Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

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Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 14 juin 2017, 16:33

Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Coup de théâtre. 32 ans après l’assassinat du petit Grégory, des interpellations ont eu lieu ce matin dans les Vosges..
Le 16 octobre 1984 Le corps du petit Grégory avait été découvert dans la vologne. (Photo d'archives ER


Vertigineux. C’est l’adjectif qui vient immédiatement à l’esprit. Une affaire que l’on croyait appartenir au passé revient brutalement à la une de l’actualité ce mercredi.

Vers 8 heures, les gendarmes de la SR de Dijon ont débarqué dans la vallée de la Vologne, là où il y a un peu plus de 32 ans le petit Grégory Villemin, 4 ans, avait été assassiné. Ils se sont rendus dans un petit village du secteur de Bruyères. Ils ont interpellé et placé en garde à vue un couple de septuagénaires.

Un couple dont le nom figure depuis belle lurette dans ce dossier hors-norme et qui a été conduit à la brigade de Bruyères. Les militaires leur ont signifié leurs droits, leur ont indiqué pourquoi ils étaient momentanément privés de liberté. Les qualifications pour lesquelles ils ont été placés en garde à vue sont les suivantes : complicité d’assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d’empêcher un crime. Un véritable séisme.


Cela signifie que l’affaire Grégory, la plus grande énigme criminelle de l’histoire judiciaire française, est bel et bien relancée. Bernard Laroche, un membre de la famille de l’enfant retrouvé mort dans la Vologne le 16 octobre 1984, a fait figure de premier suspect. Il a été mis en examen, écroué avant d’être remis en liberté en février 1985. Il a été abattu un mois plus tard par Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. C’est ensuite Christine, la mère, qui a été soupçonnée d’avoir tué son propre fils. Elle a finalement été blanchie « pour absence totale de charges » le 3 février 1993.

Le dossier a été ensuite rouvert une première fois en 2000 suite à la demande de Me Thierry Moser, l’avocat des parents, qui s’est toujours bagarré pour repousser les délais de prescription de cette incroyable affaire. Réalisé avec de nouvelles techniques d’extraction de l’ADN, l’examen du timbre figurant sur une lettre anonyme datée du 27 avril 1983 et adressée aux grands-parents de l’enfant n’a rien donné.

En 2008, le conseil de Christine et Jean-Marie a obtenu une deuxième réouverture. De nouvelles analyses ADN ont été effectuées mais, jusqu’il y a peu, trois ADN identifiables, découverts sur d’autres courriers, n’avaient pas trouvé preneur.

Le dossier semblait donc végéter et glisser doucement dans l’oubli. Jusqu’à ce mercredi matin où il a pris un nouvel élan. La justice a-t-elle découvert à qui appartenaient les empreintes génétiques jusqu’ici mystérieuses ? La question reste ouverte. Pour l’instant, le couple de suspects n’a toujours pas été interrogé. Il a été transféré en fin de matinée vers Dijon où les séances de questions-réponses commenceront cet après-midi. Au terme de la garde à vue, qui pourrait se terminer ce soir ou demain, une mise en examen pourrait intervenir.

Le couple pourrait ne pas être seul à faire face au juge d’instruction de Dijon en charge du dossier. Car une troisième arrestation, voire une quatrième, auraient également eu lieu ce matin.



La chronologie complète de l'affaire



La découverte du corps, 16 octobre 1984.
Vers 21 h 15, les pompiers de Docelles découvrent le corps de Grégory Villemin, 4 ans, flottant pieds et poings liés dans la Vologne, à 6 km du domicile familial de Lépanges-sur-Vologne. Son oncle a reçu quelques heures plus tôt (17 h 32) un appel téléphonique revendiquant l'assassinat. Les parents de Grégory reconnaissent immédiatement la voix du corbeau qui les harcèle depuis plusieurs mois.

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Première lettre anonyme, 17 octobre 1984. Une lettre anonyme adressée à Jean-Marie revendique le crime : « J'espère que tu mourras de chagrin, le chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con. » La lettre a été postée à Lépanges-sur-Vologne, le jour du meurtre, avant la levée de 17 h 15 (d'après l'oblitération). Ce corbeau harcelait le couple Villemin depuis trois ans.

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L’épreuve des dictées,18 octobre 1984.
Début de l’épreuve des « dictées » : pendant plusieurs jours, quelque 140 membres ou proches de la famille Villemin vont se livrer à des pages d’écriture (notamment en recopiant le dernier message du corbeau) sous le contrôle des gendarmes.

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L’enterrement 20 octobre 1984.
Obsèques de Grégory à l’église puis au cimetière de Lépanges. La mère hurle : « Grégory chéri, reviens ! Non, je ne veux pas ! Pourquoi t’ont-ils fait ça ? » De nombreux journalistes et curieux assistent à la cérémonie.

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Le portrait-robot 22 octobre 1984.
Les enquêteurs diffusent le portrait-robot d’un homme soi-disant aperçu rôdant le soir du crime autour de la poste de Lépanges : 40 ans, 1,80m, forte corpulence, lunettes, cheveux châtains mi-longs.

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Partie civile 24 octobre 1984.
Jean-Marie et Christine Villemin se constituent partie civile ce qui leur permettra d’avoir désormais accès au dossier. Ils prennent pour avocat Me Garaud de « Légitime défense ».

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Première reconstitution 25 octobre 1984.
Les gendarmes de Bruyères procèdent à une reconstitution avec un mannequin. Après plusieurs essais, ils concluent que l’enfant n’a pas été jeté à l’eau entre Deycimont et Docelles, là où des traces de pneus et de talon de femme avaient été relevées le lendemain du crime mais en plein centre du village, tout près de l’endroit où il a été trouvé.

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2e portrait-robot 26 octobre 1984.
Un homme se présente spontanément à la gendarmerie de Bruyères : c’est lui que le portrait-robot désigne, à tort. Il n’a aucune peine à se disculper. Un second portrait –robot basé sur le témoignage d’un cafetier de Docelles, est aussitôt diffusé.

