Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

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Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 18 janv. 2018, 19:31

Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect


Rebondissement dans l'affaire toujours non élucidée du meurtre d'une joggeuse à Bouloc près de Toulouse en février 2011: Le parquet général a requis jeudi un non-lieu en faveur du seul suspect incarcéré depuis quatre années.

Pour la fille de la victime Patricia Bouchon, la décision de l'avocat général de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse est "un coup de massue".

Laurent Dejean, un plaquiste présenté comme "psychotique" pendant l'enquête, est en prison depuis février 2014 pour le meurtre, trois ans plus tôt, de cette secrétaire dans un cabinet d'avocats toulousains.

Mère de famille de 49 ans, elle était partie le 14 février 2011 vers 04H30 du matin faire son jogging autour de Bouloc, à 25 km au nord de Toulouse.

Son corps avait été retrouvé un mois et demi après, vertèbres et crâne enfoncés, un gant en latex enfoncé dans la gorge. Son meurtrier avait aussi essayé de l'étrangler mais aucun abus sexuel n'avait pu être mis en évidence.

Dans son réquisitoire, jeudi, l'avocat général Pierre Bernard a estimé qu'il n'y avait pas, dans le dossier de 50.000 pages, les éléments nécessaires pour un renvoi devant la cour d'Assises, a rapporté à l'AFP Me Guy Debuisson, avocat du suspect.

"C'est une conclusion logique. L'avocat général a fini par s'associer à notre thèse", notamment en raison de l'absence d'ADN, a ajouté Me Debuisson.

Le parquet général, qui s'était pourtant toujours opposé à la remise en liberté de M. Dejean, est ainsi allé à l'encontre du juge d'instruction qui avait renvoyé le principal suspect aux Assises.

Dans cette affaire, Laurent Dejean avait été gardé à vue à deux reprises avant d'être finalement interpellé le 9 février 2014 puis mis en examen pour "homicide volontaire" et écroué.

Lors de sa mise en examen, le suspect avait été présenté comme "psychotique", ayant déjà subi des hospitalisations d'office et des "traitements très lourds". Il était aussi adepte des "paradis artificiels, alcool et toxiques divers", selon le parquet.

Il avait demandé un arrêt de travail, dix jours après le meurtre, pour suivre des soins psychiatriques, et n'avait pas repris son emploi.

- décision le 15 février -

Selon la défense, l'enquête n'a pas permis depuis de rattacher M. Dejean au crime avec deux éléments principaux: "L'ADN retrouvé sur la victime est celui d'un homme mais pas le sien et la voiture aperçue sur les lieux était une Clio grise alors que la sienne était blanche".

En outre, M. Dejean "n'a jamais été reconnu par celui qui avait permis à la police de faire le portrait-robot" en 2013 et "les témoins auditifs de la scène n'ont pas reconnu sa voix", a fait remarquer Me Pierre Debuisson, son autre défenseur.

Pour Me Stéphane Julliard, l'avocat de la famille de Patricia Bouchon, "il y a assez d'éléments pour justifier le renvoi devant les assises afin qu'il y ait un débat".

"Il n'y a pas la preuve de culpabilité mais ça mérite des échanges sur les tergiversations de l'accusé dans ses déclarations", a ajouté Me Julliard, soulignant que le suspect avait notamment d'abord déclaré "posséder une Clio" avant de se rétracter.

"Surprise" par cette réquisition, la fille de la victime, Carlyne Bouchon, veut cependant garder "confiance dans le travail de la justice".

"C'est un coup de massue: il est difficile d'imaginer que tout va s'arrêter", a-t-elle dit à l'AFP, évoquant le travail des enquêteurs. Pour elle, "ce serait surprenant que les juges décident ce non-lieu. C'est même inimaginable".

L'arrêt de la chambre d'instruction a été mis en délibéré au 15 février


Source : Orange le 18 janvier 2018

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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 14 mars 2019, 17:22

Toulouse: La famille de Patricia Bouchon «ne veut pas que son meurtre reste impuni»

Le procès de Laurent Dejean, le meurtrier présumé de Patricia Bouchon, assassinée le 14 février 2011 à Bouloc, s’ouvre ce jeudi. La famille de la victime est persuadée de sa culpabilité


•Patricia Bouchon a été tuée le 14 février 2011, à Bouloc, alors qu’elle faisait son jogging matinal.
•Le procès de son meurtrier présumé, Laurent Dejean, débute ce jeudi devant la Cour d’assises de la Haute-Garonne et doit s’achever le 29 mars.
•La famille de Patricia Bouchon, convaincue de la culpabilité de Laurent Dejean, espère sa condamnation, malgré le manque de preuves directes contre lui.

Depuis huit ans, ils attendent de savoir ce qui est arrivé à Patricia Bouchon, assassinée un matin de février 2011 alors qu’elle faisait son jogging matinal sur la commune de Bouloc, au nord de Toulouse.

Ce jeudi, la famille de cette secrétaire juridique de 49 ans sera présente sur le banc des parties civiles à l’ouverture du procès de Laurent Dejean, son meurtrier présumé. Plus de quinze jours d’audience auxquels ses proches se sont préparés.

« Cela fait quand même huit ans que l’on attend ce moment-là, c’est important pour nous. Mais à la fois c’est quelque chose que nous n’avons jamais vécu, nous appréhendons énormément car nous allons passer plus de quinze jours à revivre une enquête difficile », reconnaît Carlyne Bouchon, la fille de la victime.

Convaincus de sa culpabilité

Aux côtés de son père, Christian, et de sa tante, Sandra, la sœur de Patricia Bouchon, elle a suivi chaque étape de l’enquête et ses multiples rebondissements. Durant de longs mois, elle s’est battue pour que le portrait-robot du meurtrier présumé, croisé par un automobiliste, soit diffusé.

Il y a un an, elle a été sonnée lorsque l’avocat général a requis un non-lieu dans ce dossier devant la Chambre de l’instruction. Mais sa conviction n’a pourtant jamais vacillé.


Pour elle, la culpabilité de l’accusé ne fait aucun doute, malgré le manque de preuves directes qui manquent au dossier. « J’en suis absolument convaincue. Effectivement, on n’a pas d’ADN, pas d’aveux, mais mis bout à bout, tout pointe vers Laurent Dejean. La ressemblance avec le portrait-robot est frappante », plaide la jeune femme.

Elle aimerait que lors de son procès, le plaquiste de 39 ans au profil psychotique « s’exprime », lui qui a toujours nié les faits. « Il ne peut pas vivre toute sa vie avec sur la conscience ce qui s’est passé », enchaîne la sœur de Patricia Bouchon.

Plus que des aveux, ce qu’elles attendent du procès, « c’est une sanction ». « On ne veut pas que le meurtre de ma mère reste impuni et surtout on souhaite que cela ne se reproduise pas », lâche Carlyne.

«Ma mère n'était pas qu'une joggeuse»

Elles sait déjà que son père pourrait être malmené par les avocats de Laurent Dejean. « On lui a retiré sa femme et en plus nous impose durant le procès d’avoir une défense qui pourrait pointer mon père pour émettre un doute auprès des jurés, c’est exécrable », peste-t-elle, combative.

La jeune Toulousaine veut aussi profiter de l’audience pour rappeler que sa mère « n’était pas qu’une joggeuse». «C’était ma maman », souffle-t-elle. Depuis huit ans, elle en a entendu des critiques sur l’heure très matinale de ses joggings. « Peut-être qu’elle courait à 4h30 du matin et que ça peut en choquer beaucoup, mais il ne faut pas oublier que ce qui n’est pas normal c’est que ce type d’acte soit commis et non pas que quelqu’un vive sa vie », conclut-elle.


Source : 20 Minutes le 14 mars 2019

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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 14 mars 2019, 17:44

«Il n'existe absolument aucune preuve», selon l'avocat de Laurent Dejean


Mes Guy et Pierre Debuisson représenteront la défense de Laurent Dejean, l'accusé du procès de Bouloc. Ils entendent démontrer son innocence.


Sur quels éléments vous basez-vous pour assurer de l'innocence de Laurent Dejean ?

La meilleure preuve est que l'avocat général a fini par conclure l'instruction en disant qu'à son sens il n'y a pas assez de preuves pour renvoyer Laurent Dejean devant la cour d'assises. Il l'a fait par écrit et oralement. C'est du jamais vu.

Vous avez demandé une nouvelle fois la remise en liberté de votre client à la suite de ce revirement.

Oui mais, malheureusement, la chambre de l'instruction a décidé de le renvoyer devant la cour d'assises. Nous étions extrêmement mécontents. J'espère que l'avocat général conclura comme son collègue et renoncera à porter l'accusation.

Selon vous, Laurent Dejean peut-il être coupable ?

Non. Cela fait des années qu'on se bat. Il y a des centaines de pages dans la procédure mais aucune preuve. C'est à l'accusation de rapporter la preuve.

Et le portrait-robot ?

Il a été fait dans des conditions particulières. D'ailleurs, en tapissage, le témoin va reconnaître quelqu'un d'autre que Dejean.

Qu'en est-il des différentes déclarations de votre client sur la fameuse Clio ?

Il va s'en expliquer. Il a paniqué mais il a des explications.

Dans quel état d'esprit se trouve Laurent Dejean ?

Il est écœuré à force d'être détenu mais porte toute confiance dans sa défense. Il lui tarde d'être jugé.

Qui est Laurent Dejean ?

