Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

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Messagepar marathon » 27 nov. 2019, 18:21

Meurtre d'Élodie Kulik : un cri terrifié fige la salle d’audience dans un silence douloureux


La cour d’assises de la Somme a diffusé, ce mercredi matin, l’enregistrement de l’appel aux pompiers qu’a passé Elodie Kulik, la nuit de sa mort. Juste avant qu’elle soit violée et étranglée, près de Péronne, ce 11 janvier 2002.


C’était évidemment l’un des moments les plus attendus de ce procès. Cet enregistrement des vingt-six secondes pendant lesquels Elodie Kulik tente d’appeler au secours n’est pas seulement l’un des principaux éléments d’accusation de Willy Bardon, mais aussi, surtout, la dernière trace de vie de la jeune banquière de Péronne.

Archi-pleine, la salle était fébrile. Après avoir précisé qu’Elodie Kulik était probablement encore dans sa voiture, quand elle a passé cet appel, la présidente Martine Brancourt a juste pris la précaution de prévenir Jacky Kulik et ses proches : « Pour la partie civile, il n’y a pas d’objection à ce que nous diffusions deux fois la bande son ? » Non, il n’y en avait pas, a dit Me Seban, alors le silence s’est installé, lourd, un peu inquiet aurait-on dit, avant qu’on entende les sonneries du téléphone d’Élodie Kulik sur le standard des pompiers.

Ces cris qui vous glacent



« Le SDIS… Les pompiers… » L’opératrice est manifestement tout de suite interloquée par la nature de l’appel, et déjà, dans la salle, on le comprend. Ce sont les cris d’Élodie, comme un sifflement strident, affolé, qui saisissent d’un coup, qui vous glacent et vous clouent là, suffoqué par l’horreur qu’on devine. Plus rien d’autre n’existe, alors. Cette voix, ce râle terrifié se cogne aux colonnes de cette grande salle, et chacun se débrouille avec l’émotion, la terrible émotion qu’il en conçoit.

Jacky Kulik, qui connait cette bande son, ne bronche pas. Autour de lui, certains de ses proches se sont bouché les oreilles, d’autres ne peuvent s’empêcher de se coller une main devant la bouche. Dans le public, c’est la stupeur. On entend toujours Elodie, son cri quasi ininterrompu, puis quelques voix d’hommes. Deux, sans doute, diront les experts.



« …Hein ?.. » « …les phares… » « … non, faut mettre… » C’est à peu près tout ce qu’on devine. Soudain, l’opératrice tente une relance : « Allo ?.. Allo ?.. » Toujours figé, on entend alors Elodie qui tente de formuler quelque chose, mais on n’en comprend pas une syllabe. Juste la terrifiante signification qu’elle sent que sa vie ne tient plus à grand-chose, à cet instant. Encore quelques mots d’homme, et toujours le cri d’Elodie. C’est fini.

Un silence qui fait mal

Le silence qui suit fait mal. Il gêne, il fait enrager, c’est un silence qu’on partage, un de ces moments où on se rapproche parce que c’est dur, où on pense très fort à Jacky Kulik, toujours immobile. Il regarde devant lui, peut-être vers Willy Bardon, qui lui non plus n’a pas bougé un cil.

La présidente demande une seconde diffusion. La salle est toujours pétrifiée. On est prévenu, cette fois, mais c’est toujours aussi effrayant. Et peut-être encore plus dans les deux minutes qui suivent, quand la cour, les jurés, les parties civiles, Bardon, ses avocats, ont un casque sur les oreilles pour écouter encore, trois autres fois, ce même cri. C’est peut-être pire, parce qu’on ne distingue plus que lui, cette fois, ce hurlement suffoqué à ce qui reste de la vie.

Evidemment, dans ces conditions, il est impossible de reconnaître qui que ce soit, sur cette bande son. Pour reconnaître, pour donner à entendre aux témoins, des experts ont travaillé l’enregistrement, et c’est le résultat de ces travaux qu’ils viendront présenter ensuite. Avant, dans les jours qui suivent, que les proches de Willy Bardon viennent dire ce qu’ils en pensent. La partie la plus sensible de ce procès, sans aucun doute.





Source : La ;Voix du Nord le 27 novembre 2019

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Messagepar marathon » 27 nov. 2019, 18:28

Au cours de l’enquête, cinq personnes placées en garde à vue et auxquelles l’enregistrement avait été soumis avaient affirmé reconnaître la voix de Willy Bardon, en janvier 2013. Ce dernier avait ensuite été mis en examen. L’enregistrement constitue donc « une des pièces maîtresses » du dossier, selon les mots de Gabriel Dumenil, avocat de Willy Bardon. Il a d’ailleurs fait l’objet de 14 expertises au cours de l’enquête menée de 2002 à 2017. Son exploitation a occupé la quasi-intégralité des débats mercredi matin, et sera encore évoquée dans les prochains jours.

Un son difficile à analyser

À la barre, Christophe Stecoli, ingénieur de police technique et scientifique, est venu présenter les conclusions d’une expertise qu’il avait menée avec une collègue en 2014 : il s’agissait de comparer la voix de Willy Bardon, enregistrée au cours d’une écoute téléphonique près de dix ans après les faits, avec les voix masculines entendues dans l’appel aux secours.