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Expert et graphologue 30 octobre 1984.
Réunion à la gendarmerie de Nancy entre les principaux responsable de l’enquête, l’expert en écritures qui a commencé d’analyser les dictées et une graphologue parisienne dont c’est la première apparition dans l’affaire. L’expert déclare que ses premiers travaux lui donnent à penser que le corbeau pourrait être Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie, mais demande davantage de temps pour rendre ses conclusions définitives.

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Bernard Laroche arrêté et inculpé 31 octobre 1984.
Les gendarmes passent outre cette recommandation et interpellent sans plus attendre Bernard Laroche à son domicile d’Aumontzey et Marie-Ange à son usine de Gérardmer. Le couple est relâché le lendemain après-midi car tous deux ont pu fournir un alibi pour l’heure du crime.

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Murielle Bolle craque 2 novembre 1984.
Murielle, jeune sœur de Marie-Ange qui a témoigné que son beau-frère était chez sa tante Louisette (handicapée mentale) passe 36 heures en garde à vue. Après avoir confirmé son premier témoignage, la très jeune fille (15 ans et demi) craque : « J’ai menti ».

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Bernard Laroche inculpé 5 novembre 1984.
Le juge d’instruction Jean-Michel Lambert inculpe Bernard Laroche. Il est aussitôt écroué à la prison Charles-III de Nancy où les autres détenus le menacent : « À mort, Laroche à la Vologne ». Le lendemain, Murielle se rétracte, innocentant Laroche.

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Avocats de la CGT 6 novembre 1984. À la demande de la direction de l’usine Ancel-Set où travaille Bernard Laroche, maitres Gérard Welzer et Paul Prompt, avocats de la CGT à Épinal et Paris, prennent en main la défense de l’inculpé.

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Confrontation 9 novembre 1984.
Bernard Laroche est confronté dans le bureau du juge Lambert avec Murielle qui confirme sa rétractation. Ses avocats demandent aussitôt sa mise en liberté provisoire. Elle sera refusée pour trois raisons : possible arrestation prochaine des coauteurs du crime, nécessité d’attendre les conclusions des experts, sécurité de l’inculpé lui-même.

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Devant la poste 22 novembre 1984.
Christine Villemin est confrontée dans le bureau du juge Lambert avec quatre collègues de travail qui affirment l’avoir vue le 16 octobre en quittant l’usine un peu avant 17 h, se diriger vers la poste de Lépanges, s’arrêter devant et y déposer une ou plusieurs lettres. La mère de Grégory maintient qu’elles se trompent et l’ont vue, en fait, la veille.

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Remis en liberté 4 février 1985.
Le juge, contre l'avis du ministère public, libère Bernard Laroche, qui reprend son travail. Mais il reste inculpé d’assassinat. Ce jour-là, devant les journalistes, Jean-Marie Villemin annonce son intention de le tuer à la sortie de son travail. Marie-Ange Laroche demande alors, pour son mari, la protection de la gendarmerie qui la lui refuse (mais la gendarmerie n'était plus chargée du dossier à ce moment-là).

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Police judiciaire 18 février 1985.
Le juge Lambert saisit la police judiciaire de Nancy et reçoit longuement dans son bureau MM. Pierre Richard, sous-directeur du bureau des affaires criminelles à la PJ qui prend personnellement l’affaire en main et Gérard Andrieu, directeur du SRPJ de Nancy.

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Le meurtre de Bernard Laroche 29 mars 1985.
Jean-Marie Villemin, ne croit pas en l’innocence de son cousin. Il décide de se faire justice lui-même et abat d’un coup de fusil Laroche. Il se constitue prisonnier. Le lendemain, il est inculpé d’assassinat et écroué. Marie-Ange Laroche obtiendra par la suite la condamnation de l'État pour ne pas avoir empêché la mort annoncée de son mari.

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Obsèques de Laroche 2 avril 1985.
Obsèques sans incident de Bernard Laroche à l’église puis au cimetière de Jussarupt. On apprend que le juge Lambert avait l’intention de rendre prochainement une ordonnance de non-lieu définitif à son égard.

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Saverne 28 mai 1985, Jean-Marie Villemin est transféré à la prison de Saverne. Raison officielle : le rapprocher de Petitmont où Christine s’est réfugiée début avril chez sa grand-mère.

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Mutation 13 juin 1985. Le capitaine Sesmat est muté "sur sa demande" à Berlin.

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Reconstitution à Aumontzey 20 juin 1985.
Reconstitution du meurtre de Bernard Laroche devant son pavillon d’Aumontzey. Malgré un impressionnant service d’ordre, la crainte d’une nouvelle vengeance est si forte que Jean-Marie Villemin porte un gilet barre-balles.

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Christine Villemin soupçonnée 5 juillet 1985.
Le juge Lambert inculpe Christine Villemin d'assassinat et la place sous mandat de dépôt. Les éléments à charge sont une nouvelle étude graphologique la désignant comme le corbeau, ainsi que des cordelettes identiques à celles ayant ficelé Grégory retrouvées dans la cave du domicile familial. Des collègues de travail affirment l’avoir vue au bureau de poste de Lépanges précisément le jour et l’heure auxquels le corbeau a posté la lettre.

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Libérée 16 juillet 1985.
Bien qu’enceinte de 6 mois Christine Villemin a entamé depuis la prison de Metz-Queuleu une grève de la fin. Son mari (il a été transféré de Saverne à Nancy) a également arrêté de s’alimenter. Finalement, la chambre d'accusation de Nancy, relevant l'insuffisance des motifs de mise en détention provisoire, la libère. Mais elle confirme dans le même temps l'ordonnance de mise en accusation qui sera annulée ensuite par la Cour de Cassation. Son cas divise radicalement les acteurs de l'affaire, entre ceux qui sont persuadés de son innocence et ceux qui la considèrent coupable.

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Duras « se libère » 17 juillet 1985.
Marguerite Duras publie une tribune « Sublime, forcément sublime Christine V. » dans le journal Libération. Elle pointe la culpabilité criminelle de Christine Villemin. L'article est précédé d'un avertissement, « La transgression de l'écriture », rédigé par Serge July qui rappelle la liberté inhérente à l'écriture de l'artiste.

