Une femme condamnée à six ans de prison pour le meurtre de son bébé à Pithiviers

Modérateur : marathon

marathon
Messages : 4221
Enregistré le : 09 oct. 2016, 09:49

Une femme condamnée à six ans de prison pour le meurtre de son bébé à Pithiviers

Messagepar marathon » 09 déc. 2017, 17:39

Une femme condamnée à six ans de prison pour le meurtre de son bébé à Pithiviers


Jugée depuis jeudi devant la cour d'assises du Loiret, Leila Zemouri a été condamnée ce lundi à six ans de prison pour meurtre sur mineur. En juin 2013, après avoir caché sa grossesse, elle avait accouché seule et avait abandonné son bébé dans un sac en bord de route à Estouy.

Leila Zemouri avait accouché seule, sans doute le 31 mai 2013, dans son appartement de Pithiviers. Son mari dormait dans la chambre à côté, il ne savait pas qu'elle était enceinte, pas plus que ses frères et soeurs, ses parents. Leila avait caché sa grossesse à tout le monde... A toute sa famille en tout cas. Ses collègues de travail, mais aussi une gendarme de Pithiviers qui l'avait convoquée pour un délit routier et qui est venue témoigner à la barre, l'amant de Leila également, eux avaient remarqué qu'elle était enceinte.


Une jeune femme appliquée à ne jamais décevoir sa famille

Mais dans cette famille dont Leila est la cinquième enfant, personne n'a rien vu, elle a tout fait pour la cacher. Cette jeune femme de 22 ans en 2012 fait tout, depuis qu'elle est enfant, pour ne décevoir personne dans cette famille musulmane pratiquante. Alors que ses trois soeurs aînées prennent leurs distances et leur liberté, Leila décide de suivre les traditions. Elle choisit son mari, Akli, sur la video d'un mariage en Algérie. Elle l'épouse là-bas, en 2011. "Le plus beau jour de sa vie". Mais elle revient seule, Akli n'a pas de papiers, il lui faudra un an pour les obtenir. Un an pendant lequel Leila déprime, le rêve du beau mariage d'amour s'évapore, elle se sent seule, espace les appels et les connexions. Et elle rencontre un autre homme, sur son lieu de travail. Richard, avec qui elle raconte "qu'elle est bien, qu'elle sourit".




Elle se négligeait, elle sentait mauvais mais personne n'a entendu son appel au secours

Leila et Richard entretiennent une relation pendant quelques mois. Akli arrive en France en octobre 2012. Leila découvre en janvier 2013 qu'elle est enceinte. Au cours du procès on apprend que les analyses ADN sont formelles : ni Richard ni Akli n'ont de lien de paternité avec le bébé. Alors qui ? Leila ne répondra jamais à cette question. Pendant des mois la jeune femme se cache, elle dort en robe traditionnelle pour cacher ses formes, elle évite sa mère et sa soeur qui habite sur le même palier. "Elle sentait mauvais" raconte cette soeur, "on avait souvent des disputes, elle se négligeait et elle était méchante". Leila ne va pas bien mais comme seule réponse, la famille convoque un imam, "pour chasser le diable". Personne ne la questionne, personne ne lui demande pourquoi elle a perdu sa joie de vivre. "Personne n'a entendu cet appel au secours" soulignera l'avocat de Leila Maitre Jean-Christophe Silva.


Cette petite fille était morte quand elle est sortie de mon ventre, elle était blanche, je l'ai secouée un peu, mais elle ne respirait pas

Et c'est seule, à la fin du printemps 2013, que Leila accouche. Là encore, elle ne dit rien à personne, elle se lève parce qu'elle a mal au dos. Le bébé naît, tout va très vite. Tout au long de son procès, et depuis qu'elle a été interpellée par les gendarmes de Pithiviers, trois mois après la découverte du sac de courses dans lequel est enfoui le bébé, un sac abandonné au bord de la route à Estouy, Leila répète la même chose. "Cette petite fille était morte quand elle est sortie de mon ventre, elle était toute blanche, elle n'a pas crié, je l'ai secoué un peu mais elle ne bougeait pas. Alors je l'ai mise dans le sac. Je l'ai déposée au bord de la route parce que je voulais qu'on la retrouve".

La mère retrouvée grâce au sac de courses trois mois plus tard

Mais c'est bien pour meurtre que Leila Zemouri était renvoyée devant la cour d'assises du Loiret. Parce que, selon deux médecins légistes qui ont autopsié le corps et ses organes, ce bébé a respiré à la naissance, et il est mort d'une "asphyxie mécanique". Autrement dit il a été privé d'air. Et malgré une autre expertise, celle d'un obstétricien reconnu, chef de service à la maternité d'Orléans, qui lui est venu dire à la barre que "ça n'est pas parce que ce bébé a respiré à la naissance qu'il a survécu", c'est l'accusation de meurtre que les jurés ont retenue. Leila Zemouri n'avait pas appelé les secours, elle ne s'était pas rendue aux gendarmes après avoir abandonné le bébé au bord de la route. Les gendarmes l'avaient retrouvé en identifiant le sac de courses, qui provenait d'un supermarché de Pithiviers, et grâce à la carte de fidélité du couple. Qui avait fini par être interpellé en septembre 2013, trois mois après la découverte.

Célia, c'est le nom que sa maman a donné à la petite fille

Ils ont donc prononcé une peine de six ans de prison à l'encontre de Leila Zemouri. Pourtant la cour avait envisagé, avant qu'ils ne partent délibérer, d'autres qualifications pour cette affaire : des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ou un homicide volontaire par négligence (l'hypothèse selon laquelle ce bébé aurait pu mourir faute de soins, celle qu'avait évoqué l'expert obstétricien). Des qualifications qui n'ont pas été retenues. Leila Zemouri, qui depuis a eu deux enfants, avait supplié les jurés de la laisser être "une maman comme les autres". Dans ses réquisitions l'avocate générale avait elle appelé les jurés à imposer une réalité judiciaire et donc carcérale à cette femme. "Ce petit sac d'ordures abandonné à la lisière d'un bois à Estouy, c'est ça la réalité" avait dit la représentante de l'accusation.


Source : France Bleu Orléans le 4 décembre 2017

Retourner vers « Europe »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité