Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 30 juil. 2017, 22:07

Meurtre du petit Grégory: Murielle Bolle cesse sa grève de la faim!


Mise en examen pour l’enlèvement suivi de la mort du petit Grégory en 1984, Murielle Bolle avait débuté une grève de la faim dans sa cellule de la prison de Dijon. D’après le Figaro, elle vient de mettre fin à cette grève. Ses avocats ont déposé une nouvelle demande de mise en liberté…


Murielle Bolle, témoin clé de l’affaire Grégory, aujourd’hui soupçonnée d’enlèvement et placée en détention provisoire, avait entamé jeudi dernier une grève de la faim pour « dire son innocence » et « protester contre son placement en détention », avait indiqué l’un de ses avocats. Mise en examen et écrouée, cette femme de 48 ans « est très abattue et a des pensées suicidaires », avait ajouté Me Christophe Ballorin.

« Elle vit un calvaire, un cauchemar en prison, où elle est à l’isolement pour sa propre protection. Elle ne peut pas sortir : ce sont des insultes, des cris de haine, des menaces de mort », décrivait Me Ballorin, selon lequel « elle ne peut pas ouvrir sa fenêtre, alors qu’il fait chaud », sous peine de recevoir des verres d’eau des occupants de la cellule du dessus.



Sa rétractation éclair, il y a plus de 32 ans, après son témoignage accablant Bernard Laroche pour le rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la Vologne, est au cœur des investigations.

Selon l’accusation, qui se base notamment sur un nouveau témoignage émanant d’un cousin, celle qui avait 15 ans à l’époque a été violentée par sa famille après l’inculpation de Laroche, ce qui serait à l’origine de sa volte-face. Une confrontation entre Murielle Bolle et son cousin, qui affirme depuis peu que sa famille l’a brutalisée pour qu’elle revienne sur ses déclarations, aura lieu le 28 juillet prochain.

Source : Sud Info le 28 juillet 2017

marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 06 août 2017, 17:51

: L'affaire du petit Grégory

Les protagonistes de l'affaire Grégory


Autour du petit Grégory Villemin gravite une galerie de personnages si romanesques que la télévision en a tiré une fiction dans les années 2000. De Jean-Marie Villemin, le père fou de chagrin qui se transforme en vengeur, au "petit juge" Lambert, retour sur les figures majeures de cette affaire.

[Article publié initialement le 16 octobre 2014, mis à jour le 14 juin 2017 avec ajout du lien sur les interpellations de l'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin (le père de Grégory) et de l'une des tantes du petit garçon, puis le 12 juillet après la mort du juge Jean-Michel Lambert.]


Il est celui par qui l'affaire débute, et la principale victime. Grégory Villemin, né le 24 août 1980, est retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984. Il n'avait que quatre ans. Sa photo, devenue le symbole de l'affaire, avait été réalisée quelques semaines auparavant seulement , chez un photographe professionnel, à l'occasion de son anniversaire.


La lettre reçue par les parents de Grégory

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C'est le personnage clé de l'enquête. Celui qui appelle l’oncle de Grégory pour le prévenir du meurtre. Celui aussi qui envoie cette lettre anonyme (à gauche) aux parents de la petite victime, le lendemain. Trois ans durant, auparavant, ce mystérieux individu expédie des dizaines de courriers anonymes et passe des coups de téléphone au père de Grégory, Jean-Marie et à sa femme, mais aussi à d’autres membres de la famille, dont les grands-parents de Grégory. Il leur demande de s'éloigner du "chef", c'est-à-dire de Jean-Marie. Qui était-il (ou elle) ? L'enquête n'a jamais permis de le savoir. Ni les analyses graphologiques, ni les quelques expertises vocales, ni même les récentes analyses ADN n'ont permis d'identifier l'individu qui pourrait avoir enlevé – et peut-être tué – le petit Grégory.



Le père de Grégory n'a que 26 ans quand l'affaire débute. Dans la famille, il est surnommé "Le chef" en raison de sa réussite , lui qui est devenu contremaître en peu de temps dans une usine automobile. Ce qui attire les convoitises, et notamment celles du fameux « corbeau ».