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Naissance de Julien Villemin 30 septembre 1985.
Christine Villemin accouche à 22 h 10 d’un petit Julien, Jean-Marie, Gilbert à la maternité de Lunéville.

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Confrontation et reconstitution 22 octobre 1985. Nouvelle et interminable confrontation générale (près de 9 h) dans le bureau du juge Lambert. Huit jours plus tard, une reconstitution aux hauts de Lépanges est organisée. Jean-Marie et Christine sont laissés seuls pendant plus d’une heure dans leur ancienne maison puis ressortent main dans la main.

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Les Villemin aux Assises 9 décembre 1986.
La cour d’appel de Nancy renvoie Christine Villemin devant la cour d’Assises pour le meurtre de Grégory. Déjà le 22 juillet 1986, Jean-Marie Villemin avait été renvoyé aux assises mais cette fois-ci pour le meurtre de Bernard Laroche.

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Police scientifique 23 février 1987.
À la suite des insuffisances de l'investigation criminelle de la gendarmerie lors de cette affaire, les pouvoirs publics décident la création de la Section technique d'investigation criminelle (STIC), futur Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.

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Dijon reprend l’enquête 17 mars 1987. Cassation de l'arrêt de renvoi de Christine Villemin. La cour d'appel de Dijon reprend l'enquête. Elle ordonne un supplément d'information, successivement mené par le président Simon jusqu'en 1990, puis par son successeur le président Martin.

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Reconstitution 17 novembre 1987. Une reconstitution est réalisée pour tenter de déterminer l'endroit exact où l'enfant a été jeté dans la Vologne. Elle soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.

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Jean-Marie Villemin libéré 24 décembre 1987. Jean-Marie Villemin est libéré. Placé sous contrôle judiciaire, il est assigné à résidence dans l'Essonne.

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Non-lieu pour Christine Villemin 3 février 1993. La cour d’appel de Dijon prononce un non-lieu en faveur de Christine Villemin pour « absence totale de charges », une première en droit pénal. Habituellement un non-lieu est rendu pour absence suffisante de preuves ou d'éléments de preuve, le non-lieu rendu apparaît donc comme une véritable réhabilitation. La cour révèle également que des charges « très sérieuses » pèsent toujours sur Bernard Laroche.

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Jean-Marie condamné à 5 ans 16 décembre 1993. Jean-Marie est condamné à 5 ans d'emprisonnement par la cour d’assises de Dijon, dont un avec sursis. Comme il a purgé une partie de sa peine pendant sa détention préventive, il est relâché peu de temps après l’annonce du verdict.

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L’ADN du timbre inexploitable 14 juin 2000. À la demande des parents de Grégory, l'enquête est rouverte et l'espoir est relancé par l'analyse de l’ADN présent sur un demi-timbre qui aurait pu conserver la salive du « corbeau ». Mais les analyses ne donnent rien, les experts déclarant à l'époque l'ADN inexploitable. La procédure est clôturée par un arrêt de non-lieu, le 11 avril 2001.

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L’État condamné Mai 2002. La cour d’appel de Versailles condamne l'État à verser 63.000 euros à Marie-Ange Laroche et Murielle Bolle en réparation d'une « inaptitude à remplir sa mission » et souligne un « manque total dans la maîtrise et dans la conduite de l'enquête et de l'instruction ». Ces critiques s'étendent au supplément d'instruction mené à partir de 1987. Le tribunal des conflits saisi par les deux, avait rendu un arrêt le 19 octobre 1998. La veuve pouvait alors demander une réparation à l'État du fait de l'absence de protection de Bernard Laroche.

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70 000 euros pour les Villemin 30 juin 2004. L'État est condamné à verser 35.000 euros à chacun des parents de Grégory pour dysfonctionnement de la justice.

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Les soupçons du colonel Sesmat Septembre 2006. Le colonel de gendarmerie Sesmat, qui a dirigé l'enquête, laisse entendre, dans son livre « Les deux affaires Grégory », que de lourds soupçons pèsent sur Laroche.

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Demande rejetée 25 octobre 2006. Demande de réouverture de l'enquête par Murielle Bolle ; elle sera rejetée le 9 janvier 2007.

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Six épisodes à la télé 28-30 octobre 2006 : France 3 diffuse les six épisodes du film « L'affaire Villemin » (réalisés par Raoul Peck), qui retrace l'assassinat jamais élucidé du petit Grégory, et dont la programmation avait été retardée en raison de plaintes en justice.

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Diffamation ? 26 janvier 2007. Les avocats de Marie-Ange Laroche et ceux de Murielle Bolle assignent pour diffamation, Patrick de Carolis et la chaîne France 3, devant le tribunal de grande instance de Nanterre. Jean-Marie Villemin ne sera pas réhabilité 26 juin 2007.

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26 juin 2007. Le parquet général indique ne pas s'opposer à la réhabilitation demandée par Jean-Marie Villemin en vue d'effacer sa condamnation prononcée en 1993 pour le meurtre de Bernard Laroche qu'il tenait pour l'assassin de son fils Grégory, le 16 octobre 1984. Cependant le 3 juillet, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris rejette la demande de réhabilitation.

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Philippe Besson condamné 19 septembre 2007 : L'écrivain Philippe Besson et les éditions Grasset, qui en 2006 ont publié un roman intitulé "L'Enfant d'octobre" inspiré de l'affaire Grégory, sont condamnés à payer de lourdes amendes à Christine et Jean-Marie Villemin.

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Déboutées 30 janvier 2008 : le tribunal de Nanterre examine la plainte pour diffamation déposée par la veuve et la belle-sœur de Bernard Laroche contre la chaîne France 3. Le 27 mars, elles seront déboutées de leur action.

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Réouverture de l’enquête 9 juillet 2008 : Saisi par les époux Villemin, le procureur général de la cour d’appel de Dijon demande la réouverture de l'instruction, pour une nouvelle recherche d'ADN. Le 3 décembre suivant, la cour d'appel de Dijon ordonne la réouverture de l'enquête.

