Un agent de sécurité noir tué par la police alors qu'il venait d'empêcher une fusillade

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Un agent de sécurité noir tué par la police alors qu'il venait d'empêcher une fusillade

Messagepar marathon » 06 déc. 2018, 18:35

Un agent de sécurité noir tué par la police alors qu'il venait d'empêcher une fusillade


Dans une banlieue de Chicago, un policier a tiré sur l'agent de sécurité afro-américain qui avait immobilisé l'auteur d'une fusillade dans un bar.


Après chaque fusillade de masse aux États-Unis, le lobby des armes et certains élus Républicains, dont le président Donald Trump lui-même, aiment répéter que la seule façon d'empêcher ces tragédies est de poster des agents de sécurité armés un peu partout, que ce soit dans les synagogues, les églises ou les lycées.

L'idée est que seules des personnes armées bien intentionnées –les fameux «good guys with a gun»– peuvent lutter contre les personnes armées mal intentionnées (les «bad guys»). C'est au départ ce qui s'est passé aux premières heures du 11 novembre dans un bar de Robbins, une banlieue de Chicago.



Jemel Roberson, un agent de sécurité afro-américain de 26 ans, avait en effet réussi à immobiliser l'auteur d'une fusillade qui avait fait quatre blessés après une dispute dans le Manny's Blue Room Bar. Mais une fois que les forces de l'ordre sont arrivées sur les lieux, un policier a tué Roberson.

Tous les détails de l'incident ne sont pas encore connus. On ne sait pas si les policiers se sont identifiés, et à quel moment et pourquoi un agent a commencé à tirer sur Roberson.

Un des témoins présents a dit à la presse locale: «Tout le monde criait: “Sécurité! C'était un agent de sécurité”. Mais ils ont fait leur travail, ils ont vu un homme noir avec une arme et ils l'ont tué.»

Selon un autre témoin, les autres officiers de police connaissaient Roberson et avaient crié: «Il est des nôtres!».

La police a ouvert une enquête et la mère de Jemel Roberson, qui voulait lui-même devenir policier, a porté plainte contre la police.

Selon le Washington Post, cet incident souligne que «les hommes noirs, même quand ils portent légalement une arme ou ont un emploi qui leur permet de les utiliser, peuvent devenir des cibles des tirs de la police».



En 2016 dans le Minnesota, Philando Castile avait été tué par la police lors d'un contrôle routier, quelques secondes après avoir averti l'officier qu'il avait une arme légale.

Jemel Roberson jouait de l'orgue dans une église dont le pasteur, le Révérend Marvin Hunter, est le grand-oncle de Laquan McDonald, un jeune Noir tué en 2014 par un policier (qui a récemment été condamné pour meurtre).


Source : Slate le 13 novembre 2018

marathon
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Re: Un agent de sécurité noir tué par la police alors qu'il venait d'empêcher une fusillade

Messagepar marathon » 06 déc. 2018, 18:37

En un mois, deux Afro-Américains tués par la police alors qu'ils tentaient d'éviter des fusillades

Deux semaines après le décès d'un agent de sécurité noir qui avait appréhendé l'auteur d'une fusillade, un jeune homme qui était intervenu dans une autre tuerie dans un centre commercial a aussi été abattu par erreur.




Dans le cas d'E.J. Bradford Jr., un Afro-Américain de 21 ans qui a été tué par un policier dans un centre commercial en Alabama le 22 novembre dernier, la version de la police a changé plusieurs fois. Les forces de l'ordre se sont d'abord félicitées d'avoir tué l'auteur d'une fusillade qui avait fait deux blessés, puis ont reconnu que Bradford n'était en fait pas le tueur (celui-ci a été arrêté deux semaines plus tard), avant de dire trois jours plus tard que Bradford brandissait une arme de façon menaçante. La police est ensuite revenue sur cette description et a déclaré que Bradford ne menaçait personne.

Or l'autopsie vient de déterminer que le policier avait tiré dans le dos du jeune homme, qui est mort après que des balles ont touché l'arrière de son cou, l'arrière de sa tête et son dos. Son avocat a déclaré que suite à ces résultats, le policier devrait être inculpé, car si Bradford s'éloignait de lui de dos, il ne pouvait pas être considéré comme une menace imminente.


Selon plusieurs témoins, Bradford, qui portait une arme légale, avait essayé de protéger les passants pendant la fusillade. Et à leur arrivée, les forces de l'ordre n'avaient pas communiqué avec lui avant de tirer. Pour l'instant, le policier qui a tué Bradford a été suspendu et une enquête a été ouverte. La vidéosurveillance de la fusillade n'a pas encore été rendue publique.

Cet incident est intervenu moins de deux semaines après le décès de Jemel Roberson, un agent de sécurité noir qui a été tué par la police dans un bar près de Chicago alors qu'il venait d'appréhender l'auteur d'une fusillade. Roberson avait réussi à immobiliser le tireur mais quand la police est arrivée, les officiers ont immédiatement tué l'agent de sécurité, pensant que c'était lui qui était à l'origine de la fusillade.



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Ces deux cas soulignent que contrairement à ce que répètent Donald Trump et de nombreux Républicains aux États-Unis, la présence de personnes armées bien intentionnées ne permet pas d'éviter les fusillades. Ils révèlent aussi à quel point le port d'arme légal est problématique pour les Afro-Américains, qui sont rapidement considérés comme des menaces par la police.

Dans de nombreux États, comme l'Alabama, les habitants ont le droit de porter des armes en public. Les policiers doivent donc s'adapter à cette situation et ne pas considérer que toute personne armée est nécessairement dangereuse. Mais lorsque la personne armée est noire, les policiers ont plus souvent tendance à voir une menace immédiate et à tirer.



Source : Slate le 5 décembre 2018


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