Persuadé de la culpabilité de son cousin Bernard Laroche,* il le tue le 29 mars 1985* , quelques semaines seulement après que ce dernier a été innocenté et remis en liberté. Son procès a lieu en 1993. Jean-Marie Villemin est condamné à cinq ans de prison dont quatre ferme . Mais il ne passe que deux semaines en prison : l'essentiel de sa peine avait été purgé en détention provisoire, notamment entre 1985 et 1987. En 2005, le père de Grégory demande sa réhabilitation, c'est-à-dire l'effacement du crime sur son casier judiciaire. Celle-ci est rejetée par la cour d'appel de Paris, en 2007. Mais le 31 décembre 2008, il bénéficie d'une réhabilitation automatique.


Bernard Laroche, 29 ans en 1984, est un cousin germain de Jean-Marie Villemin. Lui aussi est contremaître mais il lui a fallu six ans pour obtenir ce poste . Selon son entourage, il est jaloux de la réussite des Villemin. Jaloux aussi de leur fils car son propre enfant, Sébastien, souffre d'un léger handicap.

Une analyse graphologique et un témoignage, celui de sa belle-sœur Murielle, en font le principal suspect dès le début de l'affaire. Il est inculpé et écroué le 5 novembre 1984, mais* libéré le 4 février 1985 après que Murielle s'est rétractée* : la principale charge est tombée. Bernard Laroche est assassiné par Jean-Marie Villemin devant son domicile moins de deux mois plus tard .


Elle était "sublime, forcément sublime " selon Marguerite Duras, qui – elle aussi – a écrit sur l'affaire Grégory. La mère de Grégory, Christine Villemin, 24 ans au moment du drame, est devenue plusieurs mois après les faits* la principale suspecte* . Vue à la Poste le jour de l'assassinat de Grégory, elle pourrait être le corbeau, dit-on dans la région. Des analyses graphologiques semblent corroborer cette thèse, et Christine, enceinte de six mois, est officiellement inculpée pour le meurtre de son fils le 5 juillet 1985 , alors qu'elle a été hospitalisée la veille suite à un malaise.

Les mois qui suivent sont l'objet d'une grande campagne de réhabilitation médiatique orchestrée par l'avocat des Villemin , Me Thierry Moser. Christine Villemin, devenue la femme la plus détestée de France, apparaît dans Paris Match pour la naissance de Julien, son deuxième fils, et sort un livre, Laissez-moi vous dire .



Murielle Bolle, 15 ans, est celle par qui l'affaire bascule. Face aux enquêteurs, la belle-sœur de Bernard Laroche* affirme que le jour des faits, elle était dans la voiture de Laroche* , qui a selon elle effectivement enlevé Grégory et a ensuite stationné la voiture près de la Vologne. C'est son témoignage qui permet l'inculpation de Bernard Laroche. Dès après son audition, Murielle Bolle est autorisée à rentrer chez elle. Le lendemain, elle se rétracte et affirme devant les journalistes que son beau-frère est innocent.



C'est le premier juge d'instruction lié à l'enquête. Quand l'affaire débute, il vient d'arriver à son poste à Epinal. Face à l'emballement médiatique que suscite l'affaire, il se retrouve à la fois sous la pression des journalistes présents en permanence dans le secteur, à qui il cède régulièrement des informations capitales, et la cible de leurs critiques.

Le juge Lambert est fustigé à plusieurs reprises : d'abord pour avoir laissé rentrer chez elle Murielle Bolle, qui revient sur son témoignage après avoir passé une soirée en famille ; ensuite pour des défauts dans les procédures qui ont fait disparaître plusieurs pièces du dossier, enfin pour avoir libéré Bernard Laroche tout en maintenant son inculpation, et sans protection policière. Le "petit juge" – c'est son surnom – est dessaisi de l'enquête en 1986 et remplacé par le juge Simon. Celui-ci sera lui-même remplacé après un infarctus en 1990.

