Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 10 nov. 2018, 13:33

Affaire Fourniret : des ADN inexploités depuis 15 ans


Ces pièces pourraient détenir l’identité de nouvelles victimes du tueur, mais la justice française n’aurait jamais demandé le rapatriement de ces traces afin qu’elles soient analysées.




Michel Fourniret et son ex-femme comparaîtront mardi devant la cour d’assises de Versailles pour l’assassinat de la femme de son ancien codétenu, Farida Hammiche, en 1988.

Certaines clés du mystère Fourniret se trouveraient encore à Bruxelles. C’est en tout cas ce qu’affirme le spécialiste des tueurs en série, Stéphane Bourgoin, dans son nouveau livre consacré aux derniers secrets de Michel Fourniret. L’auteur assure que quatre ADN inconnus prélevés à l’arrière de sa camionnette, après l’arrestation de Fourniret à Ciney en 2003, se trouvent à l’Institut national de Criminalistique et de Criminologie (INCC) à Bruxelles. Cela au grand dam des enquêteurs français qui aimeraient voir ces profils génétiques introduits dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), dans l’espoir d’identifier d’autres victimes potentielles de Michel Fourniret. Selon les enquêteurs français que Stéphane Bourgoin a pu interroger, il manque un cadre légal qui permettrait de rapatrier ces éléments en France.

En plus des quatre ADN conservés à l’INCC, l’auteur révèle dans son livre que deux autres ADN inconnus existent en France. « Dont un dans le dossier d’instruction d’Estelle Mouzin qui n’est pas celui d’Estelle Mouzin, et un autre qui a été introduit dans le Fnaeg mais n’a pas donné de résultat », nous précise l’auteur français qui est persuadé que l’ADN correspond à d’autres victimes de l’Ogre des Ardennes. Monique Olivier, l’ex-femme de Fourniret, l’accuse notamment d’avoir tué en août 1993, une baby-sitter dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Les familles dénoncent


Si du côté des avocats des familles des victimes, on confirme être au courant de l’existence de scellés qui n’ont jamais été exploités, on refuse de s’étendre sur le sujet. « Cela fait partie des instructions en cours. Il y avait des traces qui n’avaient pas été traitées en France et en Belgique, ce qui est scandaleux », concède Me Corinne Herrmann qui représente notamment les familles Parrish, Domèce et Mouzin. En septembre dernier, les enquêteurs en charge du dossier de la disparition en 2003 de la petite Estelle Mouzin, 9 ans, réexploraient la piste Fourniret. Bien que ce dernier ait toujours nié toute implication dans cette affaire, ces ADN pourraient permettre de faire avancer l’enquête.


«Il y avait des traces qui n’avaient pas été traitées en France et en Belgique, ce qui est scandaleux»
Me Corinne Herrmann

Toutes les personnes impliquées dans l’affaire Fourniret en sont persuadées, il se retrouvera encore sur le banc des accusés dans les années à venir. Selon l’avocate des familles, le tueur en série pourrait être jugé d’ici deux ans pour les meurtres de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce, qu’il vient d’avouer. « Des victimes, il y en a encore d’autres », assure Me Herrmann.



Source : l'Ardennais le 10 novembre 2018

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 15 nov. 2018, 10:17

Michel Fourniret et Monique Olivier devant les assises des Yvelines pour le trésor du gang des postiches


Michel Fourniret et son ex-épouse Monique Olivier, devant les assises des Yvelines, pour l'assassinat de Farida Hammiche. Déjà condamnés, il y a 10 ans, pour le meurtre de sept jeunes femmes, le couple comparait, pour un meurtre crapuleux, lié au trésor du gang des Postiches.
L'histoire est digne d'un scénario de polar. Elle débute dans les années 80. Michel Fourniret n'est pas encore le tueur en série que l'on connait aujourd'hui. Cependant, il a déjà commis plusieurs agressions sexuelles, qui le conduisent derrière les barreaux de Fleury-Mérogis. Là, il partage la cellule de Jean-Pierre Hellegouarch, un ancien braqueur d'extrème-gauche, qui lui confie savoir où se trouve le trésor du gang des postiches, ces pilleurs de banques qui sévissaient affublés de perruques et de fausses moustaches. Et d'après le truand breton, il y aurait des dizaines de kilos d'or.