C'est un détenu passif qui reçoit peu de visites. Lorsqu'il reçoit ses avocats, il est affable, il parle des résultats du TFC et du Stade Toulousain ou de la gastronomie.

Mes Guy et Pierre Dubuisson Avocat de la défense de Laurent Dejean




Source : Le Dauphiné le 14 mars 2019

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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 14 mars 2019, 17:50

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : «Je suis en prison pour rien», dit l'accusé


Le procès de Laurent Dejean s’est ouvert ce jeudi matin devant la cour d’assises de la Haute-Garonne.

Après le tirage au sort des jurés, cinq hommes et une femme, l’accusé, qui semble hagard, s’est brièvement exprimé. « Je pense que c’est un procès un peu sensible. J’aurais aimé avoir un non-lieu. Ça fait quatre ans que je suis en prison pour rien. » pour ses avocats, Mes Guy et Pierre Debuisson, son attitude est « inquiétante » : « Il a fait une décompensation il y a quelques jours, ce qui explique son comportement particulier. Il est en proie à des médicaments qui l’ont ramolli. Il est innocent, on a construit un coupable idéal ». Il est jugé pour homicide volontaire.

Les enquêteurs de la section de recherche sont entendus ce jeudi après-midi. La fille, le mari, la soeur et la mère de Patricia Bouchon assistent au procès.

La joggeuse Patricia Bouchon avait disparu le jour de la Saint-Valentin 2011. Partie courir à 4h30 du matin, autour de Bouloc, à 25 km au nord de Toulouse, la mère de famille de 49 ans, secrétaire dans un cabinet d'avocats, n'était jamais revenue. Son corps avait été retrouvé un mois et demi plus tard, les vertèbres et le crâne enfoncés.



Source : La Dépêche le 14 mars 2019

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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 17 mars 2019, 16:01

Meurtre de la joggeuse de Bouloc: Une Clio, des doutes et des mensonges au procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon

PROCES Le procès de Laurent Dejean, meurtrier présumé de Patricia Bouchon, a débuté ce jeudi devant les Assises de la Haute-Garonne, dans une ambiance particulière

.
•Au premier jour d’audience de ce procès qui doit durer plus de quinze jours, l’accusé a à nouveau clamé son innocence.
•Lors de l’audition des gendarmes qui ont mené l’enquête, l’avocat général a pointé certains éléments à charge de l’enquête, au grand dam des parties civiles.
•Portrait-robot, comportement, déclarations… Les enquêteurs ont détaillé les éléments qui les ont menés à Laurent Dejean.

« Cela fait quatre ans que je suis en prison pour rien ». Ce sont les premiers mots prononcés par Laurent Dejean, ce jeudi à l’ouverture de son procès devant les Assises de la Haute-Garonne.

L’homme de 39 ans, hospitalisé en psychiatrie il y a encore quelques jours pour une décompensation, doit répondre du meurtre de Patricia Bouchon, cette secrétaire juridique assassinée le 14 février 2011 à Bouloc alors qu’elle faisait son jogging quotidien.

Il est resté apathique tout au long du rappel des faits, à peine a-t-il reconnu en début d’audience avoir possédé une Clio, ce qu’il avait nié un temps devant les gendarmes. Une voiture qui a son importance, puisque c’est un des éléments qui relie l’accusé au meurtre.

La Clio, sa couleur et des doutes

Quelques instants après avoir croisé la joggeuse, un témoin a évité de justesse une voiture stationnée sur la chaussée tous feux éteints. Une Clio grise selon ses déclarations aux enquêteurs.

Or celle de Laurent Dejean était blanche a rappelé l’avocat général, David Senat. « Le témoin a toujours parlé de couleur claire », assure un gendarme. « On peut s’interroger sur cette rectification pour les besoins de la cause », poursuit le représentant du ministère public qui ne semble pas prêt à porter l’accusation. Il est dans la lignée de son prédécesseur, qui, il y a un an, s’était positionné contre le renvoi de Laurent Dejean devant les assises.

Sur les bancs des parties civiles, la famille de Patricia Bouchon trépigne, ne comprenant pas les interventions de l’avocat général « à décharge ». Alors que pour eux, des éléments à charge existent.

Un portrait-robot et des regrets

Quatre enquêteurs se sont succédé à la barre pour détailler tous les indices qui les ont poussés vers Laurent Dejean et sa mise en examen en février 2015.

Avant d’étudier cette piste, ils en ont éliminé beaucoup d’autres. Mais après la diffusion, fin 2013, du portrait-robot de l’homme qui se trouvait au volant de la Clio croisé par le témoin principal, ils ont reçu un appel anonyme dénonçant Laurent Dejean.