Ce spécialiste a d’abord souligné la difficulté à réaliser ces travaux, étant donné la mauvaise qualité et la courte durée de ce dernier enregistrement, ainsi que la situation exceptionnelle d’énonciation. Et ses analyses, notamment de la hauteur de voix, de la vitesse d’élocution ou encore de l’accent du locuteur, « réduisent légèrement » la probabilité que la voix de Willy Bardon soit celle entendue dans l’appel passé par Élodie Kulik.

« Les experts n’ont pas de certitude »

« Il ressort que les experts n’ont pas de certitude. Par contre, les témoins et les proches ont reconnu la voix de Willy Bardon, et l’expert nous a confirmé que la reconnaissance par les proches valait beaucoup plus que la reconnaissance scientifique, et c’est ce qui compte », a déclaré Me Didier Seban à l’issue de l’audience.

La défense, au contraire, s’est engouffrée dans cet espace d’incertitudes : la reconnaissance vocale, « c’est le seul domaine dans lequel on nous dit que la science ne peut rien ». Et « des personnes, par leur seule reconnaissance vocale, pourraient obtenir des résultats meilleurs que la science ? Ce n’est pas sérieux, s’agissant de l’administration de la preuve devant une cour d’assises », a fustigé Me Gabriel Dumenil.


« Une chose est certaine, j’ai malheureusement reconnu la voix de ma fille. Et ce n’est pas la seule voix que j’ai reconnue », a, lui, affirmé Jacky Kulik.



Source : Ouest France le 27 novembre 2019

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Re: Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

Messagepar marathon » 28 nov. 2019, 18:49

Suivez en direct le procès de l’affaire Élodie Kulik à Amiens


Place aux expertises ADN et aux témoignages du père et de la mère de Grégory Wiart, après un mercredi marqué par les terribles écoutes de l’appel d’Elodie Kulik, jeune femme de Péronne enlevée, violée et tuée le 11 janvier 2002.



Le procès en assises de Willy Bardon pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’Elodie Kulik se poursuit, jeudi 28 novembre. Si la veille a été marquée par plusieurs écoutes de l’appel de la jeune victime Péronnaise aux secours, cette nouvelle journée d’audience le sera par le témoignage, entre autres, du père et de la mère de Grégory Wiart. Ce dernier a été confondu après sa mort dans un accident de voiture comme l’un des auteurs présumés de l’horreur dont a été victime Élodie Kulik.

Autre moment fort, un expert en ADN qui ouvre cette journée à 9 heures.

Suivez en direct le procès


https://www.courrier-picard.fr/id52485/ ... lik-amiens



Source : Le courrier Picard le 28 novembre 2019


A suivre…..

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Re: Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

Messagepar marathon » 29 nov. 2019, 15:13

Au procès du meurtre d'Elodie Kulik, entre effroi et incertitudes

A mi-parcours du procès de Willy Bardon devant les assises de la Somme, pour le viol et le meurtre d’Elodie Kulik en 2002, la cour a entendu les cris glaçants de la jeune femme, enregistrés lors d’un appel aux pompiers. L’accusation peine pour le moment à étayer les charges contre Willy Bardon.

Comment se détacher de ces cris déchirants, qui résonnent dans la salle d’audience silencieuse, en ce mercredi matin ? Un soir de janvier 2002, à minuit vingt, Elodie Kulik appelle les pompiers avec son téléphone portable. Ça commence par une sonnerie. « Les pompiers » dit l’opératrice. Tout de suite, un cri de femme envahit la salle. La voix est sur aiguë, il n’y a pas de mots, seulement ces cris répétés, qui glacent le sang. Il y en a une vingtaine, pendant les 26 secondes de l’appel, entrecoupés de bribes de voix d’hommes, et des « allô » de l’opératrice. Impossible de comprendre ce qui disent les hommes. L’appel s’interrompt brusquement, après un dernier cri d’Elodie Kulik, où l’on croit entendre « au secours ».

Ce qui frappe, surtout, à l’écoute, c’est le contraste entre la panique de la jeune femme, et le calme de ces voix masculines. La cour, les parties réécoutent la bande, 3 fois, avec des casques qui laissent encore échapper les cris déchirants d’Elodie. L’accusé, concentré, écoute, sans montrer de réaction, il sait l’importance de cette pièce à conviction. Dans la salle, Jacky Kulik reste impassible. Les amis, la famille sont venus en nombre soutenir le père meurtri.


Une bande son de mauvaise qualité

Après l’émotion, place à la science. Un premier expert vient à la barre dire que vu la brièveté de l’enregistrement et sa piètre qualité, peu de choses sont certaines. Il y a au moins deux voix d’hommes, c’est sûr, peut-être trois. Quelques bribes de phrases ont pu être décryptées : "Dis-moi ce qu’il faut faire, passe-moi les clés"… Ces quelques secondes audibles ont été comparées aux voix des suspects ; celle de Grégory Wiart, mort en 2003, dont l'ADN a été retrouvé sur la scène du crime. Et celle de l’accusé. Conclusion: il est scientifiquement impossible d’affirmer ou de réfuter qu’une des voix soit celle de Willy Bardon.

Le débat d’experts va durer toute la journée, et il est passionnant. Tous sont d’accord sur un point : la mauvaise qualité de la bande rend impossible toute comparaison automatique, à base de spectres audio. Alors qu’en faire ? Les gendarmes ont fait écouter la bande aux proches de Grégory Wiart et de Willy Bardon. Son ami le plus proche, son quasi frère, Romuald, a pleuré en l’écoutant. Il s’est dit sûr à 98% de reconnaître la voix de Willy Bardon. Un ami du club de 4X4 dit en audition : "J’ai reconnu le timbre de sa voix. Avec ce que je viens d’écouter, ça me pète à la gueule."

Six personnes ont reconnu la voix de Willy Bardon

En tout, six personnes disent avoir reconnu sa voix. Mais quelle valeur accorder à ces récits ? Pendant l’instruction, en 2013, un expert, Norbert Pheulpin, a testé leur fiabilité, en leur faisant écouter des extraits de la voix de Willy Bardon au milieu d’autres. Le chiffre est impressionnant : il les a trouvés fiables à 87%.

Mais l’expert est mort, et un professeur d’université, cité par la défense, va méthodiquement tailler son travail en pièces. Jean-François Bonastre est une pointure dans le domaine de l’authentification des voix, directeur de recherches, auteur de nombreuses publications dans des revues scientifiques. "Cet homme" dit-il posément, "n’avait ni les compétences, ni les diplômes pour être expert".

Norbert Pheulpin était acousticien. Le professeur pointe des erreurs, une méthode qui n’a pas été validée, une présentation proche du verbiage, voire des mensonges. La charge est sévère, et l’exposé passionnant. On apprend que l’être humain, programmé pour vivre dans des groupes assez restreints, a une capacité limitée à reconnaître une voix, à la différence des pingouins, qui identifient leur petit à son cri, au milieu de centaines d’autres.

On parle aussi de biais cognitifs : on peut être influencé si on s’attend à reconnaître quelqu’un. Aucune étude sérieuse ne démontre la fiabilité de la reconnaissance d’une voix à l’oreille. Didier Seban, l’avocat de Jacky Kulik, monte au front.

"- Vous êtes expert judiciaire ?

- Non.

- Mr Pheulpin, dont vous dénigrez le travail, l’était, auprès de la cour d’appel de Dijon. La justice lui a fait confiance."

Jean-François Bonastre répond qu’il refuse, depuis plus de 25 ans, de faire des expertises judiciaires d’authentification de la voix ; la technique n’est pas suffisamment fiable. Norbert Pheulpin, dit-il, a profité d’un créneau à prendre pour proposer ses services à la justice. "Je suis très ferme : il n’y a rien à tirer de ses écrits. Quand il parle de ‘style de parole barbare’, par exemple, je n’ai jamais vu ça ailleurs." : Jean-François Bonastre est désolé de dire du mal d’un mort, même s’il a eu l’occasion de le lui dire et de l’écrire, de son vivant.

Me Didier Seban, avocat de Jacky Kulik, pendant le procès, au tribunal d'Amiens
Me Didier Seban, avocat de Jacky Kulik, pendant le procès, au tribunal d'Amiens © AFP / Denis Charlet

Didier Seban tente encore, en appelle au sens commun :

"- On sait reconnaître la voix d'un proche, d'un ami, d'un comédien connu. Je suis un peu étonné de votre position générale de principe !

- Je suis bien d'accord avec vous. Moi aussi, je croyais ça. Et en étudiant la voix, je me suis rendu compte que c'est un faux sentiment. Réfléchissez dans votre vie le nombre de fois où vous êtes trompé. Par exemple, je connais la voix de mon fils. Et ça m'est arrivé d'entendre mon neveu, et de croire que c'était mon fils".

La défense jubile discrètement. C’est la pièce majeure de l’accusation contre Willy Bardon qui est en train de vaciller sous nos yeux. Le professeur ne balaye pas la valeur de ces déclarations : mais ce ne sont que des témoignages, justement, qui doivent être appréhendés comme tels. « Je ne dis pas que ce n’est pas possible de reconnaître des voix à l’oreille. Mais ce n’est pas prouvé scientifiquement. »

Les témoins vont venir à la barre, dire si oui ou non ils ont vraiment reconnu la voix de Willy Bardon, et dans quelles circonstances. Tous étaient à ce moment-là en garde à vue. Ont-ils été incités par les gendarmes à incriminer Willy Bardon ? Tout cela va énormément compter.

Gentil, serviable, grande gueule et un peu frimeur

Car que reste-t-il, au-delà de cette bande, des charges contre Willy Bardon, qui nie farouchement avoir jamais levé la main sur une femme, et encore moins enlevé, violé et tué Elodie Kulik ? Assis aux côtés de ses avocats - il comparaît libre - Willy Bardon, le crâne rasé, les yeux ronds, écoute les débats avec une extrême attention. Il y a sa proximité, son amitié avec Grégory Wiart, dont l’ADN a été trouvé sur la scène de crime.

Il y a sa personnalité, son comportement avec les femmes. Ce qui se dessine, au fil des témoignages, c’est le portrait d’un homme à plusieurs facettes. Un bon père, un ami généreux, serviable, toujours prêt à rendre service. Une grande gueule, un peu frimeur, dépensier, qui aime le 4x4 et les soirées arrosées. Voilà ce que ses proches disent de Willy Bardon. Ceux qui se sont fâchés avec lui et le traitent d’escroc, de magouilleur.