La chasse au trésor

Une fois sorti de prison, Michel Fourniret, sa femme, Monique Olivier et la femme du breton, Farida Hammiche, s'en vont, une nuit de 1988, déterrer le butin, au pied d'une tombe, dans un cimetière du Val d'Oise. Et, en effet, ils découvrent bien le trésor, caché dans une boite à outils. Ils vont tous les trois, cacher leur butin, dans l'appartement de Farida Hammiche. Fourniret doit en toucher une part. Mais cela ne lui suffit pas. D'après les aveux du couple diabolique, un mois plus tard, les Fourniret tendent un piège à la jeune femme de 30 ans.

Le piège tendu

Sous un prétexte fallacieux, les "ogres des Ardennes", attirent Farida Hammiche, en pleine nuit, en forêt de Rambouillet. Là, c'est l'exécution. La jeune femme est tuée à coups de baïonnette, puis étranglée, avant d'être enterrée dans un lieu inconnu. Le corps n'a jamais été retrouvé. Pendant des mois, le couple joue la comédie, affirmant qu'ils sont sans le sou, allant même jusqu'à participer aux recherches pour tenter de retrouver la jeune femme disparue, jusqu'à ce que Jean-Pierre Hellegouarch finisse par découvrir que les deux ardennais sont châtelains. IL tente de se venger. Le couple prend peur et s'enfuit en Belgique.

Le procès

Sur le banc des parties civiles, la famille Hammiche et Jean-Pierre Hellegouarch qui espèrent, au travers de ce procès, pouvoir faire le deuil, retrouver le corps de Farida Hammiche et pouvoir lui donner des obsèques correctes. Farida Hammiche fait partie des huit femmes que le tueur a reconnu avoir tuées. L'affaire a été évoquée lors du procès de 2008, mais n'avait jamais été jugée jusqu'à ce jour.


Source : France Bleu Paris le 12 novembre 2018

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 15 nov. 2018, 19:26

À son procès, Michel Fourniret parle par énigmes et nargue les parties civiles

Michel Fourniret, jugé à la Cour d’assises des Yvelines pour assassinat, a joué avec les nerfs des parties civiles ce jeudi. Provoquant même la colère de ces derniers en répondant par des bribes d’informations et périphrases.

Michel Fourniret a joué avec les nerfs des parties civiles à son procès jeudi, distillant bribes d’information et périphrases sur le lieu où est enterrée sa victime Farida Hammiche, dont le corps n’a jamais été retrouvé. « Vous nous avez dit que vous aviez dissimulé le corps dans une carrière de sable et après, vous avez dit que vous ne vous en rappeliez plus, M. Fourniret. Alors, c’est quoi ? », a attaqué, frontal, Me Didier Seban, avocat du veuf de Farida Hammiche. « Les deux », répond bras croisés Michel Fourniret, regard perçant braqué sur l’avocat.

Le tueur en série est soupçonné d’avoir assassiné Farida Hammiche, rencontrée par le biais de son mari, un ancien compagnon de cellule, pour lui dérober le butin amassé par le « gang des postiches », célèbre équipe de braqueurs ayant opéré dans les années 1980. « Quel est le plus important, la vie humaine ou un stock d’or ? », poursuit Me Seban, devant les assises des Yvelines. « Vous me posez là une question que vous poseriez à quelqu’un d’honorable. Je ne suis pas quelqu’un d’honorable », réplique le tueur en série, stoïque.

« Je suis à la fois un dingue et un sale type »

L’avocat insiste, tente de le forcer à révéler l’endroit où se trouve le corps. « Si je l’avais le lieu, je vous le dirais », hurle soudain Michel Fourniret avant de recouvrer aussitôt son calme. « Et dans la série, Farida Hammiche, c’est la deuxième ? Y en a-t-il d’autres ? », interroge Me Seban. Réponse : « Certainement des milliers puisque vous subodorez. » « Je ne subodore rien, réplique l’avocat, vous avez dit en avoir tué deux par an ». Fourniret ironise alors : « C’est pas deux, c’est cinquante. » Yolaine Bancarel, avocate de la famille Hammiche, prend le relais et tente de lui faire fendre l’armure. « Pourquoi faites-vous payer le prix aux frères et sœurs de Farida ? Ils vous ont fait quoi, ces gens-là ? » « Je suis à la fois un dingue et un sale type », se contente de répondre Fourniret.