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Des traces ADN 22 octobre 2009 : L'expertise, réalisée par le laboratoire lyonnais Biomnis (ex-Mérieux), a révélé la présence de deux profils distincts, un masculin et un féminin, sur timbre et une lettre du corbeau. Finalement les analyses ADN faites sur la lettre du corbeau envoyée aux Villemin ne donnent rien. En effet, les traces identifiées ne correspondent à aucun des 150 protagonistes de l'affaire. En 2010-2011, six nouvelles analyses sont ordonnées mais une fois encore, la justice fait chou blanc.

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Les scellés ne donnent rien 5 mai 2010 : le parquet général de Dijon annonce que les analyses ADN réalisées sur les scellés ne mènent à aucune piste, confirmant une information de L'Est républicain.

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Recherches tous azimuts 20 octobre 2010 : Jean-Marie Beney, le procureur général de la cour d’appel de Dijon ordonne que la justice rouvre l’enquête pour « l’analyse du cheveu retrouvé sur le pantalon du petit Grégory, « l’analyse du cœur des cordelettes » ayant servi à l’attacher, procède à « la comparaison des enregistrements des voix du corbeau et les voix des différents protagonistes de l'affaire », « à la recherche des traces digitales sur les parties collantes des enveloppes » et « à la recherche des traces de foulage sur la lettre de revendication du crime »

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Pas d’ADN ou si peu 16 janvier 2012. Le procureur général, Jean-Marie Beney annonce qu'« il n'a pas été possible d'extraire d'ADN du nœud des cordelettes ». Le cheveu a, quant à lui, révélé un ADN mitochondrial qui n'a pu être mis en relation avec personne Marie-Ange Laroche condamnée pour diffamation 31 janvier 2012. Marie-Ange Laroche, la veuve de Bernard Laroche, un temps suspecté de l'assassinat du petit Grégory Villemin, a été condamnée à 1 000 euros d'amende avec sursis pour avoir diffamé Étienne Sesmat, premier enquêteur sur l'affaire. La voix du corbeau analysée 1er septembre 2012. Maître Thierry Moser, avocat des époux Villemin, déclare à la presse que l'expertise de la voix du corbeau, conservée sur des cassettes audio aujourd'hui numérisées, sera désormais possible : « Les gendarmes de l'IRCGN, après consultation des techniciens, ont répondu que l'expertise peut être tentée malgré les difficultés de faisabilité ». La nouvelle enquête consistant à comparer la voix du corbeau avec les enregistrements réalisés par des journalistes lors de reportages.

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1er septembre 2012 La voix du corbeau analysée. Me Thierry Moser, avocat des époux Villemin, déclare à la presse que l'expertise de la voix du corbeau, conservée sur des cassettes audio aujourd'hui numérisées, sera désormais possible : "Les gendarmes de l'IRCGN, après consultation des techniciens, ont répondu que l'expertise peut être tentée malgré les difficultés de faisabilité. La nouvelle enquête consistant à comparer la voix du corbeau avec les enregistrements réalisés par des journalistes lors de reportage.

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Nouvelles recherches ADN 26 septembre 2012. A la demande des parents de Grégory, la cour d’appel de Dijon autorise deux nouvelles recherches d’ADN sur les vêtements, les chaussures et les cordelettes. Plus d’espoir d’un point de vue scientifique 24 avril 2013. Le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, annonce que les nouvelles expertises ADN menées sur les vêtements et les cordelettes de Grégory Villemin ne permettent d’identifier l’ADN d'aucun des protagonistes de l’affaire, de même l’analyse des enregistrements audio, si elle révèle bien les voix d’un homme et d’une femme ne permet pas non plus d’identifier une personne précise, le procureur ajoute qu'il y a « toujours un espoir dans la mesure où le dossier n'est pas fermé. Mais, d'un point de vue scientifique, l'espoir s'éloigne ».

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24 avril 2013. D'un point de vue scientifique, l'espoir s'éloigne. Le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, annonce que les nouvelles expertises ADN menées sur les vêtements et les cordelettes de Grégory ne permettent d'identifier l'ADN d'aucun des protagonistes de l'affaire, de même l'analyse des enregistrements audio, si elle révèle bien les voix d'un homme et d'une femme ne permet pas non plus d'identifier une personne précise. Le procureur ajoute qu'il y a "toujours un espoir dans la mesure où le dossier n'est pas fermé. Mais d'un point de vue scientifique, l'espoir s'éloigne".

Il n'est "pas possible de mettre un nom" sur les profils ADN relevés dans l'affaire du petit Grégory, conclut le procureur général de Dijon. " Il n'y a pas d'identification possible", compte tenu de la difficulté d'exploitation des résultats, jugés "extrêmement minces".

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24 avril 2014. Il n'est « pas possible de mettre un nom » sur les profils ADN relevés dans l'affaire du petit Grégory, conclut le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney. « Il n'y a pas d'identification possible », compte tenu de la difficulté d'exploitation des résultats, jugés « extrêmement minces ». L'avocat de la famille Laroche y voit tout de même la "confirmation de l'innocence" de Bernard Laroche et dénonce "un gâchis judiciaire".

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3 septembre 2014. « L’assassinat de Bernard Laroche, c’est le temps fort de mon existence, l’un des moments les plus tragiques de ma vie », confie le magistrat dans un long entretien accordé à « L’Est Républicain » à l’occasion de la sortie de son livre sur la justice qui fait grand bruit : « « De combien d’injustices suis-je coupable ? ».


Source : L'Est Républicain le 14 juin 2017


marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 15 juin 2017, 18:04

Affaire Grégory : « Plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime »

« Quelques jours avant le passage à l’acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme (…) quelquefois accompagné d’une femme », a révélé le procureur général de Dijon.

Jean-Jacques Bosc, procureur général de Dijon, a fait le point sur les derniers éléments de l’enquête, jeudi lors d’une conférence de presse.
Jean-Jacques Bosc, procureur général de Dijon, a fait le point sur les derniers éléments de l’enquête, jeudi lors d’une conférence de presse.

L’enquête sur la mort du petit Grégory en 1984, dans le cadre de laquelle trois membres de la famille Villemin sont en garde à vue, montre que « plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime », a annoncé jeudi 15 juin Jean-Jacques Bosc, procureur général de Dijon lors d’une conférence de presse.