C’est encore plus ambivalent quand on en vient à sa relation avec ses femmes. Sa compagne actuelle, comme son ex-femme, l’ont décrit comme gentil, bon père. En 24 ans de vie commune, il n’a jamais été violent, dit Christelle. Tout de même, lâche-t-elle, "il m’insultait parfois, me traitait de grosse vache, me disait, ton métier, c’est de la merde, tu gagnes pas assez d’argent." Amélie, qui fut sa maîtresse pendant 7 ans avant de devenir sa compagne, raconte qu’elle était frappée par son ancien compagnon. Willy Bardon, l’oncle de ce dernier, était devenu son confident. Il l’avait encouragée à parler, à contacter une association.

“ Je pense qu'il respectait plus son 4x4 que les femmes


La cour s’attarde sur leurs pratiques sexuelles, sur les infidélités de Willy Bardon. "Il m’a jamais menti" le défend sa compagne. Pour elle, c’est un dragueur, certes… mais pas un homme à femmes. Willy Bardon est interrogé sur une aventure de quelques soirs, avec une femme, à l’arrière de son 4x4. "Y avait pas de banquette, c’est pas pratique, mais quand vous avez que ça...", explique-t-il benoîtement.

Et puis, il y a Myriam. Elle a gardé un très mauvais souvenir de sa brève rencontre avec l’accusé. Alors qu’il ne l’avait jamais vue, Willy Bardon l’a entreprise avec des mots si vulgaires qu’elle n’a plus jamais voulu le croiser. "J’avais une jupe, il m’a dit penche toi, je vais te prendre le cul". Au-delà des mots, elle se souvient du ton :

“ "On n’est pas pris pour une femme, mais pardonnez-moi, pour une grosse merde. Même pas un objet, parce que je pense qu’il respectait plus son 4x4".


L’avocat de Willy Bardon, Me Stéphane Daquo, suggère qu’elle exagère :

"- Quand même, vous le qualifiez de pervers…

- Ouais. Vous parlez comme ça aux femmes, vous ?"

Me Daquo en reste coi. Le portrait de Bardon, "dragueur" compulsif et grossier, n’est pas très reluisant. Mais on est loin, très loin des faits qui lui sont reprochés.

Le procès se poursuit jusqu’au 6 décembre, Willy Bardon encourt la réclusion criminelle à perpétuité.



Source : France Inter le 29 novembre 2019


LE PROCES EN DIRECT



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Re: Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

Messagepar marathon » 29 nov. 2019, 19:34

Procès Kulik : la reconnaissance de la voix de Willy Bardon en question

Le début des choses sérieuses aux assises de la Somme qui juge jusqu'au 6 décembre Willy Bardon pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'Elodie Kulik en 2002. Les témoins à qui les gendarmes ont fait écouter l'appel de la jeune banquière ont commencé à être entendus par la cour ce vendredi.

L'appel au secours d'Elodie Kulik a de nouveau été écouté par les jurés de la cour d'assises de la Somme où comparaît Willy Bardon pour l'enlèvement, le viol et le meurtre de la jeune femme en 2002. Trois témoins cités ce vendredi après-midi ont eu droit à une diffusion dans le casque. Un enregistrement que les gendarmes leur avait déjà fait écouter en vue d'une reconnaissance vocale.



Des ressemblances mais ...

René Bardon, le frère de Willy Bardon est le premier interrogé ce vendredi après-midi. Face à la cour, il va réécouter à deux reprises l'appel au secours d'Elodie Kulik et il va répéter ce qu'il a déjà dit aux gendarmes lors de son audition en 2013, juste après l'incarcération de l'accusé. "Il y a bien des intonations qui ressemblent à Willy mais ce n'est pas la voix de mon frère". Interrogé par Me Seban, il admet avoir été troublé par cet appel. "Ça m'a pris au cœur" raconte ce pompier volontaire. Les larmes aux yeux il se justifie : "ce n'est pas parce que j'ai reconnu Willy, c'est pour la jeune femme, ses cris, c'est horrible".


“Willy me l'a juré, les yeux dans les yeux _ René Bardon”

René Bardon l'admet, il s'en est posé des questions. "Des centaines". C'est pour ça qu'après avoir écouté la bande sonore chez les gendarmes, il est allé à la prison, voir Willy Bardon "pour qu'il m'explique". Et ce frère aîné, soutien sans faille de l'accusé dit aujourd'hui n'avoir aucun doute. "Il m'a juré, les yeux dans les yeux, qu'il n'avait rien à voir dans cette affaire"

Six proches reconnaissent Willy Bardon

Tout aussi convaincu : Cyril. Il connait Willy Bardon depuis l'enfance et après trois écoutes chez les gendarmes ( la troisième à sa demande), il en est persuadé, l'une des voix appartient bien à Willy Bardon. Le timbre de la voix et la manière de parler. "Il a une voix que l'on n'oublie pas" assure Cyril qui dit avoir reconnu sa voix "par habitude".


