de rencontres, fait la connaissance de Jean-Paul Vidal, 47 ans, mécanicien à Bélesta. L’homme est fasciné par cette femme de dix ans son aînée qui aurait pu jouer de son physique et de sa force de persuasion pour manipuler son nouveau compagnon.



Marie-José avait l’habitude de se montrer très généreuse

Elle lui aurait parlé de son aventure avec Christophe Orsaz, le présentant comme un homme violent et dangereux qui pourrait attenter à ses jours. Elle aurait évoqué aussi une dette d’argent, 10 000€ que lui devrait le jardinier. Rien ne semble confirmer ce qui paraît s'apparenter à des mensonges et des arrangements avec la vérité...

Avec la plupart de ses conquêtes, Marie-José avait l’habitude de se montrer très généreuse : invitations au restaurant, cadeaux, dépannages financiers parfois. Des dépenses qui pouvaient constituer un investissement sur l’avenir : passés le coup de foudre, la passion des débuts, et que survenaient les premières disputes avec ses amants, l’infirmière rappelait ses largesses et reprenait parfois l’ascendant sur les hommes qui se sentaient redevables.

Sur Jean-Paul Vidal, son emprise est, semble-t-il, totale. Selon nos informations, Marie-José Montesinos aurait rédigé de fausses lettres de menaces attribuées à Christophe Orsaz qu’elle aurait montrées au mécanicien pour le convaincre de la protéger et d’agir. Et c’est ainsi que le couple de l’époque aurait échafaudé le guet-apens dans lequel seraient tombés Christophe Orsaz et sa fille le 30 novembre 2017.

Ce jour-là, le jardinier qui a été contacté quelque temps plus tôt par les suspects qui s'étaient faits passer pour des clients, pense se rendre à un rendez-vous professionnel à Bélesta, au hameau de Picaussel. Sa fille qu’il doit conduire à Pamiers, où elle doit prendre le train pour Toulouse, l’accompagne.

Voulaient-ils le tuer ou "lui donner une leçon" ?

Sur place, Célia reste dans la voiture en regardant son père s’éloigner vers les ruines du hameau où l’attendent Jean-Paul et Marie-José. Ont-ils prévu de le tuer, où veulent-ils seulement « lui donner une leçon » ?

Sur cette question, les aveux obtenus auprès des deux principaux suspects par les enquêteurs divergent. Jean-Paul Vidal qui aurait craqué le premier aurait indiqué aux gendarmes avoir agi « pour sauver Marie-José ». Tapis dans l’une des maisons de Picaussel, les deux agresseurs présumés sont en tout cas venus armés, fusil de chasse et barres de fer. Dès le mois d’octobre 2017, ils pourraient être venus en repérage ici, et avoir mesuré la trappe de la fosse septique dans laquelle ils avaient peut-être déjà envisagé de dissimuler le corps de leur victime.

Quand apparaît Christophe Orsaz, le malheureux est accueilli par une volée de coups qui auraient été portés par les deux amants. Le jardinier serait toutefois parvenu à fuir, poursuivi par Jean-Paul Vidal et Marie-José Montesinos.

Ouverture de la fosse septique dans laquelle le corps de Christophe Orsaz avait été caché./ Photo DDM, Angel Cavicchiolo



Achevé sous les yeux de sa fille

Le couple aurait alors achevé l’homme, probablement sous les yeux de sa fille qui, hurlant, se serait enfermée dans la voiture. Découvrant la présence de ce témoin gênant, le mécanicien serait parvenu à entrer dans le véhicule, aurait ficelé et bandé les yeux de la jeune fille et l’aurait transportée jusqu’à Espezel, dans l'Aude, suivi par Marie-José Montesinos.

Arrivé à Espezel où la voiture de Christophe Orsaz a été retrouvée incendiée, le mécanicien aurait abattu Célia, 18 ans à l'époque, d’un coup de fusil dans la tête. Les deux principaux suspects qui bénéficient toujours, à ce stade des investigations, de la présomption d’innocence, devaient être présentés ce mercredi après-midi devant les juges, en vue d’une probable incarcération dans les prisons de Seysses ou Foix.

Les chefs d'inculpation retenus sont "assassinat et meurtre commis en concomitance avec un autre crime". La préméditation n'est donc pas retenue pour la mort de la jeune Célia. On ignore le rôle joué par les deux autres personnes interpellées dimanche soir, en même temps que Jean-Paul Vidal et Marie-José Montesinos.