Le 11 juillet 2017, alors que la presse révèle l'existence de carnets personnels du juge Simon, qui pourraient contenir des éléments à charge contre Jean-Michel Lambert, celui-ci est retrouvé mort à son domicile. Il explique, dans une lettre, avoir mis fin à ses jours car il dit ne "plus avoir la force de mener le combat


Sources : France Bleu Alsace, France Bleu Bourgogne le 28 juillet 2017

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Messagepar marathon » 06 août 2017, 17:55

Affaire Grégory : le parquet général de Dijon s'oppose à la demande de remise en liberté de Murielle Bolle


A quelques jours de l'examen de la remise en liberté de Murielle Bolle, témoin clé dans l'affaire Grégory, le parquet général de Dijon s'oppose à sa libération.

Le parquet général de Dijon s'oppose à la demande de remise en liberté de Murielle Bolle, témoin clé de l'affaire Grégory aujourd'hui écroué. La demande sera examinée vendredi par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon.


"J'ai pris des réquisitions écrites pour m'opposer à la demande de remise en liberté, essentiellement pour les nécessités de l'enquête et l'efficacité des actes à venir", dans la mesure où Mme Bolle "a fait l'objet de pressions", a déclaré à l'AFP le procureur général Jean-Jacques Bosc.

Murielle Bolle, 48 ans, a été mise en examen fin juin pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire.

La justice se penche notamment sur la rétractation éclair il y a plus de 32 ans de Mme Bolle, alors adolescente, après un témoignage incriminant son beau-frère Bernard Laroche pour le rapt de Grégory, 4 ans, retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Le témoignage de son cousin

Si les enquêteurs considéraient déjà comme "établi" que Murielle Bolle avait été "malmenée" par sa famille, le témoignage récent d'un de ses cousins assure que le revirement dont elle a fait preuve serait dû à un véritable "lynchage" le soir du 5 novembre 1984. Le cousin ajoute avoir reçu ce soir-là ses confidences: elle lui aurait avoué avoir bel et bien assisté à l'enlèvement. Mais Mme Bolle campe depuis sur sa dernière version, expliquant que le témoignage précédent avait été fait sous la contrainte des gendarmes.

Murielle Bolle a maintenu cette version vendredi dernier lors d'une confrontation avec ce fameux cousin, répétant qu'elle n'était pas dans la voiture de Bernard Laroche et n'a subi aucune violence de la part de sa famille. Ses avocats, qui estiment que ce face à face "s'est très bien déroulé pour Murielle Bolle" et a mis à mal le témoignage du cousin, vont plaider vendredi sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, en mettant en avant une solution d'hébergement "extra-familiale".

A la mi-juin, l'arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, avait relancé spectaculairement ce dossier des plus énigmatiques. Soupçonnés d'être les fameux "corbeaux" de l'affaire et mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire strict.

Source : France Bleu Sud Lorraine le 1er août 2017

marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 06 août 2017, 17:57

Affaire Grégory : pour Maître Jean-Paul Teissonière, "il est urgent que Murielle sorte de prison"

Jean-Paul Teissonnière, l'un des avocats de Murielle Bolle, espère la libération de sa cliente dès ce vendredi après-midi



Ce vendredi, c'est le jour J pour Murielle Bolle dans l'affaire Grégory. La chambre de l'instruction dijonnaise se penche ce vendredi matin sur sa demande de remise en liberté déposée le 17 juillet dernier.

Murielle Bolle, 48 ans, témoin clé dans l'affaire Grégory, est mise en examen pour enlèvement suivi de mort et écrouée à la maison d'arrêt de Dijon depuis le 29 juin dernier. Et pour ses avocats, il n'y a rien dans le dossier de l'instruction qui puisse empêcher sa libération.