Cet habitant de Bouloc, ils l’avaient déjà interrogé quelques mois après le meurtre en raison de son comportement bizarre. Un gendarme avait alors été frappé par la ressemblance de Laurent Dejean avec le portrait-robot. « Mais à l’issue de son audition, il n’y avait pas d’éléments, plusieurs individus présentaient une similitude avec le portrait-robot et nous n’avions pas connaissance qu’il avait eu une Clio », justifie Didier Bonnin, un des directeurs d’enquête de l’affaire. Tout en regrettant aujourd’hui « de ne pas avoir enclenché les vérifications ».

Il aura donc fallu attendre la diffusion auprès du grand public du portrait-robot pour que l’hypothèse Laurent Dejean ressurgisse. Au total, 37 personnes l'ont reconnu, parmi lesquels sa propre sœur, sa tutrice ou son employeur. Ils ont été aussi plus de 30 à indiquer que l’accusé était en possession d’une Clio au moment des faits.

Changement de comportement

Ses accès de violence, notamment contre sa mère, ses sorties nocturnes à la recherche de cigarettes et de cannabis au volant de sa voiture vont continuer à forger la conviction des enquêteurs. Tout comme ses mensonges lorsqu’il a dit à son patron qu’il était arrêté pour une tendinite alors qu'il s'agissait de problèmes psychiatriques.

Après la mort de Patricia Bouchon, son comportement a aussi changé, « il a cessé de dealer juste après le meurtre, il a démissionné sans raison, précisant qu’il ne voulait pas que cette affaire lui retombe dessus », relève un des enquêteurs. Avant d’ajouter : « Sa famille très proche l’a soupçonné de la mort de Patricia Bouchon ».


Source : 20 Minutes le 14 mars 2019

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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 17 mars 2019, 16:04

Meurtre de la joggeuse de Bouloc: Pourquoi Laurent Dejean se retrouve ce jeudi dans le box des accusés ?

PROCES Ce jeudi s'est ouvert le procès de Laurent Dejean, meurtrier présumé de la «joggeuse de Bouloc». Si plusieurs indices mènent à cet homme instable, des questions restent en suspens en l'absence de preuves directes
•Quatre ans après le meurtre, Laurent Dejean, un plaquiste de la commune, a été mis en examen en raison d’un faisceau d’indices « graves et concordants », mais sans preuve matérielle.

•Son procès a débuté ce jeudi devant la Cour d’assises de la Haute-Garonne et doit s’achever le 29 mars.

Un profil et un comportement troublants

Quelques jours avant l'ouverture de son procès, Laurent Dejean était hospitalisé pour « décompensation psychologique ». Son expertise psychiatrique, réalisée au cours de l’instruction, a montré que ce plaquiste souffrait de schizophrénie paranoïde. Des troubles qui se sont accentués au moment du meurtre de Patricia Bouchon.

Ce dont vont témoigner plusieurs de ses proches, y compris son ex-petite amie. Quelques jours seulement après la disparition de la mère de famille, il sera hospitalisé en psychiatrie. A son patron, il dira pourtant que s’il ne revient pas, c’est à cause d’une tendinite.


C’est un des éléments qui ont participé à forger la conviction des gendarmes en charge de l’enquête. Au même titre que son attitude lorsqu’il apprend qu’un de ses collègues de travail va faire l’objet d’un prélèvement ADN. Ce jour-là, il quittera précipitamment l’entreprise. Et arrêtera de consommer de la drogue, alors qu’il était connu pour être accro à diverses substances.

Une Clio et un portrait-robot

Mais, c’est un témoignage qui va changer le cours de l’enquête et conduire, quatre ans après les faits, à la mise en examen de Laurent Dejean.

Quelques jours après la disparition de Patricia Bouchon, un homme s’est présenté aux gendarmes pour leur signaler qu’il avait croisé le 14 février la joggeuse vers 4 h 35 du matin en train de courir. Et quelques secondes plus tard, l’automobiliste a indiqué qu’il avait évité de justesse une Clio, stationnée tous feux éteints sur la chaussée, et dont le conducteur a démarré en trombe après avoir croisé sa route.

Grâce à ce témoin les enquêteurs vont dresser un portrait-robot, qui sera diffusé le 16 octobre 2013.

Image
Portrait-robot de l'agresseur de Patricia Bouchon. - Gendarmerie

Pas moins de 37 personnes, notamment des proches, vont indiquer qu’ils reconnaissent Laurent Dejean dans ce portrait-robot. Ils sont aussi nombreux à confirmer que ce dernier a possédé durant un temps un Clio, dont il se serait débarrassé 2 ou 3 jours après le meurtre.

Des déclarations troublantes

Patricia Bouchon avait eu les vertèbres cervicales et le crâne brisés sous les coups de son agresseur, le 14 février 2011, alors qu'elle faisait son jogging matinal près de son domicile de Bouloc à 30 kilomètres au nord de Toulouse.