Source : La Dépêche le 13 juin 2018

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 14 juin 2018, 19:00

Disparus de l'Ariège : une information judiciaire ouverte pour assassinat et meurtre


Le procureur de la République de Toulouse, Pierre-Yves Couilleau, a tenu ce mercredi matin une conférence de presse sur l’affaire des disparus de l’Ariège. La section de recherche de la gendarmerie de Toulouse avait découvert, mardi, les corps de Christophe Orsaz et de sa fille Célia près d’une maison abandonnée dans un hameau de Bélesta, en Ariège.



Christophe Orsaz est mort après avoir été roué de coups "avec des barres de fer". Sa fille Célia a été bâillonnée et abattue "à l’aide d’un fusil de chasse". Une femme de 56 ans, Marie-José Montesinos, et son compagnon ont été déférés ce mercredi à Toulouse devant un juge d’instruction.



Début de la conférence de presse de Pierre-Yves Couilleau, procureur de la République de Toulouse

"Je vous confirme que les corps de Christophe Orsaz et de fille Célia ont été retrouvés hier sur la commune de Belesta et dans le département de l'Aude dans la forêt de Picaussel. Le corps de Christophe Orsaz a été retrouvé dans une fosse d'aisance et celui de sa fille Célia était enterré dans les bois".


"Leurs téléphones portables ont cessé d'être actifs le 30 novembre 2017 à 17h32 aux alentours de Bélesta en Ariège. L'étude des communications téléphoniques émises et reçues par les téléphones des victimes a pu permettre d'isoler quelques appels suspects dont les lieux d'émission allaient contribuer à l'élucidation de cette affaire (...) L'une des personnes déférées ce jour a été sa compagne. L'autre personne également déférée avait entretenu avec cette dernière une liaison ".


"Une correction" pour Christophe Orsaz
Les suspects ont "tendu un guet-apens à Christophe Orsaz sous couvert de fausses identités et sous le faux prétexte de lui confier leurs travaux.

Dans une première version, ils indiquent qu'un rendez-vous avait été fixé et ils imaginaient, pour des raisons qui restent à cette heure confuses, envisager, selon leurs propres mots, de lui administrer une correction, déclarant dans cette première version n'être animés d'aucun intention homicide. L'homme déféré ce jour et la femme qui l'accompagnait se sont munis de barres de fer et ont, l'un comme l'autre, frappé la victime".

Dans une deuxième version, il apparaissait que le projet criminel aurait été imaginé dès le mois d'octobre 2017. Pour le réaliser, des lieux isolés avaient été repérés, l'idée de dissimuler le corps dans la fosse d'aisance retenue dès cette époque. Le diamètre de celle-ci avait d'ailleurs été mesuré pour s'assurer de sa compatibilité avec le passage d'un corps".


Une balle dans la tête pour Célia

"Au moment même où ils s'en prenaient à Christophe Orsaz, ils percevaient les cris de Célia dont ils découvraient à cet instant la présence", raconte le Procureur. La jeune fille s'enferme alors dans la voiture de son père. "Elle hurlait". Le Procureur poursuit le récit :

"Toujours selon ce qu'ils nous disent, l'homme est parvenu à rentrer dans le véhicule après avoir positionné Célia, ligotée, les yeux bandés et disposée à l'arrière de celui-ci". L'homme prend alors le volant de la voiture de Christophe Orsaz en direction de Picaussel, "suivi par sa propre voiture conduite par celle qui était sa maîtresse auparavant".

Le suspect prend alors un fusil, caché dans son coffre, "entraîne la jeune fille dans le bois avant de lui tirer dessus à bout portant à hauteur de la tête"


"De nombreuses questions doivent encore trouver une réponse", indique le procureur Pierre-Yves Couilleau. "Le mobile reste à cerner". Des réquisitions de mandats de dépôts ont été demandées contre les deux personnes déférées qui doivent être présentées devant les juges dans la journée. Les chefs d'inculpation retenus sont "assassinats et meurtre commis en concomitance avec un autre crime". La préméditation n'est donc pas retenue pour la mort de la jeune Célia.