Il est urgent que Murielle sorte de prison

Les propos de Jean-Paul Teissonière, l'un de ses avocats, sont assez clairs. Ils traduisent d'abord l'inquiétude sur son état psychologique en prison : "elle vit sa détention avec difficulté, elle ne comprend pas pourquoi elle est en détention", confirme l'avocat. Mais l'emploi du mot urgence souligne également les certitudes de la défense sur le fond et la forme.

il y avait évidemment le témoignage du fameux cousin, qui prétendait que Murielle Bolle avait subi des violences de la part de ses proches à l'époque des faits, en 1984. Violences qui auraient entraîné ses rétractations. Mais pour Me Teissonière, ce témoignage n'est plus un obstacle : "on sait depuis la confrontation (vendredi 28 juillet dernier, ndlr) qu'il n'y a eu aucune violence, le 5, le 6, ou le 7 novembre. Donc cette hypothèque est levée. Il nous semble que cette situation est dépassée, et que toutes les conditions sont réunies pour qu'une décision de mise en liberté éventuellement sous conditions, soit prise par la chambre."


On a fait de très gros efforts pour devancer les inquiétudes de la chambre de l'instruction

Maître Tessonnière estime avoir tout mis en oeuvre avec ses collègues pour proposer à la chambre de l'instruction un deal acceptable pour une libération sous contrôle judiciaire : "nous avons trouvé un hébergement qui répond à toutes les conditions de sécurité, de distance, d'éloignement, d'absence de contact avec le milieu familial, puisqu'il semble que ce soit exigé, on a fait de très gros efforts pour devancer les inquiétudes de la chambre de l'instruction, même si on pense qu'elle sont infondées." En résumé, tout a été fait pour éviter que sa cliente ne subisse d'éventuelles pressions ou n'en fasse subir à d'autres, puisque c'est l'une des craintes affichées par le procureur général à Dijon cette semaine. C'est d'ailleurs en vertu de ces possibles pressions que le parquet s'opposera à la libération de Murielle Bolle vendredi ce matin.

Source : France Bleu Bourgogne le 3 août 2017

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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 06 août 2017, 18:00

Affaire Grégory : Murielle Bolle remise en liberté sous contrôle judiciaire

La demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire de Murielle Bolle, témoin clé dans l'affaire Grégory, a été acceptée ce vendredi après-midi à Dijon.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a rendu sa décision ce vendredi après-midi : conformément à sa demande, Murielle Bolle sera remise en liberté sous contrôle judiciaire.


Elle rejoindra un hébergement dans la Nièvre, dont la localisation est tenue secrète.

Christophe Ballorin, son avocat, l'a décrite comme "très soulagée. Elle était sous pression. Nous étions très très inquiets à propos de son moral."

Des obligations extrêmement strictes

Muriel Bolle devra tout de même suivre des obligations "extrêmement strictes", d'après son avocat : aucun contact avec les protagonistes du dossier, pas de déclaration à la presse, un pointage précis et un suivi socio-éducatif.

Écrouée le 29 juin, cette mère de famille de 48 ans a été mise en examen pour enlèvement suivi de mort dans l'affaire du petit Grégory. Le 4 juillet, une première demande de remise en liberté avait été rejetée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon.



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Sources : France Bleu Bourgogne, France Bleu Sud Lorraine le 4 août 2017

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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 12 sept. 2018, 19:03

Affaire Grégory : le juge Lambert retrouvé mort

Le juge Lambert, un temps chargé de l'instruction dans la mort du petit Grégory, se serait donné la mort ce mardi soir à son domicile dans la Sarthe.
. Il avait 65 ans.

Il se serait suicidé en s'asphyxiant avec un sac plastique. Son corps a été retrouvé dans son bureau avec le sac plastique noué sur la tête à l’aide d’un foulard.


La police a été appelée par les pompiers peu après 19 heures ce mardi soir. C'est la femme du juge, sans nouvelles de lui depuis plusieurs jours, qui avait donné l'alerte, selon BFMTV.

Le corps été découvert par une voisine. D'après les premières constatations, aucune trace d’effraction ou de lutte n’a été relevée dans son appartement.

La police judiciaire d’Angers a été saisie et le parquet du Mans a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de la mort. Le procureur de la République du Mans était sur place en fin de journée.