L’avocate veut une réponse, « oui ou non » Michel Fourniret sait-il où il a caché le corps ? « Honnêtement, à cet instant, je ne le sais pas, […] mais il n’est pas impossible que dans le subconscient, quelque chose apparaisse », assène Fourniret, provoquant la colère des parties civiles. Me Seban revient à la charge et évoque le viol que la mère de Fourniret lui aurait fait subir lorsqu’il était enfant. « C’est pour ça que vous en voulez à toutes les femmes ? », interroge le conseil. « C’est pas impossible », répond l’accusé. Le verdict est attendu vendredi soir.


Source : Ouest France le 15 novembre 2018

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 16 nov. 2018, 12:23

Le tueur en série Michel Fourniret et sa complice, Monique Olivier, sont jugés pour l'assassinat d'une jeune femme en 1988. Cette première journée sera consacrée à la personnalité des accusés

Premier jour

http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... ct_premium



Deuxième jour


http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... ium#948088


Troisième jour

http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... ssinat.php



Quatrième jour

http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... tiches.php

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 19 nov. 2018, 10:00

Procès Fourniret : «Si je l’avais le lieu, je vous le dirais !»


Au troisième jour de leur procès devant la cour d’assises des Yvelines, Michel Fourniret, 76 ans, et Monique Olivier, 70 ans, ont raconté l’assassinat de Farida Hammiche en 1988. Le verdict est attendu vendredi soir.



A certains moments, Michel Fourniret a l’air d’un type gâteux et dur de la feuille qui marmonne des propos décousus, rate la marche entre deux phrases et tombe dans le silence. A d’autres, le voilà qui prend une voix de vieux sage pour professer quelques maximes : «La crainte n’évite pas le danger», «une résolution se prend un jour et s’oublie le lendemain». Ou s’abriter derrière de polis faux-fuyants : «Je n’ai pas souvenance», «je ne saurais vous dire», «ce n’est pas impossible», «allez savoir». Savoir, justement, c’est ce qu’aimeraient bien les jurés de la cour d’assises des Yvelines. Michel Fourniret et Monique Olivier ont déjà avoué l’assassinat de Farida Hammiche pour lequel ils sont jugés, ce n’est donc pas l’enjeu de l’audience. Pas plus que le quantum de la peine qui sera prononcée puisqu’ils sont déjà condamnés à la perpétuité pour sept crimes commis entre 1987 et 2001. Mais reste à savoir pourquoi ce jour d’avril 1988, ils ont décidé de s’en prendre à Farida Hammiche. Savoir où est son corps. Savoir s’il existe encore d’autres victimes inconnues dans le sillage du tueur en série.

Ce jeudi, Michel Fourniret et Monique Olivier s’expriment pour la première fois sur les faits. Ils en racontent d’abord les prémices : la fameuse expédition au cimetière pour déterrer un trésor, sur consignes du braqueur Jean-Pierre Hellegouarch, le mari de Farida Hammiche et l’ancien codétenu de Michel Fourniret à Fleury-Mérogis. Cette nuit de 1988, l’équipe repart avec une caisse pleine de lingots et de pièces d’or puis les cache dans l’appartement de Farida Hammiche. Michel Fourniret ne tarde pas à ruminer : «Vous connaissez la phrase : "Sœur Anne ne vois-tu rien venir ?" Il en fut de même avec Hellegouarch. Une fois le travail effectué, il n’était plus question de rien.» Autrement dit, le dévoué «terrassier» n’aurait pas touché sa part du magot. «Comme je n’ai pas eu d’écho de la matérialisation des promesses de Jean-Pierre, je me suis servi», dit-il dans un langage châtié dont il semble se gargariser. Sauf que l’explication ne tient pas, les jurés le savent : Monique Olivier a toujours dit qu’il avait perçu 500 000 francs remis par Farida Hammiche. Elle l’a encore confirmé devant la cour : «Je sais qu’il a eu sa part. Il voulait plus, il estimait que ce n’était pas assez.»