« Quelques jours avant le passage à l’acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme portant une moustache et quelquefois accompagné d’une femme », a précisé Jean-Jacques Bosc, ajoutant que l’enquête s’oriente vers la vérification des emplois du temps des suspects dans le cadre de leur garde à vue.

Les trois gardés à vue sont le grand-oncle et la grand-tante du père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, ainsi qu’une belle-sœur de ce dernier. Ils ont tous les trois invoqué leur droit au silence, a précisé M. Bosc. Les grands-parents Villemin ont également été entendus en auditions libres.

Une lettre de menaces « confondante » pour la grand-tante

Par ailleurs, le procureur général a précisé que le juge Simon – qui a succédé au juge Lambert et a repris l’enquête du début – avait reçu de nombreuses menaces de mort, dont une lettre de menaces en 1989.

De nouvelles expertises en écriture ont été réalisées plus tard sur ces lettres. Or, les conclusions d’une expertise sur une lettre de 1983 sont « confondantes » pour Jacqueline Jacob – la grand-tante de Grégory Villemin –, actuellement en garde à vue.

« La lettre de revendication postée le jour du meurtre n’a, en revanche, pas permis à ce stade d’en déterminer l’auteur », a poursuivi le procureur général, expliquant toutefois que le courrier anonyme de 1983 et cette lettre de revendication du meurtre ont des points communs : « des mots reviennent, notamment celui du “chef” », surnom de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory.

Pour Jean-Jacques Bosc, « les résultats qui ont été donnés sont intéressants et sont de nature à faire progresser sur le chemin de la vérité. »

Plus tôt dans la journée, Jean-Marie Villemin a été reçu par le juge d’instruction chargé de l’enquête sur la mort du petit garçon en octobre 1984 « pour aborder avec lui le dossier », ont fait savoir plusieurs sources proches du dossier.

La mère de Grégory un temps soupçonnée

Le corps sans vie de Grégory Villemin, 4 ans, avait été retrouvé au soir du 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides d’une rivière, la Vologne. Cette découverte avait marqué le début de l’affaire Grégory, qui reste l’une des grandes affaires criminelles non résolues du XXe siècle.

Bernard Laroche, un cousin de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, avait d’abord été soupçonné : inculpé pour assassinat, un temps incarcéré, il avait été remis en liberté le 4 février 1985. Convaincu de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l’abat d’un coup de fusil de chasse. M. Villemin sera condamné pour ce meurtre à quatre ans de prison en 1993.

En juillet 1985, le juge Jean-Michel Lambert opère un spectaculaire revirement : il porte ses soupçons vers la mère du garçonnet, Christine Villemin, qui sera totalement innocentée en 1993 au terme d’un non-lieu retentissant pour « absence totale de charges », formule inédite aux accents d’excuses et d’aveux d’erreur judiciaire.

De nouvelles traces ADN découvertes en 2013

L’affaire a été rouverte en 1999, puis en 2008, pour tenter de confondre d’hypothétiques traces d’ADN sur les scellés. En 2013, la mise au jour de nouvelles traces d’ADN sur les cordelettes ayant servi à entraver le corps de l’enfant avait relancé l’affaire.

Mais le procureur général de la cour d’appel de Dijon, Jean-Marie Beney, avait ensuite annoncé que les analyses effectuées ne permettaient pas de mettre un nom sur les profils des ADN relevés. Il y a « toujours un espoir, dans la mesure où le dossier n’est pas fermé. Mais, d’un point de vue scientifique, l’espoir s’éloigne », avait-il alors déclaré.

Sources :Le Monde avec AFP le 15 juin 2017


Un article du point

http://www.lepoint.fr/faits-divers/affa ... 7_2627.php

marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 16 juin 2017, 08:22

Affaire Villemin: le mystérieux corbeau enfin identifié?


Incroyable rebondissement hier dans l'affaire Gregory Villemin, du nom de ce petit garçon de 4 ans retrouvé noyé, pieds et poings liés, dans les eaux de la Vologne le 16 octobre 1984. Près de 33 ans après les faits, trois membres de sa famille ont été arrêtés et auditionnés. Marcel Jacob, le grand-oncle de Gregory, déjà soupçonné à l'époque des faits, pourrait être le mystérieux corbeau, selon les enquêteurs.


Image
La fameuse lettre du 16 octobre 1984 © Dr..


Ses grands-parents paternels, Monique Jacob, 83 ans et malade, et Albert Villemin, ont également été entendus en audition libre par les enquêteurs de la section de recherche de Dijon.

Qui sont les trois suspects?
Les trois personnes interpellées appartiennent à la famille Villemin. Il y a d'abord Marcel Jacob, le "grand-oncle" du petit garçon et frère de Monique Jacob, la grand-mère de Gregory qui été entendue librement comme expliqué précédemment. Et puis il y a l'épouse de Marcel Jacob, Jacqueline. Enfin, Ginette Villemin (née Leconte), la belle-sœur de Jean-Marie Villemin, le père de Gregory. Ginette est la veuve de Michel Villemin, le frère de Jean-Marie.

Apparemment, ce sont entre autres les nouvelles analyses scientifiques qui auraient permis cette avancée majeure dans l'enquête. "Devant l'absence de concordance de traces ADN, d'autres axes d'enquête ont été explorés", a déclaré hier le procureur général de Dijon. "Outre les 400 personnes prélevées, une centaine de témoins ont été interrogés, certains pour la première fois. Près de 2.000 courriers anonymes, reçus par les protagonistes de l'affaire, mais aussi par les magistrats, ont été analysés en détail".

Marcel Jacob est-il le fameux corbeau?
Par l'audition de ces témoins, les enquêteurs espèrent percer l'une des plus grandes énigmes judiciaires de l'Après-guerre. D'après la presse française, c'est bien les époux Jacob qui seraient dans le collimateur de la justice. Ils seraient soupçonnés d'être le(s) fameux "corbeau(x)".