Dans la soirée la rue où se trouvait l’appartement du juge était barrée par la police qui en interdisait l’accès.

Perturbé par les carnets du juge Simon

Dans un portrait signé Libération en 2014, on apprenait que le juge Lambert avait "pensé au suicide". "J’avais repéré l’endroit où ça se passerait. Je savais à quelle rampe de l’escalier du tribunal j’accrocherais la corde", disait-il.

Selon les premiers éléments, il aurait été très marqué par les révélations du carnet intime du juge Simon, dont des extraits ont été publiés ce mardi par BFMTV. "On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes (…) ou le désordre intellectuel du juge Lambert. Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur", écrivait le juge Simon.

Premier juge sur l'affaire

À 32 ans, le juge Lambert a été le premier juge d'instruction de l'affaire Grégory, du 17 octobre 1984 au 11 septembre 1986. Alors seul juge d’instruction à Epinal (Vosges), il s’agissait de son premier poste. Dessaisi au profit du juge Simon, le juge Lambert, alors surnommé "le petit juge" avait été très critiqué à l'époque sur sa gestion de l'affaire.

Propulsé sous les projecteurs, il avait longtemps été désigné comme l’un des responsables du fiasco judiciaire de l’une des énigmes criminelles les plus marquantes en France, avant de retomber dans l’anonymat des prétoires et de se consacrer à l’écriture.

Le magistrat avait surpris en multipliant les confidences à la presse dès les premiers jours de l’enquête. Il avait notamment révélé aux journalistes l’identité et la teneur des accusations portées par la jeune Murielle Bolle, 15 ans, qui venait de désigner au juge son beau-frère, Bernard Laroche, comme le ravisseur de Grégory.

Le 5 novembre 1984, quelques jours après la découverte du corps du petit Grégory pieds et poings liés dans la Vologne,le juge Jean-Michel Lambert avait inculpé d'assassinat Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie Villemin, avant de le relâcher. Le père de Grégory avait alors assassiné son cousin d'une balle dans la tête.

Il avait travaillé à Bourg-en-Bresse par la suite

En 2014, à la retraite, Jean-Michel Lambert était revenu sur l'affaire Grégory pour Le Figaro, regrettant de n'avoir pas eu le temps de rendre un non-lieu. "C'était une tragédie dans la tragédie. Bernard Laroche a été victime de la pire des injustices", disait-il alors.

Jean-Michel Lambert avait par ailleurs fait inculper Christine Villemin, la mère du petit Grégory, depuis blanchie par la justice.

De 1988 à 2003, il avait été juge d'instance à Bourg-en-Bresse (Ain) puis jusqu'en 2014 vice-président du tribunal de grande-instance du Mans (Sarthe).


L'avocat des époux Villemin "catastrophé"

L’avocat des époux Villemin, Me Thierry Moser, s'est dit "catastrophé" en apprenant la morte de l’ex-juge Jean-Michel Lambert.

"Je suis catastrophé, c’est infiniment triste. Je garderai de lui le souvenir d’un homme qui a été confronté à un dossier difficile, qu’il n’a pas su maîtriser et qui a été pris dans un vertige irrépressible. Quelles que soient les causes de ce qui semble être un suicide, je n’ai aucune animosité envers lui. Je critique les conclusions qu’il a tirées de son instruction mais je ne critiquerai jamais l’homme", a déclaré Me Moser.

L’avocat de la famille Laroche, Me Gérard Welzer, s’est pour sa part refusé à tout commentaire.

Me Jean-Paul Teissonnière, l’avocat de Murielle Bolle, témoin-clé de l’affaire, s’est pour sa part dit "consterné" par le décès de l’ancien juge, qu’il comptait "faire citer comme témoin". Sa disparition "va au moins compliquer, et peut-être rendre impossible la recherche de la vérité".

Source : Vosges Matin le 19 juillet 2017

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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 12 sept. 2018, 19:09

Depuis trois décennies, le contexte insensé de l’affaire Grégory et ses rebondissements, souvent décevants, sont la source de longs reportages réalisés le long de la Vologne.