Source : La Dépêche le 13 juin 2018

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 14 juin 2018, 19:01

Double meurtre en Ariège: "Je ne reconnais pas le Jean-Paul que j'ai connu




« Le Jean-Paul que j'ai connu est à l’opposé du personnage qui aurait commis les actes monstrueux dont il est soupçonné ! C’est quelqu’un de très posé, gentil et à l’écoute : tous les gens qui le connaissent sont choqués, incrédules. » C’est un témoignage rare et inattendu que livre ce jeudi, un ancien collègue à propos de Jean-Paul Vidal, l'un des deux meurtriers présumé des "Disparus de Mirepoix".



Mis en cause dans le double meurtre de Christophe Orsaz et sa fille Célia, disparus le 30 novembre dernier à Bélesta et dont les corps sans vie ont été retrouvés mardi, Jean-Paul Vidal a laissé un souvenir impérissable à cet homme qui souhaite conserver l'anonymat. « On se côtoyait dans le cadre du travail mais il aurait pu être un ami. On était séparés tous les deux, pères de famille : on discutait à chaque fois beaucoup ensemble et je vous assure que personne n’aurait pu imaginer ça. C’est une personne réfléchie, souriante, qui s’intéresse aux autres. Et même dans le cadre de son travail — alors que les gens sont souvent sous tensions en raison de problèmes sur leur voiture —, je ne l’ai jamais vu énervé. Alors comment peut-on arriver à un tel niveau de violences?... »

"Marie-José se mettait toujours en avant"

L'ancien collègue du suspect peine à trouver les mots... Après quelques secondes de silence, il reprend. « Il faisait partie de ces gens qu’on dit adorables… », déclare-t-il, malgré les atrocités dont il se serait accusé devant les enquêteurs pendant sa garde à vue.
Carrossier de métier, cet homme de 48 ans a travaillé pendant des années au garage concessionnaire Citroën à Foix avant de rejoindre la société des ambulances Ollivier et fils, à Lavelanet, où il s’occupait du parc automobile. Amateur de cascades automobiles, il participait parfois au show organisé à Pamiers en juin. Père de trois enfants, il était séparé de son épouse au moment des faits. « Comme tous ces hommes de 40, 50 ans dans ce cas, il avait du mal à retrouver une certaine stabilité dans ses relations sentimentales », note l’Ariégeois.


Sa liaison avec Marie-José Montesinos, infirmière de 56 ans, était relativement tumultueuse mais il apparaît qu’ils auraient bel et bien été en couple au moment des faits. Et comme beaucoup de personnes en Ariège qui gravitent autour du milieu de la montagne, l’ancien collègue de Jean-Paul Vidal se souvient bien de Marie-José Montesinos. D’ailleurs, il avait son contact dans son répertoire d’amis Facebook. « Ce n’est que mon interprétation mais elle ne semblait pas vraiment intéressée par la montagne, plutôt par elle-même. Ses posts, qui étaient très nombreux, étaient au service de son image, comme si elle utilisait la beauté des sommets pour se mettre en scène. Jean-Paul était doux et n’avait rien à voir avec un meneur. Je pense qu’elle avait une emprise sur lui… »

Il s'était remis en couple avec son épouse

Avant la fermeture du compte Facebook de la quinquagénaire, ce témoin a observé un changement. « Elle publiait minimum un à deux posts par semaine. Et depuis début novembre, il n’y a plus rien. Rien du tout. » Autre détail intéressant : Jean-Paul Vidal s’était remis en couple avec sa femme depuis le mois de février dernier. Son casier judiciaire est par ailleurs vierge.

A ce stade de l'enquête, les deux suspects bénéficient de la présomption d’innocence. En attendant la poursuite des investigations en vue d’un procès, Marie-José Montesinos a été écrouée au quartier pour femmes de la maison d’arrêt de Seysses et son ex-amant, à celle de Foix. Pour un double crime dont Jean-Paul Vidal ne connaissait même pas les victimes.
***




Source : La Dépêche le 14 juin 2018

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 29 juin 2018, 10:48

Affaire des disparus de Mirepoix : une enquête tentaculaire

C'est une affaire hors-norme qui a été résolue en quelques mois par la gendarmerie nationale. Les familles des «Disparus de Mirepoix» vont pouvoir commencer leur travail de deuil.