«Premier des salauds»

«La raison pour laquelle je l’ai tuée est tout simplement abjecte : une question d’argent», concède l’accusé sans culpabilité aucune, posant plutôt un diagnostic. C’est ainsi que, quelques semaines après l’expédition au cimetière, le couple Fourniret se rend chez Farida Hammiche à Vitry-sur-Seine et lui demande de l’accompagner sous le prétexte de visiter une ferme. La jeune femme ne se méfie pas de ceux qu’elle surnomme «les Popeye», à cause des grosses mains de Michel Fourniret et de la silhouette surmontée d’une tignasse brune de Monique Olivier. Sans compter que ce sont des amis de son mari et que Monique Olivier est enceinte. Ils roulent ensemble jusqu’à une clairière de Clairefontaine-en-Yvelines. La voiture s’arrête. «Il me semble que Fourniret a été la rejoindre à l’arrière, elle a commencé à se débattre, détaille Monique Olivier. Je ne me souviens plus, je suis sortie.» Quand son mari la rappelle, Farida Hammiche est morte, il est en train de la charger dans le coffre. «C’est Fourniret qui décide, c’est pas moi», «j’étais prise au piège», «c’est lui qui a voulu», égrène celle qui voudrait s’afficher en femme soumise voire même inexistante, presque une ombre au côté de son mari tueur. Celle qui n’a rien dit, rien fait, rien vu.


Le président, Didier Safar, s’en remet donc à l’homme à la barbe blanche et aux petites lunettes pour obtenir les détails macabres : «Comment avez-vous tué Farida Hammiche ?», «C’est nébuleux, je sais que j’ai commis cet acte-là, mais de quelle façon, je n’en ai pas souvenance», répond l’accusé. Certainement par étranglement, pense-t-il. Le seul souvenir précis qu’il conserve, ce sont les derniers mots de la jeune femme : «La phrase m’est resté en tête, elle m’a dit : "Ne me tue pas comme ça".» Après la mort de Farida Hammiche, le couple passera la nuit dans le lit de sa victime avant de quitter son appartement les bras chargés de lingots. Comble du cynisme, ils font ensuite de son mari Jean-Pierre Hellegouarch le parrain de leur fils et couvrent de sollicitude sa famille. A la barre, les sœurs de Farida Hammiche ont raconté, un peu plus tôt, comment ceux qu’elles appellent «la crevure masculine» et «la crevure féminine» les ont aidées à rechercher la disparue, les ont même accompagnées en voiture à Bourges après qu’un radiesthésiste leur a dit qu’elle pouvait s’y trouver. «Je me suis offert en premier des salauds», commente Michel Fourniret, semblant en tirer plus de gloire que de remords.

«Je vous connais»

Les parties civiles n’attendent plus qu’une chose : savoir où est le corps de Farida Hammiche pour lui donner une sépulture. Au cour de l’instruction, Michel Fourniret a marchandé, fait espérer, temporisé, reculé. Se délectant d’avoir le monde suspendu à ses lèvres, il a baladé les enquêteurs d’un lieu à l’autre sans jamais révéler l’emplacement. «Vous vous souvenez de l’endroit ?», se lance Didier Safar. «Honnêtement, pas du tout. Aucune idée, aucune image ne me saute à l’esprit», lui répond Michel Fourniret, avant de parler évasivement d’une carrière, à Clairefontaine. Me Didier Seban, avocat de Jean-Pierre Hellegouarch – et fin connaisseur de la mécanique Fourniret puisqu’il est intervenu dans d’autres dossiers concernant le tueur en série – tente sa chance. Il s’approche du box. Se campe devant l’accusé et lui parle d’une voix ferme, avec des propos provocants. Michel Fourniret lui fait face, tête haute, bras croisés, une lueur de défi dans le regard, puis s’exclame : «Vous ne me faites pas peur mon garçon, je vous connais !», «pourquoi vous ne donnez pas le lieu ?» insiste Me Seban. Michel Fourniret hurle soudain : «Si je l’avais le lieu, je vous le dirais !» Fin de la tentative. L’avocate de la famille Hammiche s’y essaiera à son tour, par la douceur cette fois, en lui récitant le dictionnaire des sentiments «respect», «compassion», «remord» comme pour voir s’il reste quelque chose à sauver. Michel Fourniret promet de se «triturer les méninges» : «Il n’est pas impossible que dans le subconscient quelque chose apparaisse. Laissez-moi une carte.»