“Je l'ai reconnu, c'est tout _ Cyril”

Cyril balaie les soupçons de pression des gendarmes présents lors de sa garde à vue. "Ils ont juste fait leur travail". Me Bailly pour la défense lui fait ensuite remarquer la qualité du son, médiocre et les propos inaudibles. Mais le témoin n'en démord pas : "Je l'ai reconnu, c'est tout. Sauf si un expert vient me dire que je me suis trompé"

L'ex compagne de Grégory Wiart, Katy Dudebout sera entendue ce samedi matin par les jurés de la cour d'assises de la Somme. Elle aussi a reconnu la voix de Willy Bardon sur l'enregistrement.


Source : France Bleu Picardie le 29 novembre 2019



Le procès en direct

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Re: Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

Messagepar marathon » 30 nov. 2019, 17:30

Meurtre d’Élodie Kulik : les doutes des proches de Willy Bardon

L’enregistrement de l’appel au secours d’Élodie Kulik permet de distinguer des voix en arrière-plan. Si certains sont convaincus d’entendre Willy Bardon, son entourage est plus nuancé.



Il y a ceux qui sont sûrs, ceux qui ont douté, ceux qui ne veulent même pas se prêter au jeu. À qui appartiennent ces voix d'hommes, à peine audibles, derrière les cris épouvantés d'Élodie Kulik lors de son appel aux pompiers, cette nuit du 10 au 11 janvier 2002? La jeune banquière de 24 ans vient de faire un tonneau avec sa voiture sur une route départementale de la Somme et fait alors face à ses bourreaux. Son corps sera retrouvé le lendemain à 6 km de là, partiellement carbonisé.


Il est aujourd'hui acquis que l'un d'eux se nommait Grégory Wiart, un plombier identifié tardivement par son ADN, mais décédé entre-temps. C'est donc seul que son ami Willy Bardon, 45 ans, est jugé depuis le 21 novembre aux assises, à Amiens, pour le meurtre et le viol de la jeune femme, il y a près de dix-huit ans. Aucune preuve matérielle ne le relie à la scène de crime, mais plusieurs membres de son entourage l'avaient alors identifié comme le donneur d'ordre dans cet enregistrement glaçant. Une méprise, selon lui.


Vendredi, ces proches ont commencé à défiler à la barre pour livrer leur intime conviction sur cette bande-son de 26 secondes et ces bribes de phrases, si imperceptibles que même les experts ont échoué à les retranscrire. « C'est son timbre de voix, c'est sa façon de façon de parler », maintient pourtant aujourd'hui Cyril L., qui connaît Bardon depuis l'enfance. À l'écoute de l'enregistrement, lors de sa propre garde à vue en 2013, l'homme n'avait déjà eu aucun doute - « il a une voix particulière, une voix qu'on n'oublie pas », avait-il considéré. Une constance qui étonne, voire agace, du côté de la défense qui sait combien ces témoignages sont capitaux.



« Si j'avais eu un doute, je l'aurais dit, je ne me serais pas permis sinon… » se défend le témoin, placide. « Tous les experts s'accordent à dire que la qualité du son est médiocre, personne n'est d'accord sur qui dit quoi, mais vous, vous reconnaissez sa voix sans vous tromper ? » insiste encore Me Gabriel Dumenil, incisif. « Je l'ai reconnu, c'est tout ! Sauf si un expert vient me dire que je trompe », finit par s'agacer Cyril L.


« Pour moi, il est innocent, c'est quelqu'un de bien »


D'autres n'ont pas toujours été si formels. Frédéric L., fervent soutien de Willy Bardon, rechigne à l'admettre, mais les écoutes téléphoniques montrent à quel point le doute l'a alors traversé. « Il y a un timbre qui ressemble à Willy, mais je peux pas accuser quelqu'un si je ne suis pas sûr […] Je connais ce timbre, mais de là à dire que c'est Bardon je ne peux pas », répète-t-il alors en boucle à son amie, visiblement perturbé après avoir entendu cet enregistrement « atroce ». « Je n'ai pas reconnu sa voix, dit-il aujourd'hui sans ciller. Pour moi, il est innocent, c'est quelqu'un de bien. »








Elle-même a beau être « tombée de très haut », avoir découvert ses nombreux adultères, son goût très cru du sexe et son irrespect des femmes à la faveur de l'enquête, l'ex-épouse de Willy Bardon, elle aussi, le pense incapable d'une telle horreur. « Il n'est pas un méchant à ce point-là, pour moi c'est impossible », dit-elle, arrachant des larmes à l'accusé.


« On n'imagine jamais, madame… vous n'imaginiez pas non plus qu'il avait une liaison depuis sept ans », suggère Me Didier Seban, avocat de la famille Kulik. « On peut se tromper sur l'infidélité, mais pas sur ça. » L'un des juges assesseurs suggère alors à Christelle P. d'écouter, ce qu'elle n'a jamais voulu faire, la bande-son. « J'ai trop peur, s'excuse-t-elle. Les personnes qui l'ont entendue ont été tellement démolies… »


Au père d'Elodie : « Je n'imagine même pas sa souffrance »


Le frère de l'accusé, lui, a fait le chemin inverse. « J'ai moi-même demandé à rencontrer les gendarmes, raconte ce sapeur-pompier volontaire. J'ai écouté plusieurs fois. Mais pour moi, ce n'était pas Willy. Ils insistaient, ils insistaient, j'ai dit que je pouvais pas reconnaître… »