«On ne pouvait pas faire plus : on a engagé tous les moyens dont on dispose», explique le colonel Philippe Coué, patron de la section de recherches (SR) de Toulouse, en charge de l'enquête des «Disparus de Mirepoix». Pendant des mois, des dizaines de gendarmes ont œuvré dans l'ombre pour comprendre l'inexplicable : comment Christophe et Célia Orsaz ont-ils pu se volatiliser ainsi le 30 novembre 2017, en Ariège ? C'est le petit ami de Célia, qui l'attendait ce jour-là à la gare de Toulouse, où elle devait arriver par le train depuis Pamiers, qui a donné l'alerte. La SR de Toulouse, compétente dans les huit départements de l'ex- Midi-Pyrénées, juge d'emblée cette disparition inquiétante et sera saisie le 3 décembre.

Le groupement de l'Ariège engage de son côté d'importants moyens de recherches sur le plateau de Picaussel et parvient à localiser, dans la partie audoise du bois, le Renault Kangoo des victimes incendié dès le 1er décembre. Il avait été vu pour la dernière fois vers 16 h 30 la veille, à Lavelanet, en provenance de Mirepoix où Christophe Orsaz vivait à cette époque. La première semaine, une cinquantaine de militaires ont été dépêchés sur place. Pas d'armes, ni de scène de crime ou de corps : les gendarmes se concentrent sur la piste criminelle. Le 8 décembre, le parquet de Foix ouvre une information judiciaire.

Dès lors, une cellule nationale d'enquête criminelle est dédiée au dossier. Huit personnels, issus de la SR de Toulouse, de la brigade de recherches (BR) et de la brigade territoriale (BT) du groupement de l'Ariège, s'installent à temps plein dans les locaux de l'escadron de Pamiers où ils ont pu compter sur l'expertise d'un collègue spécialiste d'AnaCrim, un logiciel de police judiciaire.



Pendant ce temps, la météo s'en mêle. Il a beaucoup neigé, le terrain est escarpé, truffé de gouffres et de lacs. Mais les militaires ne désarment pas, bien au contraire. La BR de Pamiers et les personnels de la SR de Toulouse ont reçu le renfort de leurs homologues de l'Aude, un appui aérien de la gendarmerie des transports aériens (GTA) et d'équipes cynophiles. «C'est une opération hors norme au regard de la durée des recherches», note le colonel Coué. Cinq mois de fouilles au sol exactement et des kilomètres de vidéosurveillance visionnés. Dans la forêt de Picaussel, les pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l'Ariège, de la Haute-Garonne et de l'Aude quadrillent les lieux. Les légionnaires de Castelnaudary prennent part au ratissage pendant que la section de fouilles opérationnelles spéciales (FOS) de Montauban les rejoints. Les équipes cynophiles déploient alors des chiens spécialisés en restes humains et d'autres en recherche de personnes vivantes. S'il est maigre, l'espoir est encore présent.

Deux alibis «bétons»

Les spéléologues du PGHM d'Oloron-Sainte-Marie explorent les 50 gouffres de la forêt de Picaussel tandis qu'un drone et un hélicoptère de la GTA survolent les lieux pour affiner les cartes IGN. Même les lacs ont été sondés par la brigade nautique de Saint-Cyprien avec l'appui du sonar de la brigade fluviale de Strasbourg. Bien sûr, en parallèle, le véhicule a été passé au peigne fin. «Il y a eu un gros, gros travail dessus qui s'est avéré négatif», souligne le colonel Coué.Mais les pistes se réduisent notamment grâce aux 400 auditions réalisées.

Dont celles de Marie-José Montesinos et Jean-Paul Vidal qui ont fourni des alibis «bétons», comme on dit dans le jargon. Ils citent alors le nom de deux personnes : un ami du carrossier et l'ex-mari de l'infirmière qui ont été placés en garde à vue en même temps que le couple avant d'être libérés. Face aux premières déclarations des deux assassins présumés, les militaires de la SR ne sont guère convaincus. Le Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, basé à Pontoise, missionne ses experts téléphoniques de l'Institut criminel. Et ça «matche».



Reste à procéder aux interpellations et placer les deux amants face à leurs contradictions. Le service central de renseignement criminel du Pôle judiciaire envoie des comportementalistes pour cerner ces personnalités atypiques. Malgré une détermination qui, un temps, paraissait sans faille, les «amants diaboliques» ont craqué. D'abord lui, puis elle.