Lorsqu’il est entendu pour la première fois par les gendarmes, dans les premiers jours après de l’enquête, Laurent Dejean leur a expliqué qu’il avait aperçu des membres des forces de l’ordre sur le chemin le 14 février à 7h du matin. Sauf que ce n’est que le 15 février que ce lieu a été identifié comme étant le lieu du meurtre.

Des années plus tard, alors qu’il est placé en garde à vue, il va embrasser devant les enquêteurs une photo de la victime. Pierre-Yves Couilleau, procureur de la République de l’époque, racontera que Laurent Dejean aurait alors dit : « J’ai fait mon deuil pour Patricia Bouchon, je n’y pense plus ».

De l’ADN, mais pas celui de Laurent Dejean

Autant d'indices «solides et concordants qui convergent tous vers Laurent Dejean», souligne Léna Baro, l'avocate de la famille de Patricia Bouchon. Mais aucune preuve matérielle directe pour le confondre. Si des traces d’ADN masculin ont été retrouvées sur des mégots ou sur les vêtements de Patricia Bouchon, « on ne retrouve pas du tout celui de Laurent Dejean où il y en a forcément eu, puisqu’il y a eu agression et donc contact », plaide Guy Debuisson, l’un de ses avocats.

Ce dernier remet aussi en cause le témoin principal, celui qui a certainement croisé la route du meurtrier à la Clio. Lors d’un « tapissage », cette procédure qui consiste à désigner le suspect parmi plusieurs autres personnes, « il va reconnaître quelqu’un d’autre », poursuit l’avocat.

Un procès mais sans le soutien de l’accusation

Des éléments concrets qui manquent au dossier et qui ont poussé il y a un an l’avocat général à ne pas soutenir le renvoi de Laurent Dejean devant les Assises. « On a toujours dit que le parquet est un et indivisible, je suis persuadé que lors du procès l’avocat général viendra confirmer ce que son collègue a déjà dit », poursuit Guy Debuisson pour qui c’est au ministère public de porter l’accusation et d'apporter la preuve.

Une relaxe que la famille de Patricia Bouchon n’ose pas envisager, mais à laquelle elle se prépare. « Cela fait quatre ans qu’il est incarcéré, toutes ses demandes de sortie ont été rejetées, c’est bien qu’il y a des éléments contre lui », relève la fille de la victime, Carlyne Bouchon.


Source : 20 Minutes

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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 17 mars 2019, 16:07

Toulouse: La famille de Patricia Bouchon témoigne au procès, sur fond de tensions avec l'avocat général

PROCES Le mari de Patricia Bouchon a livré un témoignage émouvant au second jour du procès de meurtrier présumé de sa femme, après une passe d’armes avec l’avocat général


•Les parties civiles ont reproché vendredi à l'avocat général de prendre le parti de l'accusé.
•La famille de la victime a raconté à la barre qui était Patricia Bouchon.

Au deuxième jour du procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon, la cour d’assises a entendu les témoignages de Christian Bouchon, son mari, et Carlyne, sa fille âgée de 34 ans. Une audience dans un climat tendu après une première journée d’audience où les parties civiles ont eu le sentiment que l’avocat général prenait le parti de Laurent Dejean, l’accusé.

Cet ancien plaquiste de 39 ans est soupçonné d’avoir tué la joggeuse de Bouloc, dont le corps avait été retrouvé le 29 mars dans une canalisation, le crâne fracassé.

Passe d’armes avec l’avocat général

« La partie civile est très blessée, limite outragée », a lâché vendredi matin Christian Bouchon, à la barre de la cour d’assises. L’attitude de l’avocat général a choqué le mari de Patricia Bouchon, touché par les critiques du représentant du ministère public envers les enquêteurs, estimant qu’il ne portait pas l’accusation.

Une sortie qui a créé un moment de tensions ce vendredi matin dans la cour d’assises qui doit juger Laurent Dejean, présenté comme « psychotique » pendant l’enquête. Visiblement furieux, l’avocat général a rétorqué qu’il n’avait pas à s’expliquer « sur quoi que ce soit », menaçant même de se retirer de l’audience. Le calme est revenu quand le président a assuré « qu’il n’y a(vait) absolument pas de conviction pré-établie ».

Témoignages émouvants de la famille

Après cet incident, la famille de la victime a raconté à la barre qui était Patricia Bouchon. « Ma femme était un contraste : elle était très peureuse, et en même temps capable d’aller courir à 4 heures du matin, a déclaré Christian Bouchon, avouant son sentiment de culpabilité. C’est un mal qui me ronge de n’avoir pas pu empêcher ça, j’ai fait beaucoup de choses pour essayer de la soigner ».

Cette femme de 49 ans souffrait de nombreux troubles obsessionnels, comme de faire un jogging quotidien à 4h30 du matin durant 35 minutes exactement. Sa fille Carlyne a raconté comment sa vie s’est arrêtée ce 14 février 2011, jour de la disparition de sa mère. « Le jour de la fête des amoureux, on a brisé mon cœur, on m’a enlevé une partie de moi », a-t-elle confié, avant d’assurer d’être « convaincue de la culpabilité de l’accusé ».

Durant ces deux premiers jours de procès, Laurent Dejean a paru absent, ayant parfois des difficultés à répondre aux questions du président de la cour d’assises. Le procès doit se tenir jusqu'au 29 mars. L’accusé encourt 30 ans de réclusion criminelle.



Source : 20 Minutes le 15 mars 2019

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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 19 mars 2019, 19:29

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : le chef d'enquête sur le gril



l'essentiel

Le dernier chef d'enquête dans le meurtre de la joggeuse de Bouloc, Patricia Bouchon, le 14 février 2011, s'est expliqué longuement hier après-midi devant la cour d'assises de la Haute-Garonne. Il a détaillé son travail face à des avocats de la défense virulents.


«Le rôle d'un enquêteur n'est pas de tirer des hypothèses mais de faire une analyse objective de la situation à partir des constatations», tonne Me Guy Debuisson devant la cour d'assises de la Haute-Garonne. Hier, au troisième jour du procès de Laurent Dejean, 39 ans, suspect n° 1 dans le meurtre de Patricia Bouchon, une mère de famille de 49 ans tuée alors qu'elle faisait un footing nocturne, le 14 février 2011 à Bouloc au nord de Toulouse (nos éditions précédentes), le témoignage du dernier chef d'enquête a occupé la majorité des débats.

Il s'agissait notamment d'établir la façon dont le témoin clef, qui se présentera à la barre ce matin, a réalisé le portrait-robot du suspect croisé quelques minutes avant l'agression de la joggeuse, en pleine nuit, sur la route de Fronton. «Il croise d'abord Patricia Bouchon qui court normalement et ne semble pas inquiète, rapporte le gendarme. Quelques centaines de mètres plus loin, il freine brusquement pour éviter une collision avec un véhicule, une Clio première génération. Il parvient à s'arrêter, la contourne par la droite et s'arrête à hauteur du conducteur.»


Ce témoignage permet aux enquêteurs de la section de recherches d'affirmer que Patricia Bouchon se trouve à 253 mètres du chemin où elle sera agressée. Le véhicule, lui, est à 543 mètres. «Si Patricia court à 8 km/h, il lui faut 1mn53. Si elle est à 10 km/h, il lui faut 1mn31. Le véhicule, s'il roule à 80 km/h est à 24 secondes. À 90 km/h, il est à 21 secondes.»

Et de décrire un scénario de l'agression : «Elle a pu être rattrapée par le conducteur de la Clio au niveau du chemin. Ce qui nous frappe, c'est la soudaineté. L'entrée du véhicule dans le petit chemin est précipitée. Il y a un freinage brutal et, immédiatement, on retrouve des touffes de cheveux de la victime. Je pense qu'il lui a coupé la route. Je pense que l'agression est soudaine et violente».

«On vous demande une analyse objective, pas des supputations ou des analyses personnelles, s'agace Me Guy Debuisson. Je préfère un témoin visuel plutôt que quelqu'un qui fait des hypothèses derrière un bureau».

À l'analyse du dossier, l'avocat regrette la façon dont certaines questions ont été posées en garde à vue à son client à l'époque «sous curatelle». «Parce qu'au bout de quatre ans on n'a personne, le gendarme fait de Dejean le coupable idéal de manière insidieuse. Le procédé me heurte. Il est sous curatelle et on lui explique qu'il est coupable».

Le président Roussel tempère : «C'est une longue enquête de grande qualité». Droit à la barre, l'enquêteur résume le faisceau d'indices qui a conduit à Laurent Dejean et dévoile l'auteur du renseignement anonyme qui mènera Laurent Dejean en garde à vue : son meilleur ami. Pour le gendarme, au terme de l'enquête, «on a vérifié tout ce qu'il y avait à vérifier sur M. Dejean.»


Clio grise ou Clio blanche ?

Le témoin clef du procès de Laurent Dejean sera à la barre aujourd'hui, dès 9 heures, ce chauffeur-livreur qui partait au travail cette nuit-là devra fournir de nombreuses explications. Celui-là même qui a reconnu Laurent Dejean «à 90 % voire plus» lors de la reconstitution mais qui ne l'a pas désigné lors d'un tapissage, maintiendra-t-il son témoignage ?

La question cruciale de la couleur de la Clio que l'homme qu'il a croisé conduisait sera largement abordée. Claire, grise, gris anthracite… au cours de ses auditions, son témoignage a varié. Il devra le préciser aujourd'hui, 8 ans après.

Une trentaine de proches de Laurent Dejean lui attribue aussi une Clio autour de la période des faits. Mais pour eux, elle est blanche.

Les nombreuses investigations menées par les gendarmes jusqu'en 2017, en Haute-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne afin de retrouver ce véhicule n'ont jamais rien donné. La fameuse Clio n'a jamais été retrouvée.

Source : La Dépêche le 19 mars 2019

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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 19 mars 2019, 19:29

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : le principal témoin malmené par les avocats du suspec



Le président Guillaume Roussel a averti Nicolas Gelis dès le début de l'audience: "Vous connaissez l'enjeu de vos déclarations", lui a-t-il signifié, le témoin soulignant que l'audience se tenait 8 ans après les faits.
"Avec ma mémoire, ça va pas être facile", a-t-il déclaré avant de se lancer dans le récit de cette journée du 14 février 2011, le jour de la Saint-Valentin.
Pour "démarrer" son travail à 05H00, raconte ce livreur, il prend une petite route, croise vers 04H30 "quelqu'un qui faisait un jogging", quelque chose "d'inhabituel à cette heure-là", puis "une voiture" stationnée un peu plus loin et empiétant sur sa voie.

Nicolas Gelis répète les déclarations qu'il a faites devant la police où il s'est rendu 5 jours après les faits, sur les conseils de sa mère : il s'arrête à la hauteur de cette voiture, "la même" que la sienne, "une Clio" qui redémarre rapidement, le chauffeur "faisant hurler le moteur".
Mais il a eu le temps de l'apercevoir et se "rappelle de la personne à l'intérieur", son "regard fuyant, un regard "de peur et de surprise". C'est grâce à sa description que sera établi un portrait robot du suspect.
Celui-ci ne sera diffusé publiquement que 2 ans et 8 mois plus tard mais permettra toutefois d'appréhender l'accusé, grâce à un coup de fil anonyme.

Mais à quelle hauteur de la Clio s'est-il arrêté ? Ses déclarations ont varié : 7 mètres, 5m, 3m et même 1,50m. "Soyez précis, lui enjoint le président, "l'enjeu est important".
Le plafonnier de la Clio était-il allumé ? "Je crois", dit le témoin, alors qu'il l'a affirmé mais seulement trois ans après ses premières déclarations.
La couleur de la Clio ? Grise, avait-il déclaré. Mais sur ce sujet, sa mémoire va lui jouer à nouveau des tours, puisqu'il parle ensuite d'une voiture blanche.
"Vous avez dit lors de deux auditions, à six reprises, que la Clio était grise", va tempêter plus tard un des avocats de la défense, Me Guy Debuisson. "Toutes vos déclarations évoluent à l'encontre des intérêts de M. Dejean", tonne-t-il.
L'avocat s'étonnera aussi que lorsque pendant l'instruction on présentera douze portraits de suspects au témoin, il ne reconnaisse pas parmi eux l'accusé.

Mais mardi, personne ne lui a demandé s'il reconnaissait en M. Dejean le chauffeur de la Clio.

L'audition d'autres témoins --le directeur de l'association d'insertion pour laquelle l'accusé travaillait, la secrétaire-comptable, des collègues-- n'apportera pas d'éléments supplémentaires, personne ne se souvenant s'il a travaillé le jour de la disparition de Patricia Bouchon, âgée de 49 ans.
Dans le box des accusés, M. Dejean, qui a toujours clamé son innocence, semble un peu éteint et n'a eu aucune réaction pendant les débats.
Le procès doit s'achever le 29 mars. Mais il a bien failli ne pas avoir lieu : en janvier 2018, l'avocat général de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse avait estimé qu'il n'y avait pas, dans le dossier, les éléments nécessaires pour un renvoi devant les assises. Ce réquisitoire avait été infirmé par la chambre de l'instruction.


Source : La Dépêche du Midi le 19 mars 2019

marathon
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Re: Meurtre d'une joggeuse près de Toulouse: non-lieu requis pour le seul suspect

Messagepar marathon » 20 mars 2019, 19:13

Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : le portrait de Laurent Dejean par ses collègues et voisins



Céline Pagès est secrétaire dans la dernière entreprise de Laurent Dejean.



Mardi 19 mars 2019, 4ème jour d'audience dans le procès de Laurent Dejean pour le meurtre de Patricia Bouchon, les collègues et voisins du prévenu sont venus à la barre pour tenter de décrire sa personnalité et ses comportements au moment des faits.

Ils n'en ont pas tous le même souvenir mais un élément ressort de chacun des témoignages des anciens collègues de Laurent Dejean, c'est son caractère instable.

Le jeune homme, plutôt solitaire et discret, peut se comporter de manière "normale", polie et dans la minute qui suit, se mettre en colère, crier, serrer les poings et claquer des portes.