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« À l'époque, vous avez dit ça lui ressemble fortement, il y a des intonations, je ne peux pas le nier », s'énerve l'avocate générale, relisant mot à mot l'intégralité de ses déclarations. « J'ai parlé d'intonations qui ressemblent ! » nuance René Bardon, soudain malmené de toutes parts. « Comprenez-moi, les gendarmes me disent à ce moment-là que mon propre neveu (NDLR : qui a été élevé avec Willy Bardon) le reconnaît, alors oui j'ai eu des doutes, mais au parloir il m'a juré qu'il n'y était pour rien… Qu'on me prouve le contraire ! »


« C'est une femme qui meurt qu'on entend sur cette bande-son… Ne voulez-vous pas la vérité? » lance alors Me Seban, solennel, debout face au témoin. « Mais moi aussi j'ai besoin de savoir, et ne serait-ce pour monsieur Kulik! » embraie-t-il, sincère. Puis, se tournant vers ce père meurtri, qui n'a jamais caché sa conviction que Willy Bardon était impliqué : « À chaque fois qu'on parle de l'affaire, sachez-le, je pense à vous. Ça fait dix-huit ans qu'il attend la vérité, je n'imagine même pas sa souffrance, poursuit René Bardon en regardant Jacky Kulik, des sanglots dans la voix. Mais ce n'est pas pour ça que je dois dire que c'est mon frère… »




Source : Le Parisien le 30 novembre 2019

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Re: Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

Messagepar marathon » 30 nov. 2019, 17:34

Procès de Willy Bardon : le surréaliste témoignage de Katy, ex-compagne de Grégory Wiart

Katy, l'ex-compagne de Grégory Wiart, a été entendue ce samedi 30 novembre aux assises de la Somme.

Depuis le jeudi 21 novembre, Willy Bardon répond des chef d'accusation d'enlèvement et séquestration, viol en réunion et homicide volontaire aggravé sur la personne d'Elodie Kulik. Son procès se tient devant la cour d'assises de la Somme jusqu'au 6 décembre.



"Je vous le jure sur la tête de qui vous voulez, monsieur Kulik, que si je savais quelque chose, je le dirais !" La voix chevrotante, Katy s’est tournée vers le père de la victime. L’ex-compagne de Grégory Wiart, décédé en 2003 et seul suspect confondu par son ADN pour le crime d’Elodie Kulik, cherche le pardon. « Je ne mets pas à votre place, mais je pense souvent à votre fille et à ce qui lui est arrivé, » lui glisse-t-elle à la barre, devant la cour des assises de la Somme, ce 30 novembre.

"Je ne vous crois pas", assène Jacky Kulik, après un léger silence. Puis il demande le micro. "Vous savez des choses, madame, assure-t-il, très calme. Avec la présence de votre ADN sur la scène du crime… Je ne vous crois pas. (…) Vous dites penser à ma fille, mais moi je pense au vôtre, en espérant qu’il ne devienne pas comme son père," à savoir Grégory Wiart, qu’elle ne désigne aujourd’hui que par "l’autre".

Un témoignage teinté de surréalisme
La témoin de la matinée occupe une place particulière dans l’enquête : excepté l’actuel accusé Willy Bardon, elle est la personne que les gendarmes ont le plus convoquée pour être auditionnée. Son ADN a de même été retrouvé sur un préservatif présent sur la scène du crime, anomalie qu’elle justifie par le fait qu’elle craquait avec les dents les emballages de condoms de son compagnon, pour lui faire savoir qu’elle savait qu’il lui était infidèle.

Cette affirmation est malmenée par la cour et le parquet. "Excusez-moi madame, mais n’importe qu’elle personne trouvant un préservatif percé, comme votre conjoint, ne va pas l’emporter pour s’en servir de nouveau mais va plutôt s’en débarrasser aussitôt !" demande un assesseur. Katy ne peut lui répondre que par un "pourtant, c’est ce que j’ai fait."

"Vous ne parlez de cette pratique de percer volontairement ces préservatifs que lorsque les enquêteurs vous confient que votre ADN se trouve sur la scène du crime. (…) Excusez-moi madame, mais on peut imaginer que, lors d’une balade avec votre compagnon, il aurait pu vous amener sur les lieux," tente Mme Sandretto, l'avocate générale. "Jamais. J’étais enceinte de huit mois, c’était impossible," rétorque la mère de l’enfant de Grégory Wiart.

Placée en garde à vue en 2012, Katy a formellement identifié ce dernier et l'accusé sur l’enregistrement de l’appel aux pompiers passé par la victime avant de trouver la mort, le 11 janvier 2002. La mise en détention de Willy Bardon et les enquêteurs ne l’auraient pas influencée : "j’ai reconnu direct l’autre, et aussi l’intonation de Willy Bardon. Il a une manière particulière de parler," assure-t-elle à la défense, alors qu’elle n’a plus côtoyé les deux hommes après 2003.

Les fausses lettres de menaces de mort

Seule personne à décrire Grégory Wiart comme violent, Katy s'est envoyée des lettres de menaces à son propre domicile fin 2002 pour, affirme-t-elle, "alerter les gendarmes sur le fait que "l’autre" me battait."

Sur ces lettres figurent des menaces, écrites en lettres découpées, telles que "tu vas brûler comme les autres". "C'était un appel à l'aide. Comme l'affaire d'Elodie Kulik était médiatisée, je voulais attirer l'attention. J'ai fait ça comme si je mettais à la place d'Elodie Kulik," glisse Katy en baissant les yeux.