A l'époque des faits, une lettre "de revendication" avait été envoyée au domicile de Jean-Marie Villemin, contremaître dans une usine de pièces de voiture. "Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con", indiquait la missive, qui avait été postée avant la découverte du corps du petit garçon. Quelques années avant le drame, entre 1981 et 1983, les parents de Gregory avaient également reçu plusieurs centaines d'appels malveillants de la part d'un ou de plusieurs corbeaux. "Les enquêteurs pensent avoir identifié le corbeau", explique une source proche du dossier à Libération.

Déjà suspecté en 1984
Il y a plus de 30 ans, Marcel Jacob avait déjà été soupçonné. Des expertises graphologiques l'avaient désigné comme éventuel corbeau. De plus, une forte incertitude planait sur son emploi au moment de la commission du crime. Pour autant, l'homme n'avait jamais été inquiété judiciairement. Autre élément à charge: ce dernier s'en était pris verbalement à Jean-Marie Villemin peu avant le crime, lui reprochant sa promotion de contremaître. "Je ne serre pas la main à un chef", lui avait-il dit, sur fond de jalousie sociale et familiale. Marcel Jacob et son épouse sont actuellement en garde à vue à Dijon.

Les trois suspects ont été arrêtés pour des faits de "complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d'empêcher un crime", selon le quotidien l'Est Républicain, qui a révélé l'information.

L'affaire enfin élucidée?

Après cet énième coup de théâtre, va-t-on enfin connaître la vérité sur cette affaire hors-norme marquée par trente d'ans de rebondissements, d'errements judiciaires, de fausses pistes, d'excès médiatiques, de blessures familiales et qui déchaîne toujours autant les passions aujourd'hui? En tout cas, les avocats des parents en sont persuadés



Sources : Libération, Le Parisien le 15 juin 2017

marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 16 juin 2017, 08:40

Affaire Grégory: les époux Jacob vont être présentés à un juge

Deux membres de la famille Villemin, Marcel et Jacqueline Jacob, ont été déférés vendredi matin au parquet général de Dijon en vue de leur présentation à un juge d’instruction dans l’enquête sur l’affaire Grégory.


Marcel Jacob, oncle maternel de Jean-Marie Villemin (le père de l’enfant assassiné), et sa femme Jacqueline avaient été placés en garde à vue mercredi dans un spectaculaire rebondissement de cette affaire, plus de 32 ans après la découverte du corps du petit Grégory, pieds et poings liés, dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Mais Jacqueline Jacob est restée mutique durant sa garde à vue et Marcel Jacob s’est contenté d’affirmer qu’il ne se rappelait rien.

Une dizaine d'autres auditions

Placée en garde à vue mercredi, Ginette Villemin, la belle-sœur du père du petit garçon, a été libérée jeudi soir. Les grands-parents de Grégory, Monique et Albert Villemin, ils ont été entendus en audition libre mercredi.

Parallèlement à ces gardes à vue, une petite dizaine d’auditions ont été menées par les gendarmes pour confirmer les soupçons des enquêteurs.



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Source : Le Journal de Saône-et Loire le 16 juin 2017

marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 16 juin 2017, 14:10

Affaire Grégory: Tous les éléments troublants du dossier sur Marcel et Jacqueline Jacob

JUSTICE Après 48 heures de garde à vue, le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory pourraient être mis en examen, ce vendredi, pour « complicité d’assassinat »



http://www.20minutes.fr/societe/2087979 ... line-jacob


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marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 16 juin 2017, 17:00

L'affaire Grégory, un cluedo familial nourri de rivalités et rancoeurs


Harcelée par un corbeau à partir de 1981 jusqu'à la mort de Grégory en 1984, la famille Villemin s'est peu à peu déchirée sur fond de rancœurs et de jalousies. Dans ce cluedo familial, chacun s'est accusé d'être le maître-chanteur... et d'être lié au meurtre.

- Marcel Jacob, l'oncle acrimonieux -

Présenté à la justice vendredi à Dijon au terme de sa garde à vue, Marcel Jacob, 71 ans, est le grand-oncle de l'enfant décédé il y a 32 ans.

D'un caractère affirmé, cet ouvrier était en mauvais termes avec Albert Villemin, le mari de sa grande sœur Monique, et surtout avec leur fils Jean-Marie, père de Grégory, dont il considérait l'ascension sociale illégitime.

En 1982, il apostrophe son neveu qui vient d'être promu contremaître: "Je ne serre pas la main à un chef. Tu n'es qu'un rampant qui n'a pas de poils sur la poitrine", lance cet oncle envieux, qui vit sur les hauteurs d'Aumontzey (Vosges) dans une maison surplombant celle de sa sœur Monique.

Marcel Jacob est en revanche particulièrement lié à Bernard Laroche, un autre neveu dont il est l'aîné d'à peine quelques années et avec lequel il a été élevé. Les deux compères sont voisins et se rendent visite régulièrement, "même si au début de l'enquête, Marcel Jacob s'était efforcé de dissimuler cette amitié", avaient rappelé les juges dans un arrêt de 1993.

Mieux: oncle et neveu cultivent une ressemblance physique, moustache et favoris, suscitant parfois la confusion.

Marcel Jacob avait été soupçonné une première fois d'être le corbeau lorsqu'une lettre anonyme avait fait état d'une altercation entre deux frères de Jean-Marie dont il avait été le seul témoin. Mais il n'avait encore jamais été inquiété par la justice.

- Jacqueline Jacob, la discrète épouse -

Également déférée au parquet général de Dijon, Jacqueline Jacob, 72 ans, avait gardé jusqu'alors une remarquable discrétion depuis le début de l'affaire.

Jamais interrogée durant les cinq premières années d'enquête sur l'assassinat de Grégory, elle avait été convoquée une première fois en décembre 1989 par le juge d'instruction, mais s'était dérobée. Finalement entendue deux ans plus tard, elle s'était montrée particulièrement réticente à répondre aux questions.

Pourtant, l'épouse de Marcel Jacob avait été désignée par deux expertises graphologiques comme pouvant avoir écrit une des lettres du corbeau.