Une "bombe à retardement", "une cocotte-minute", décrit un de ses anciens collègues. En 2009, il est embauché sur un chantier de réinsertion. Laurent Dejean y travaille et le "coache" durant une semaine. "Au fil du temps, je me suis aperçu qu'il était impulsif. On ne pouvait pas lui dire comment travailler, il ne supportait pas les réflexions. Un jour, ça allait. Le lendemain, il faisait la gueule, on ne pouvait pas lui adresser la parole. Il lui arrivait de menacer des gens. Et parfois, après, il s'excusait", explique ce témoin à la barre du tribunal.

Au moment de la disparition de Patricia Bouchon, Laurent Dejean travaille dans une entreprise spécialisée de la région de Bouloc. Quelques jours après les faits, il est arrêté par un médecin. Puis il est placé en unité psychiatrique. Avant de solliciter son licenciement.
A son patron qui témoigne à la barre ce mardi, il explique : "J'ai entendu dire qu'il allait y avoir des tests ADN, je ne veux pas te créer d'ennuis".

La secrétaire de cette même enteprise témoigne elle aussi. "Il m'a dit qu'il voulait partir pour oublier". Elle décrit un homme "perturbé, mal à l'aise, inquiétant". Et reconnaît dans le portrait-robot établi suite au témoignage-clé de Nicolas Gelis des troublantes similitudes avec Laurent Dejean.

Même trouble pour l'une de ses voisines, qui réside dans l'immeuble où Laurent Dejean vit à Bouloc et a tissé des liens amicaux avec lui. Le portrait-robot est très ressemblant, dit-elle. Avant d'expliquer les changements de comportement de Laurent Dejean, dans le courant de l'année 2011. Il a des crises, l'accuse de pratiquer la sorcellerie contre lui. Il lui fait peur et elle prend ses distances.
Au président de la cour d'assises de Haute-Garonne qui l'interroge, elle répond : "Oui, j'ai pensé à lui au moment des faits. Je lui ai même demandé pour plaisanter mais pas seulement s'il avait quelque chose à voir avec la disparition de Patricia Bouchon. Il m'a dit : "Arrête tes conneries !".

Madame Nathalie P., masseur-kinésithérapeute, n'a quant à elle pas tellement envie de rire quand elle évoque sa seule et unique rencontre avec le prévenu. A l'époque, elle soigne la mère de Laurent Dejean au domicile familial, en vue d'une prochaine opération. Elle raconte qu'elle l'a vu rentrer dans la maison "râlant, invectivant sa mère, claquant des portes". Sa patiente lui dit de ne pas s'inquiéter : "N'ayez pas peur". Avant de lui raconter que c'est un fait habituel, et que son fills l'a déjà menacé physiquement.

Voisins, anciens collègues : les témoignages se succèdent, aucun ne plaide en faveur de l'accusé. Les détails, de plus, se répètent, troublants. Ainsi ces remarques sur la façon de conduire de Laurent Dejean : "Il conduisait comme un fou", "Il aimait faire crisser les pneus", "Il arrivait en faisant des dérapages".
Comme un écho au témoignage-clé de Nicolas Gelis, ce matin...

* Le procès de Laurent Dejean devant la cour d'assises de Haute-Garonne se tient jusqu'au 29 mars.

Les grandes dates de l'affaire Patricia Bouchon

14 février 2011 : disparition de Patricia Bouchon alors qu'elle fait un footing à Bouloc, vers 4h du matin.
15 février 2011 : découverte d'effets personnels de Patricia Bouchon et d'une importante trace de sang dans une impasse de Bouloc ; lancement d'un avis de recherches.
19 février 2011 : déposition de Nicolas Gelis qui a croisé Patricia Bouchon et une voiture suspecte le 14 février. Etablissement d'un portrait-robot.
28 février 2011 : ouverture d'une information judiciaire contre X pour homicide volontaire.
29 mars : découverte par un chasseur du corps de Patricia Bouchon à Villematier, à dix kilomètres de Bouloc.
15 octobre 2013 : à la demande de la famille, diffusion du portrait-robot établi d'après la déposition de Nicolas Gelis le 19 février 2011.
9 février 2015 : mise en examen de Laurent Dejean (après trois gardes à vue, entre 2012 et 2015).
18 janvier 2018 : saisi par Laurent Dejean qui clame son innocence et fait appel de son renvoi devant une cour d'assises, le parquet requiert un non-lieu, en l'absence de preuve formelle.
16 février 2018 : la chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse va à l'encontre de ce réquisitoire et ordonne le renvoi de Laurent Dejean devant la cour d'assises de Haute-Garonne.
14 mars 2019 : début du procès de Laurent Dejean, jugé pour meurtre.


Source : France Info le19 mars 2019


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