"Mais les gendarmes viennent vous voir et vous interrogent ! A aucun moment, vous ne leur faites part de violences congugales ! Et vous continuez à vous envoyer des lettres! (...) Vous ne vous êtes jamais dit que la solution la plus simple était de partir ?" argue la procureure. "Je voulais qu'ils le prennent sur le vif, et j'étais chez moi, c'est lui qui vivait chez moi," répond la témoin.

"Elle ment"
Aujourd'hui, la nature de ces menaces et la personne qu'elles incriminaient, 10 mois seulement après les faits, résonnent étrangement. "Au nom de M. Kulik, je vous demande de dire la vérité !" tonne Me Seban, devant une Katy qui se résout seulement à dire qu'elle ne sait rien.

A sa sortie du tribunal, Jacky Kulik semble déterminé à affronter la dernière semaine du procès. "Quand elle affirme qu'elle ne sait rien, elle ment. Elle ment, elle ment, répète-t-il. On a affaire à un clan, et ce clan va craquer. Vous allez voir lundi. Ca va être aussi important qu'aujourd'hui." L'audience reprendra lundi 2 décembre à 9 heures, avec le témoignage de Christophe, ancien apprenti de Grégory Wiart et régulièrement mis en cause par les témoins entendus jusqu'à présent.



V.P.

Encore six jours d'audience. Six jours pendant lesquels témoins, experts et enquêteurs vont se succéder à la barre de la cour d'assises de la Somme dans le cadre du procès de Willy Bardon.


Source : France Info le 30 novembre 2019





Le procès en direct


https://www.courrier-picard.fr/id52976/ ... lik-amiens

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Re: Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

Messagepar marathon » 02 déc. 2019, 12:12

Procès Kulik : dernière semaine d'audience aux assises de la Somme


Le procès de Willy Bardon devant les assises de la Somme entre dans sa dernière semaine. L'Axonais de 45 ans est jugé depuis le jeudi 21 novembre à Amiens pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'Elodie Kulik en janvier 2002 à Tertry. Le verdict est attendu ce vendredi





Des témoins clés restent à entendre

Le premier d'entre eux, Christophe Mollet est convoqué ce lundi matin à 9h. Christophe dit "kiki" est l'ancien apprenti de Grégory Wiart. Depuis l'ouverture de ce procès, son nom est déjà revenu plusieurs fois. Le soir du meurtre d'Elodie Kulik, il a un alibi, il est interne au CFA de Laon dans l'Aisne. Ce qui ne l'empêche pas de "faire le mur" ont déjà relevé les avocats de la défense.

Son ex compagne, Myriam entendue à deux reprises par la cour a aussi des doutes. Si elle ne le pense pas impliqué, elle le soupçonne en revanche d'avoir des informations sur le meurtre de la jeune banquière de Péronne.

Les derniers témoins à avoir reconnu la voix de Willy Bardon auditionnés

Six proches de Willy Bardon, ceux qui ont reconnu sa voix sur l'appel au secours d'Elodie Kulik sont aussi auditionnés par la cour d'assises de la Somme. Il reste trois témoins à entendre, ils le seront ce lundi après-midi, mardi matin et mercredi matin.

Willy Bardon interrogé ce mercredi après-midi

Autre temps fort de cette dernière semaine, le témoignage mardi après-midi de Jacky Kulik en quête de vérité depuis 17 ans. Après lui, l'accusé aura la parole. Son interrogatoire est prévu mercredi après-midi avant les réquisitions de l'avocate générale et les plaidoiries des avocats programmés jeudi.

Le verdict lui sera rendu vendredi après certainement un long délibéré. Willy Bardon encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


Source : France Bleu Picardie le 2 décembre 2019

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Re: Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

Messagepar marathon » 02 déc. 2019, 12:17

Affaire Élodie Kulik : suivez le 9e jour du procès de Willy Bardon



Depuis 9 jours, un homme comparaît devant les assises d’Amiens. Il est poursuivi pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’Elodie Kulik, le 11 janvier 2002 près de Péronne.



Les audiences de la semaine dernière ont été éprouvantes. En particulier celle du mercredi 27 novembre au cours de laquelle l’enregistrement de l’appel aux secours d’Élodie Kulik a été diffusé.

La bande sonore de 26 secondes a saisi d’effroi la cour d’assises de la Somme, sans permettre de véritable progrès dans la détermination de l’éventuelle responsabilité de Willy Bardon, seul sur le banc des accusés.



Durant cet enregistrement, on entend les cris de la victime, et les « allo » répétés de l’opératrice des pompiers. Durant sept secondes, dont moins de trois sont exploitables, « au moins » deux voix d’hommes, selon les experts, sont audibles, bien qu’assez lointaines.

Diffusé deux fois dans la salle d’audience, l’enregistrement a plongé dans un silence total la cour comme le public, la partie civile comme la défense. Les jurés l’ont ensuite écouté à plusieurs reprises tout au long de la journée, à l’aide de casques audio.