Son emploi du temps du mardi 16 octobre 1984, jour de la découverte du corps de l'enfant dans les eaux de la Vologne, ainsi que celui de son mari, n'a jamais pu être reconstitué avec certitude. "L'éventualité d'une absence momentanée de leur lieu de travail ne saurait être exclue", avaient considéré les enquêteurs de l'époque.

Selon les nouveaux éléments de l'enquête, le couple Jacob s'adonnait à l'échangisme, une pratique qui, une fois ébruitée, a d'autant accentué le climat délétère au sein de la famille Villemin.

- Michel et Ginette Villemin, le frère et la belle-sœur rebuts -

Ginette Villemin, 61 ans, belle-sœur de Jean-Marie Villemin, a aussi été placée en garde à vue mercredi avant d'être remise en liberté jeudi soir. Elle a longtemps été soupçonnée d'être le corbeau avec son mari Michel, un frère de Jean-Marie mort en 2010.

Chez les Villemin, Michel est le fils systématiquement mis de côté lors des réunions de famille: à peine convié à prendre le café lors des déjeuners dominicaux, il est en conflit permanent avec son père Albert, qui raille son illettrisme.

Michel et Ginette, qui peinent à dissimuler leur aigreur et leur jalousie sur fond de mésentente conjugale, tiennent par ailleurs à distance Jean-Marie Villemin et sa réussite "tapageuse".

L'entente est en revanche fusionnelle avec le cousin de Michel, Bernard Laroche, considéré comme un frère de lait.

Les confidents avaient passé ensemble l'après-midi du 16 octobre 1984, au domicile de Michel. Ce dernier a affirmé avoir reçu, peu de temps après leur séparation vers 17H30, un appel téléphonique du corbeau revendiquant le meurtre de Grégory.

- Monique Villemin, la matriarche -

"Monique Villemin a été soupçonnée par beaucoup de ses proches de détenir la clé de l'énigme. Elle a toujours affirmé qu'il n'en était rien", notaient les magistrats dans leur arrêt de 1993.

Aujourd'hui soupçonnée d'avoir joué les corbeaux, cette octogénaire apparaît comme la maîtresse-femme de la famille Villemin, à la tête d'une fratrie de cinq enfants, dont le premier, illégitime, a été reconnu par son mari Albert.

C'est elle qui a également élevé son neveu, Bernard Laroche, dont la mère - sa sœur - avait succombé en couche.

Si la réussite de son fils Jean-Marie lui inspire une admiration sans borne, ses sentiments à l'endroit de sa belle-fille Christine sont contrastés: lorsque la mère de Grégory est soupçonnée d'être l'assassin de son propre fils, Monique Villemin se constitue partie civile et soutient l'accusation.

Elle s'emploie en outre à défendre la mémoire de Bernard Laroche, tué par son fils Jean-Marie en 1985 car il le croit coupable de la mort de Grégory, en se disant convaincue de son innocence.

L'affront lui vaut une rupture durable avec son fils et sa bru.

- Bernard Laroche, le cousin jaloux -

Bernard Laroche est le cousin de Jean-Marie Villemin, avec qui il entretient des rapports médiocres, à l'opposé de sa complicité avec un autre cousin, Michel Villemin, et de son oncle Marcel Jacob.

En novembre 1984, la jeune sœur de son épouse Marie-Ange, Murielle Bolle, le dénonce comme celui qui a enlevé Grégory devant la maison de Jean-Marie et Christine Villemin, avant de se rétracter.

Il est tout de même inculpé d'assassinat, accablé par des expertises graphologiques et les contours d'un mobile construit sur la jalousie à l'égard de Jean-Marie, dont il ne supporte pas les succès professionnels et privés.

Remis en liberté en février 1985 tout en demeurant inculpé, il est abattu à l'âge de 29 ans par le père de Grégory moins de deux mois plus tard.



Source : AFP le 16 juin 2017

marathon
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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 16 juin 2017, 17:04

EN DIRECT - Affaire Grégory : après sa femme, le grand-oncle Marcel Jacob également mis en examen

JUSTICE - Trente-deux après l'assassinat du petit Grégory, l'une des plus grandes énigmes criminelles est-elle en passe de livrer ses clés ? Deux membres de la famille de l'enfant ont été déférés ce vendredi matin au parquet général de Dijon. Le grand-oncle, Marcel Jacob, et sa femme, Jacqueline Jacob, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Suivez les derniers événements de la journée...

Suivez la conférence de presse du procureur général de la cour d'appel de Dijon



http://www.lci.fr/justice/en-direct-aff ... 55645.html

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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 16 juin 2017, 17:47

Meurtre du petit Grégory : pas "d'alibi confirmé ou étayé" pour le couple Jacob

 Selon les dernières informations, Marcel et Jacqueline Jacob, mis en examen vendredi pour enlèvement et séquestration suivie de mort, ont nié toute implication dans le meurtre.


14 h : mise en examen requise contre Marcel Jacob

Le parquet général a requis une mise en examen pour "séquestration" à l'encontre de Marcel Jacob, un grand-oncle du petit Grégory présenté à la justice vendredi à Dijon au terme de sa garde à vue, a-t-on appris auprès de son avocat.

Interrogé par l'AFP, le procureur général près la cour d'appel de Dijon, Jean-Jacques Bosc, n'a pas souhaité confirmer ni infirmer cette information initialement révélée par le quotidien régional l'Est républicain.

Des "notes" de Marcel Jacob ont été saisies dans lesquelles il dit ne pas être le meurtrier selon un proche de l'enquête.



14 h 30 : Jacqueline Jacob mise en examen

La grand-tante du petit Grégory, Jacqueline Jacob, a été mise en examen vendredi pour enlèvement et séquestration suivie de mort, 32 ans après le meurtre de ce petit garçon de 4 ans retrouvé pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984, a-t-on appris de source proche du dossier.

Jacqueline Jacob, 85 ans, tante de Jean-Marie Villemin, père de l'enfant assassiné, a quitté le Palais de justice de Dijon escortée par plusieurs gendarmes avant de monter dans un véhicule, ont constaté des journalistes de l'AFP. Le parquet général a par ailleurs requis une mise en examen pour "séquestration" à l'encontre de Marcel Jacob, son époux, selon son avocat.


17 h : pas d'alibi qui soit "confirmé ou étayé"

Marcel et Jacqueline Jacob, mis en examen vendredi pour enlèvement et séquestration suivie de mort, ont nié toute implication dans le meurtre de Grégory, enfant de quatre ans retrouvé mort dans les eaux de la Vologne en 1984, a annoncé le procureur général de Dijon.

"Les deux mis en examen (grand-oncle et grand-tante de la victime) ont nié en l'état toute participation aux faits reprochés", a déclaré Jean-Jacques Bosc en conférence de presse. "Les époux Jacob ne présentent pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé" a précisé le procureur. "Je ne peux pas en l'état vous promettre" que l'enquête va "déboucher" a ajouté le colonel de gendarmerie.

17 h 40 : "Criminel de jeter en pâture le nom d'un couple"

L'avocat de Marcel Jacob, mis en examen avec son épouse Jacqueline pour l'enlèvement du petit Grégory, suivi de sa mort il y a 32 ans, a jugé vendredi "criminel de jeter en pâture le nom d'un couple". "On n'a aucun élément matériel, rien" à leur encontre, "on a mis la charrue avant les boeufs", a dénoncé Me Stéphane Giuranna devant la presse, au sortir du palais de justice de Dijon, précisant qu'il allait rapidement demander "la nullité de la mise en examen" de son client qui aurait dû seulement être placé sous le statut de témoin assisté selon lui.


Source : AFP le 16 juin 2017

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Re: Affaire Grégory : un couple vosgien en garde à vue

Messagepar marathon » 17 juin 2017, 19:01

Affaire Grégory : dans le village des Vosges, les langues se délient

La mise en examen vendredi pour enlèvement et séquestration de deux membres de la famille du petit Grégory n’a pas surpris tous les habitants d’Aumontzey, dans les Vosges.


La mise en examen vendredi pour enlèvement et séquestration de deux parents du petit Grégory, tué à l’âge de 4 ans en 1984, a sidéré leurs proches, mais n’a pas surpris tous les habitants d’Aumontzey, petite commune des Vosges où vivent la plupart des membres de la famille Villemin.


Marcel Jacob et Michel Villemin, des proches de Bernard Laroche

Plus de trente ans après le drame, les enquêteurs sont revenus mercredi à Aumontzey pour entendre les parents de Jean-Marie Villemin, le père de l’enfant, et ont interpellé un de ses oncles, Marcel Jacob, 72 ans, son épouse Jacqueline, 72 ans, et Ginette Villemin, 61 ans, veuve de son frère Michel, remise en liberté le lendemain.

La mère, Monique Villemin, 85 ans, a reconnu avoir écrit une lettre de menace adressée en 1989 au magistrat instructeur de l’époque, mais a nié l’avoir envoyée. Elle a été entendue à son domicile et son état de santé l’empêche de bouger. Elle n’est pour l’instant visée par aucune mesure judiciaire. Marcel et Jacqueline Jacob en revanche ont été mis en examen et placé en détention provisoire vendredi pour avoir participé à l’enlèvement et la séquestration suivie de la mort de l’enfant.


Marcel Jacob et Michel Villemin étaient très liés à Bernard Laroche, considéré comme un autre des participants à l’enlèvement. Premier suspect dans l’affaire, il a été libéré puis tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin.



"Enfin, on marche vers la vérité"

Le village d’Aumontzey dans les Vosges est une nouvelle fois divisé par l’affaire Grégory. Certains, comme le maire, Philippe Petitgenet (sans étiquette) doutent. "Ces mises en examen sur des bouts de papier, ça m’agace", dit-il. "Ces gens sont des gens bien, impliqués dans la commune. Ce que j’ai entendu au cours de la conférence de presse me paraît très léger", soutient-il.

"Que la grand-mère soit dans le coup, ça m’étonne pas. Elle a jamais pu supporter la Christine"

"C’est une affaire qui fait mal et comme beaucoup d’administrés, j’en ai ras-le-bol".
Mais tout le monde ne partage pas cet avis. Une fois assurés de ne pas être identifiés, certains confient leurs idées sur ce drame.

"Enfin on marche vers la vérité. On va savoir qui c’est", se réjouit un voisin des grands-parents de Grégory. "Que la grand-mère soit dans le coup, ça m’étonne pas. Elle a jamais pu supporter la Christine (la mère de Grégory NDLR). Et ça m’étonne pas, parce que le juge était convaincu de l’innocence de Christine et elle, la grand-mère, elle voulait qu’il oriente son enquête vers la mère", explique-t-il.

"Ça m’étonne pas qu’ils soient impliqués. Je l’ai toujours senti"

"Ça m’étonne pas qu’ils soient impliqués. Je l’ai toujours senti", assure pour sa part une voisine du couple Jacob. "Mais j’ai jamais rien voulu dire. Vous comprenez, ici tout le monde connaît tout le monde et un mot de travers peut vous mettre au pilori du village", se défend-elle.

Un autre voisin confie partager ce sentiment, mais il refuse d’en dire plus.

La peur de représailles, les pressions ont pesé sur cette affaire et amené des témoins à mentir, a souligné vendredi le procureur général en annonçant de nouvelles auditions très rapidement. Mais selon un notable du village, "ce n’est pas encore demain que les langues vont se délier entièrement"

"Non, c’est pas lui. Ils font erreur"

Leurs proches, abasourdis, refusent de croire à la culpabilité des Jacob. "Non, c’est pas lui. ils font erreur", soutient le frère de Marcel, René Jacob. Il décrit un homme effrayé par la mort et si respectueux de la loi que "si on lui dit de rouler à 50, il roule à 40". Le même Marcel Jacob a été décrit par le procureur général de Dijon comme animé par "un antagonisme parfois violent avec les parents de Grégory".

Le frère de Jacqueline, Daniel Thuriot, est également convaincu de leur innocence. "C’est pas eux. Je pense pas qu’ils aient fait des choses pareilles", a-t-il affirmé lors d’une rencontre avec quelques journalistes. "De toutes façons, c’est ma soeur et mon beau-frère", a-t-il ajouté.


Source : Sud Ouest le 17 juin 2017


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