Source : Libération le 15 novembre 2018

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 19 nov. 2018, 10:00

VERDICT

Michel Fourniret condamné à la perpétuité, Monique Olivier à vingt ans



Après quatre jours d’audience, le verdict a été rendu dans le procès de Michel Fourniret, 76 ans et Monique Olivier, 70 ans, jugés pour l’assassinat de Farida Hammiche en 1988. Une condamnation qui ne change rien à leur avenir judiciaire.


Michel Fourniret condamné à la perpétuité, Monique Olivier à vingt ans


Leurs derniers mots sont à l’image de ce qu’ils ont été durant cette semaine d’audience, le détaché et la contrite. Michel Fourniret, debout dans le box, petite silhouette frêle, jean remonté en haut de la taille, s’adresse aux cinq hommes et à la femme qui vont devoir le juger : «Je n’ai pas de déclaration à faire.» Monique Olivier, visage chiffonné et teint cireux, souffle : «Je regrette ce qui s’est passé, Farida ne méritait pas ça, c’est impardonnable.» Il est 15 heures, ce vendredi, quand les jurés de la cour d’assises des Yvelines se retirent pour délibérer. Quel que soit leur verdict, le sort des accusés est déjà scellé pour l’éternité ou ce qui y ressemble. En 2008, à Charleville-Mézières (Ardennes), le tueur en série a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour avoir tué sept jeunes filles, et son ancienne épouse à la perpétuité assortie de vingt-huit ans de sûreté pour «complicité». L’enjeu de ce procès était donc ailleurs : savoir comment Farida Hammiche – dont le couple a reconnu s’être débarrassé, en 1988, pour s’approprier le trésor des Postiches – a trouvé la mort, mais surtout retrouver son corps.

Justice peu pressée

Durant quatre jours, les parties civiles sont restées suspendues aux lèvres de Michel Fourniret. Toutes ces silhouettes, serrées les unes contre les autres par le chagrin, veulent «donner une sépulture» à la victime. D’abord son mari, Jean-Pierre Hellegouarch, «bandit au grand cœur» devenu un vieux monsieur de 75 ans aux mains qui tremblent, mais aussi cet ancien amant qui aurait rêvé de l’épouser, et bien sûr, ses frères et sœurs qui ont vieilli sans elle et s’accrochent aux moindres souvenirs : une photo de classe de neige, un croquis de cheval, les récits de famille… L’œuvre de mémoire d’un côté, le jeu de l’oubli de l’autre. Michel Fourniret s’est repu de ne «plus avoir souvenance» du crime, ni du lieu où est enfoui le corps, aimant déclamer d’un air sentencieux des «ca ne fait pas tilt» ou «je ne saurais vous dire». «Qu’on ne me dise pas qu’il ne sait plus où il l’a mise, il connaît les Yvelines par cœur ! s’est agacée Me Corinne Herrmann, avocate du mari et de l’amant de la victime dans sa plaidoirie. Le corps de Farida on ne l’a cherché qu’une seule journée. Il fallait prendre le temps, ce que l’on n’a pas fait dans ce dossier, considérant que ce n’était pas important, que Farida, c’était juste la femme d’un truand.»


C’est un euphémisme de dire que la justice a été peu pressée ou soucieuse de faire la lumière sur le destin de cette jeune femme âgée de 30 ans, volatilisée un jour d’avril 1988. Il aura fallu attendre que Michel Fourniret et Monique Olivier soient arrêtés en Belgique en 2004, puis qu’ils avouent le crime pour qu’elle s’en préoccupe. Et patienter encore dix ans supplémentaire, après l’ouverture d’une information judiciaire, pour qu’un procès ait lieu. Le dossier, considéré comme crapuleux, a en effet été disjoint de ceux de Charleville-Mézières. C’est ainsi que trente ans après les faits, les jurés de la cour d’assises des Yvelines se sont retrouvés face à deux septuagénaires à la mine grisâtre, les cheveux blanchis, la voix chevrotante, l’oreille parfois un peu sourde et les souvenirs vagabonds. Néanmoins, ils sont restés fidèles à leurs personnages judiciaires, comme figés dans le formol du box. En 2018, Monique Olivier se rêve toujours en femme soumise et démunie au côté de celui qui l’aurait obligée à commettre le pire. Et Michel Fourniret, incapable de la moindre empathie, se gargarise de ses actes avec des mots bien choisis et des formules de sphinx. «Michel Fourniret, c’est la banalité du mal, un petit bonhomme qui ne ressemble à rien», «il joue avec nous sur les crimes, les corps qu’il ne veut pas donner», a souligné Me Didier Seban, avocat des parties civiles. «Sa dangerosité criminologique est extrêmement élevée, jusqu’à sa mort. C’est en lui, c’est plus qu’un tatouage», disait un expert.