Chronologie de l'affaire



octobre 2016 : Christophe Orsaz, qui s'apprête à débuter son nouveau travail en tant que jardinier-paysagiste au domicile d'une octogénaire de Lavelanet, se sépare de Marie-José Montesinos. Cette dernière supporte mal cette rupture. Christophe se dit «harcelé». Les deux anciens amants portent plainte respectivement l'un contre l'autre.

avril 2017 : Pour nuire à son ex-compagnon, Marie-José Montesinos se rend sur le lieu de travail du fils de l'employeuse de Christophe Orsaz. Devant l'homme qu'elle ne connaît pas, elle décrit Christophe comme un dangereux pervers, vidéo et documents – qu'on sait aujourd'hui falsifiés – à l'appui. Le lendemain, il perd son travail.

30 novembre 2017 : Avec la complicité présumée de Jean-Paul Vidal, un guet-apens est fomenté à l'encontre de Christophe Orsaz, sous le prétexte fallacieux d'une rencontre professionnelle dans un hameau proche de Bélesta. Christophe et Célia Orsaz sont assassinés et la voiture du père incendiée.

11 juin 2018 : Marie-José Montesinos et Jean-Paul Vidal sont arrêtés et placés en garde à vue après plusieurs mois d'enquête. Dans la nuit qui suit, Jean-Paul Vidal passe aux aveux : c'est bien lui qui a tué Christophe et Célia Orsaz ce sinistre 30 novembre avant de dissimuler les corps et de se débarrasser des armes. Ses déclarations se vérifient et les corps des défunts sont découverts. Marie-José Montesinos passe elle aussi aux aveux. Dans son récit, Jean-Paul Vidal explique avoir agi en pensant défendre sa complice, qui se disait menacée par Christophe Orsaz. Dans les heures qui suivent, les deux accusés sont placés en détention.


Source : La Dépêche le 25 juin 2018

marathon
Messages : 5865
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Re: Disparus de Mirepoix

Messagepar marathon » 29 juin 2018, 10:50

Disparus de Mirepoix : qui est vraiment Marie-José Montesinos ?
Image
L'infirmière orignaire de Lavelanet participait régulièrement à des randonnées./Photo DR, Facebook

Le parcours de vie de Marie-José Montesinos est parsemé de zones d'ombre. Ce qui entoure la personnalité de l'infirmière que tout présente comme «une femme à hommes» est plein de mystères difficiles à percer. À commencer par son parcours professionnel, dont on ne retient que de brefs passages. Au tout début des années 2000, elle fait ses premiers pas dans le monde médical en Ariège : à l'hôpital de Pamiers, puis au tout nouveau Chiva de Saint-Jean-de-Verges, où elle exerce en tant qu'ASH (Agent des services hospitaliers). Un rôle d'employé à tout faire (ménage, rangement, entretien, hygiène…) qu'elle a rempli à coups de contrats plus ou moins brefs jusqu'en 2003. À cette époque, on lui prête une relation sérieuse avec un commerçant de la ville. Pourtant, celle qui est déjà mère d'une fille prénommée Deborah, dont elle parle sans mystère sur son lieu de travail, acquiert assez rapidement une réputation de séductrice. D'après certaines personnes l'ayant côtoyé durant cette période, des «embrouilles» avec ses collègues, féminines notamment, seraient nées de son comportement pour le moins ambigu envers les hommes.



En 2008, elle obtient son diplôme d'infirmière après une formation de quelques années. On retrouve plus tard sa trace à la clinique de Verdaich, à Gaillac-Toulza en Haute-Garonne, où elle travaillera souvent la nuit jusqu'à la fin de l'année 2015. L'année suivante, alors qu'elle réside à Pamiers, elle passe dans le domaine libéral, travaillant essentiellement en collaboration avec un cabinet de la ville, malgré quelques demandes dans d'autres cabinets, notamment à Varihles, pour effectuer des remplacements. Elle n'aura laissé que peu de souvenirs dans cette ville où les professionnels de santé, des pharmaciens aux infirmiers en passant par les médecins, ont pour la plupart découvert son nom dans la presse au moment de son arrestation pour son implication – présumée – dans le double meurtre de Christophe et Célia Orsaz.