9e jour du procès Bardon

https://www.courrier-picard.fr/id53360/ ... ces-bardon

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Re: Affaire Kulik. Une lettre anonyme pourrait relancer l’enquête

Messagepar marathon » 03 déc. 2019, 18:53

Affaire Elodie Kulik : « Une poule sur un tas de fumier »... Willy Bardon affiche sereinement sa misogynie à la barre

Deux anciens amis de Willy Bardon sont venus raconter à la barre, ce lundi, à quel point il ne respectait pas les femmes mais ils ne l’ont pas mis en difficulté



•Elodie Kulik, 24 ans, a été violée et tuée en janvier 2002. Son corps a été retrouvé en partie carbonisé dans un terrain de Tertry (Somme).
•Willy Bardon, 45 ans, est jugé depuis le 21 novembre devant la cour d’assises, à Amiens. Il encourt la réclusion à perpétuité.
•Les témoins décrivent un homme très cru avec les femmes mais il n’y a pas le début d’une preuve de son implication.

A la cour d’assises de la Somme, à Amiens,

Pas un jour de plus… Le procès de Willy Bardon doit durer jusqu’à vendredi. Aussi quand Anne-Laure Sandretto, l’avocate générale, balance à l’un des témoins qu’elle ne va pas « y passer 107 ans », il s’agit autant d’une façon de le secouer que de lui rappeler l’urgence du calendrier. La tentative, ce lundi matin, était louable. Mais elle n’a pas permis à la cour d’assises de la Somme d’en savoir davantage sur le viol en réunion et le meurtre d’Elodie Kulik pour lequel Willy Bardon comparaît depuis le 21 novembre à Amiens.

Assis à côté de ses trois avocats sur une espèce de fauteuil de bureau à roulettes, cet homme de 45 ans a passé une partie de la journée à se balancer de droite à gauche. Comme s’il était extrêmement serein. On a beau être « devant une cour d’assises en train d’examiner un meurtre particulièrement sordide » comme l’a rappelé l’avocate générale, il n’y a en effet toujours pas le début d’une preuve.

Des doutes, oui. Comme ceux de Christophe M. Proche de l’accusé au début des années 2000, ce témoin est venu dire à la barre qu’il ne « le laisserait pas tout seul avec [sa] femme… » Parce que Willy Bardon n’a « aucun respect pour les gonzesses » et qu’il « saute sur tout ce qui bouge » pour se « vider les couilles ». Ça fait sans doute de lui « un gros dégueulasse » comme il a été décrit au début du procès mais pas vraiment un coupable.

La bande-son de 26 secondes toujours au centre des débats

La cour d’assises s’en remet donc au seul élément tangible de l’enquête. Cet enregistrement de 26 secondes de l’appel passé par Elodie Kulik aux pompiers le soir des faits. On y entend la jeune femme hurler. Et au fond, deux voix d’hommes non identifiées… Comme la semaine passée, elles ont encore résonné dans les oreilles des jurés et des témoins équipés d’un casque pour l’occasion.

Christophe M. ne s’est pas fait prier pour le placer sur ses oreilles. Catégorique, il a rapidement expliqué qu’il reconnaissait une voix. Mais qu’il est incapable de dire à qui elle correspond exactement. Il a fallu attendre que Ludovic C. prenne sa succession à la barre pour en savoir plus.

« Je ne dis pas que Willy Bardon est complice [des faits]. Je dis juste que j’ai identifié sa voix sur cette bande », est-il venu asséner comme il l’avait fait face aux gendarmes en 2013. Et le public qui, chaque jour, fait la queue pour avoir une place dans le prétoire s’est remis à espérer de connaître enfin la vérité. D’autant que Ludovic C. a des choses à raconter sur son ancien copain avec qui il faisait du 4x4.



La pompe à essence menacée de viol et de mort…

Relancé, le témoin raconte ainsi la fois où il a accompagné Willy Bardon à la pompe à essence. Ce jour-là, l’automate défaillant a avalé la carte bancaire de l’accusé. Et de dévoiler sa réaction : « Rends-la moi salope ! Je vais te violer, te tuer et te brûler ! » Soit exactement le triste sort qui a été réservé à Elodie Kulik. Willy Bardon ne s’est même pas levé de sa chaise à roulettes pour se défendre. « Ce sont des conneries ! Des bêtises qu’on dit entre mecs ! Un peu comme quand on parle d’une poule sur un tas de fumier… », a-t-il lâché parlant évidemment d’une femme et non pas d’un gallinacé…

Si Willy Bardon est aussi franc, c’est sans doute parce qu’il sait qu’il peut compter sur ses trois avocats. Ceux-ci n’ont pas mis longtemps pour démonter le témoignage à charge qui venait d’être produit à la barre. Rappelant que Ludovic C. avait été lui-même soupçonné des faits, ils lui ont demandé si ce n’était pas les gendarmes qui lui avaient « soufflé » le nom de Willy Bardon ?

« Oui, ils m’ont fait comprendre… avoue-t-il finalement. J’étais accusé. Je me suis défendu comme j’ai pu. J’ai eu peur de me retrouver en prison pour quelque chose que je n’ai pas commis... » Willy Bardon a alors refait un léger mouvement de droite à gauche sur son fauteuil à roulettes. Il sait que le procès ne durera pas « 107 ans » mais doit s’achever vendredi. Et que la loi prévoit que le doute profite à l’accusé.


Source : 20 Minutes le 2 décembre 2019



Le procès en direct

https://www.courrier-picard.fr/id53597/ ... don-direct


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