Les émissions consacrées à cette énigme judiciaire se comptent par dizaines et nombreuses sont celles qui ont suscité le courroux des acteurs de cette affaire. Certaines ont même eu droit à des poursuites judiciaires pour des faits de diffamation. Dans la grande majorité des cas, les plaignants étaient soit la famille Villemin, soit la famille Laroche.


Dans ce contexte, le dernier reportage en date, diffusé jeudi dernier sur France 2 dans le cadre de l’émission Complément d’enquête, avait le potentiel pour déclencher une nouvelle procédure. Et ça n’a pas loupé puisqu’une famille a décidé de déposer plainte contre la chaîne. Mais les plaignants ne sont pas les « clans » Villemin ou Laroche ; cette fois, ce sont les proches du juge Lambert.

C’est par la voix de Me Béatrice Founès, leur avocate, que la veuve du magistrat (Nicole) et sa fille (Pauline) ont fait savoir qu’elles comptaient engager une procédure judiciaire contre France Télévisions. Dans un communiqué, Nicole et Pauline Lambert ajoutent qu’elles comptent également poursuivre toutes les personnes « qui ont sali la mémoire de notre mari et père au cours de cette émission… » Faisant part de leur « grande douleur » après avoir visionné ce reportage, les proches de l’ancien juge estiment même que « la mort de Jean-Michel Lambert n’est visiblement pas encore suffisante pour certains médias ».

Des phrases incisives que leur conseil spinalien justifie par l’état d’esprit actuel de Nicole et Pauline Lambert. « Elles sont bouleversées ; elles n’en peuvent plus », souffle Me Founès avant d’expliquer que ses clientes ont été choquées par plusieurs passages de l’émission : « Elles estiment que Jean-Michel Lambert, qui ne voulait surtout pas être le bouc émissaire de cette affaire, l’est, pour le coup, devenu. Il y a des contre-vérités, des choses tronquées… Elles ne veulent plus rester silencieuses. Elles souhaitent simplement défendre l’honneur de Jean-Michel Lambert. Et désormais, elles attaqueront de manière systématique les personnes qui porteront atteinte à sa mémoire », affirme Me Founès, ajoutant que Nicole Lambert avait été victime d’un malaise pendant la diffusion de l’émission.

A priori, la procédure devrait être lancée dans les prochains jours. Quant aux qualifications visées par l’avocate spinalienne, ce seront celles de « diffamation et atteinte à la mémoire d’un mort. »

Du côté de France 2, nous avons réussi à contacter Nathalie Sapena, la réalisatrice du reportage incriminé par la famille Lambert. Soulignant qu’elle n’était pour l’heure pas au courant d’une quelconque procédure, la journaliste précise qu’elle a essayé de contacter de nombreux proches du juge qui auraient pu lui apporter des informations sur les difficultés qu’il a vues se dresser face à lui au cours de l’instruction de l’affaire. « J’ai contacté son greffier de l’époque, sans succès. J’ai également sollicité Mme Lambert, via ses avocats, mais aussi par mail. Je voulais absolument la version de son épouse. Mais elle a refusé l’interview » déclare la journaliste, ajoutant qu’elle était « désolée » d’avoir suscité cette réaction auprès de Nicole et Pauline Lambert.


Source : Vosges Matin le 12 septembre 2018

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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 03 janv. 2019, 19:23

Affaire Grégory: Murielle Bolle poursuivie pour diffamation par son cousin


Dans un livre intitulé "Briser le silence" et paru début novembre, Murielle Bolle, âgée aujourd'hui de 49 ans, accuse son cousin d'avoir inventé des violences infligées par sa famille la veille de ses rétractations en 1984. © afp.

Un cousin de Murielle Bolle a déposé plainte pour "diffamation publique" contre celle-ci, qui l'accuse de faux témoignage dans un livre récent revenant sur l'affaire Gregory, a-t-on appris jeudi auprès de l'avocat du plaignant.