Chez les commerçants de Pamiers, pas plus de souvenirs, malgré le nombre d'années passées dans la ville où elle possédait un appartement. Beaucoup ont «pianoté» son nom dans leurs registres pour voir s'ils l'avaient eue comme cliente, mais il n'y figure que dans une pharmacie du centre-ville où elle aurait fait son dernier passage le 5 juin dernier, un peu moins d'une semaine avant son placement en garde à vue. Pourtant, à ce moment-là, elle avait vendu son appartement appaméen et vivait selon certaines sources du côté de… Bélesta, où résidait également Jean-Paul Vidal, son complice présumé qui est passé aux aveux et a concédé avoir tué les «disparus de Mirepoix» le 30 novembre 2017. Ce dernier était retourné vivre chez son ex-compagne, avec qui il a eu ses deux derniers enfants – sur un total de trois – au moment de son arrestation.





PUBLICITÉ


inRead invented by Teads

Dans son travail aussi, Marie-José Montesinos s'était rapprochée de celui qu'on présente comme son «ancien amant». Les dates sont révélatrices : le 27 novembre, elle a commencé à exercer au centre hospitalier du Pays d'Olmes à Lavelanet. Un bâtiment situé à quelques dizaines de mètres du garage de réparation d'ambulances où travaillait Jean-Paul Vidal, qu'elle a rejoint seulement trois jours avant le double meurtre pour lequel elle est aujourd'hui détenue à la maison d'arrêt de Seysses. D'après nos informations, le 30 novembre, jour du crime, elle aurait prétexté que sa fille était malade pour justifier son absence au travail. Par la suite, elle serait retournée à la clinique, «comme si de rien n'était», sans rien laisser paraître du crime atroce auquel on l'accuse d'être mêlée, laissant ses collègues de l'époque aujourd'hui dans l'incrédulité la plus totale.

Une vie pour le moins décousue

À Lavelanet, on connaît toutefois davantage le frère de l'accusée : Christian Montesinos, dont la passion pour les cascades lui a donné une notoriété locale, comme Jean-Paul Vidal. Ce serait d'ailleurs par le biais de Christian qu'elle aurait rencontré son futur complice présumé.

Selon certaines sources, les relations entre Marie-José et son frère se seraient tendues récemment. Le conflit serait-il né durant l'été 2017 ? Sur une courte période de deux ou trois mois, ils ont été voisins aux portes de Lavelanet. Christian Montesinos, en instance de divorce, avait alors pris place dans une petite maison mitoyenne, dont la modeste terrasse donnait directement sur un large parking fait de graviers, dans un décor rappelant fidèlement un ensemble de motels du fin fond de l'Amérique. Son voisin direct n'était autre que l'ex-mari de Marie-José Montesinos, père de sa seule fille. Cet été-là, il le passe en partie dans son Italie natale, laissant les clés de son logement à son ancienne femme. L'espace de quelques semaines, la petite vie tranquille de ce petit coin d'Ariège sera alors en partie rythmée par les frasques de Marie-José. Les disputes, les va-et-vient, se font de plus en plus fréquents, à tel point qu'elle se voit affublée d'un surnom peu flatteur par le voisinage : «la sorcière». Certaines nuits, de sévères disputes se font entendre, alors qu'il arrive parfois que Marie-José, son ex-mari et sa nouvelle compagne, partagent le même logement.

Les contours d'une vie décousue se dessinent à force de marcher dans ses pas. Une image bien éloignée de la femme randonneuse et apprêtée qu'elle laissait apparaître sur les réseaux sociaux ou devant le fils de l'employeuse de Christophe Orsaz à Lavelanet, lorsque dans un tailleur élégant et sacoche d'ordinateur vissée à la main, elle avait fait passer son ancien amant pour un dangereux pervers. Serait-ce cette troublante facette que Christophe Orsaz a fini par découvrir au fur et à mesure de leur relation, à laquelle il a mis un terme en novembre 2016, un an avant de se faire passer à tabac, puis assassiner ? Lui se disait en tout cas harcelé après leur séparation et confiait craindre que Marie-José Montesinos ne le retrouve. Malheureusement, c'est ce qu'elle a fini par réussir à faire.

Source : La Dépêche le 25 juin 2018


Retourner vers « Europe »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 0 invité