Dans un livre intitulé "Briser le silence" et paru début novembre, Murielle Bolle, âgée aujourd'hui de 49 ans, accuse son cousin d'avoir inventé des violences infligées par sa famille la veille de ses rétractations en 1984.

La plainte pour "diffamation publique aggravée", qui vise également la romancière Pauline Guéna, qui a écrit le livre avec Murielle Bolle, et la maison d'édition Michel Lafon, a été déposée auprès de la doyenne des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Metz fin décembre, a indiqué à l'AFP l'avocat du cousin, Me Thomas Hellenbrand, confirmant une information du quotidien l'Est républicain.

"Tout au long de son ouvrage, Murielle Bolle l'accuse clairement de mentir sur un sujet extrêmement grave et sous-entend même qu'elle a été maintenue en détention" en 2017 sur la base des déclarations de son cousin, a précisé Me Hellenbrand.

Volte-face

Alors âgée de 15 ans, elle avait raconté dans les premiers jours de novembre 1984 aux gendarmes puis au juge d'instruction que son beau-frère, Bernard Laroche, avait enlevé en sa présence Grégory Villemin l'après-midi du 16 octobre 1984.

Le corps de l'enfant de 4 ans avait été retrouvé quelques heures plus tard, mains et pieds attachés, dans la rivière la Vologne.

L'adolescente avait fait volte-face quelques jours plus tard, en assurant avoir subi la pression des gendarmes.

En juin 2017, Murielle Bolle, ainsi que Marcel et Jacqueline Jacob, le grand-oncle et la grande-tante du garçonnet, ont été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivie de mort".

Au moment de cette mise en examen, ce cousin avait contacté les gendarmes, affirmant se souvenir que Murielle Bolle avait été à l'époque violentée par sa famille pour revenir sur son témoignage.

Rappelant que son client "a témoigné dans le cadre d'une procédure judiciaire", Me Hellenbrand estime que "Murielle Bolle aurait dû emprunter la voie judiciaire si elle estimait qu'il mentait".

"Elle se fourvoie en accusant quelqu'un de faux témoignage par voie de publication", a-t-il ajouté, soulignant qu'elle avait révélé dans son livre l'identité de son cousin.


Source : Belga le 3 janvier 2018




BRISER LE SILENCE

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MURIELLE BOLLE, PAULINE GUÉNA


« Ma garde à vue a commencé il y a trente-quatre ans. J’avais quinze ans. Je suis cette gosse aux cheveux roux qui s’est retrouvée chez les gendarmes. Celle dont on a vu le visage dans les journaux, page après page, celle dont les photos défilaient au journal télévisé. Je suis celle qu’on a appelée “la grosse”, “la rouquine”, “la belle-sœur”, “la maîtresse”, “la complice”. Celle qu’on a traitée de menteuse, aussi, d’idiote, de sans-cœur. D’alibi et puis d’accusatrice.

Je ne m’étais jamais exprimée. Je n’ai jamais parlé de l’affaire, pas même à la maison. Pour la première fois aujourd’hui, parce que l’injustice est allée trop loin et que je n’en peux plus, j’ai décidé de raconter mon histoire, toute mon histoire. Pour que les gens sachent que nous, les Bolle, nous n’avons jamais fait de mal à personne d’autre qu’à nous-mêmes. Pour qu’on apprenne enfin la vérité. »

marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 18 févr. 2019, 18:14

Affaire Grégory : Murielle Bolle fixée ce mardi sur sa garde à vue de 1984


La Cour de cassation doit se prononcer ce mardi 19 février sur l'annulation des procès-verbaux de la garde à vue de Murielle Bolle de 1984, désormais entachés d'inconstitutionnalité.

La Cour de cassation dira ce mardi 19 février quel sort elle réserve à l'une des pierres angulaires de l'affaire Grégory, la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, que le Conseil constitutionnel a récemment frappée d'inconstitutionnalité.

Placée en garde à vue quelques jours après la mort de Grégory Villemin, retrouvé dans une rivière des Vosges le 16 octobre 1984, Murielle Bolle, alors mineure, avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir kidnappé le petit garçon de 4 ans en sa présence. L'adolescente avait ensuite répété ses propos devant le juge d'instruction, avant de se rétracter en dénonçant la pression des gendarmes.

La thèse d'un « acte collectif » privilégiée

Aujourd'hui encore, cette volte-face reste au coeur de l'enquête. Celle-ci a connu un rebondissement spectaculaire en juin 2017 avec les mises en examen de Mme Bolle et du couple Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, pour le rapt mortel de l'enfant, des poursuites annulées depuis pour des questions de procédure.

L'accusation privilégie désormais la thèse d'un « acte collectif » avec Bernard Laroche. Ce dernier a été abattu par Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, en 1985.

Désireuse de gommer définitivement ses déclarations d'adolescente du dossier, Murielle Bolle, qui clame son innocence ainsi que celle de Bernard Laroche, avait obtenu en novembre une grande victoire devant le Conseil constitutionnel.

Les « Sages » lui avaient donné raison en estimant que ses droits fondamentaux de mineure n'avaient pas été respectés en 1984, la loi d'alors ne prévoyant pas de garanties telles que la notification du droit de se taire ou la présence d'un avocat en garde à vue. « C'est un miracle », avait-elle réagi auprès du Parisien.

Il appartient désormais à la Cour de cassation de tirer les conséquences de cette déclaration d'inconstitutionnalité sur le plan judiciaire.

« Tout ce qu'ils veulent, c'est la vérité »

Si les hauts magistrats suivent le Conseil constitutionnel, ce qui apparaît probable, les procès-verbaux de cette garde à vue de 1984 devraient in fine être annulés. Dans cette hypothèse, la Cour de cassation devrait renvoyer le dossier devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel pour que celle-ci réexamine la requête en annulation de la garde à vue et de tout élément du dossier s'appuyant sur les déclarations de l'adolescente.

Sur le plan juridique, l'avocat de Murielle Bolle, Emmanuel Piwnica, demande à la Cour d'annuler partiellement un arrêt de la cour d'appel de Dijon du 16 mai 2018, en ce qu'il refusait d'annuler les procès-verbaux de cette garde à vue. Lors de l'audience, le 22 janvier, l'avocat général s'était également prononcé pour une telle annulation.

L'avocate des parents de Grégory Villemin avait demandé le rejet des recours de Murielle Bolle. « Les Villemin n'ont rien contre Murielle Bolle. Tout ce qu'ils veulent, c'est la vérité », avait plaidé Me Claire Waquet.

Une annulation de cette garde à vue de 1984 affaiblirait encore l'une des plus célèbres enquêtes criminelles françaises, déjà minée par d'innombrables errements, sans toutefois y mettre un terme.

« Carnets » intimes du juge

Les propos de Murielle Bolle en 1984, qui ne lui avaient pas valu de poursuites à l'époque, apparaissent toutefois sans incidence sur sa mise en examen en 2017, celle-ci résultant selon la cour d'appel d'« éléments nouveaux ».

Cette mise en examen et celle des Jacob, annulées en mai 2018, pourraient être de nouveau ordonnées une fois tous les recours purgés.

Murielle Bolle demande par ailleurs à la Cour de cassation de reconnaître « la partialité avérée » du juge Simon, qui a enquêté entre 1987 et 1990. Une « partialité » contre les Bolle qui « suinte », selon son avocat, des « carnets » intimes du juge versés au dossier après sa mort. Les Bolle y étaient qualifiés de « voyous ».


Murielle Bolle cherche en conséquence à faire annuler tous les actes d'enquête du juge Simon, mais aussi un arrêt de non-lieu qui, en 1993, avait notamment innocenté la mère de Grégory Villemin. De quoi faire bondir l'avocate des parents Villemin: Murielle Bolle « voudrait qu'on refasse complètement l'Histoire parce que l'Histoire lui pèse », avait estimé Claire Waquet.


Source : Ouest France le 17 février 2019


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