Versailles, le 13 novembre 2018. Procès de Michel Fourniret et de Monique Olivier devant la cour d'assises des Yvelines pour l'assassinat de Farida Hammiche. Photo Albert Facelly pour Libération

Debout et immobiles

Dans son réquisitoire, l’avocat général Benoît Meslin a, lui, pointé son «plaisir de tuer» mais le magistrat a aussi insisté sur le rôle de Monique Olivier dans le tandem : c’est «un aigle à deux têtes», il y «une complémentarité criminologique». Il a donc demandé aux jurés de déclarer Michel Fourniret et Monique Olivier «également coupables» et de les condamner à la réclusion criminelle à perpétuité. «Il y a une différence entre les deux !» s’est exclamé Me Richard Delgenes, l’avocat de Monique Olivier, refusant que l’on en fasse des siamois de la peine : «Elle est toujours connectée à notre monde, elle est encore chez nous, elle a évolué, elle parle, elle change. Il faut détricoter la relation, ne pas les remettre ensemble.» Que dire, enfin, pour la défense Michel Fourniret ? «On ne se bat pas dans l’espoir du succès, c’est bien plus beau quand c’est inutile», a commencé son avocat Me Grégory Vavasseur citant Edmond Rostand. L’avenir judiciaire de son client est déjà tout tracé, c’est la prison sans fin, mais il tient à ajouter : «La peine, Michel Fourniret, se l’est créée lui-même, c’est l’homme le plus seul et le plus haï qui soit. Il n’a plus que deux compagnons, un jeu d’échecs avec lequel il joue contre lui-même et quelques pages blanches qu’il noircit comme il a noirci sa propre existence.»


Il est 19 heures quand les jurés reviennent dans la cour d’assises. Debout et immobiles, Monique Olivier et Michel Fourniret écoutent le président égrener les «oui» : c’est «oui» à toutes les questions, «oui», à la culpabilité. Les jurés ont décidé de condamner le tueur en série à la réclusion criminelle à perpétuité et sa complice à une peine de vingt ans, retenant donc «une différence» entre «un paranoïaque pervers, prédateur sadique» et «une femme dominée». Tous deux restent figés dans le box, le visage indéchiffrable, l’air soudain très fatigué. Après quatre jours de parenthèse, comme une sortie au théâtre, Michel Fourniret va retourner à l’ombre, dans la maison centrale d’Ensisheim (Haut-Rhin). Il repart avec ses secrets. Parce que, sans eux, que lui reste-t-il ?


Source : Libération le 16 novembre 2018

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 27 nov. 2018, 12:06

Disparition d'Estelle Mouzin: des fouilles entreprises au domicile de l'ex-femme de Michel Fourniret

Des militaires participent aux recherches.

Des fouilles ont déjà été menées au domicile de la deuxième femme de Michel Fourniret à Clairefontaine, dans les Yvelines, en septembre dernier.


Il s'agissait de l'un des enjeux du procès de Michel Fourniret qui s'est achevé il y a quelques jours. Le tueur en série a-t-il un lien avec la disparition d'Estelle Mouzin en 2003. Si l'audition de celui que l'on surnomme "l'ogre des Ardennes" n'a rien donné, la justice vient d'ordonner que de nouvelles fouilles soient réalisées au domicile de l'ancienne femme de Michel Fourniret.


Depuis lundi, "une campagne de fouilles a repris dans cette affaire", a indiqué la procureure de Meaux, Dominique Laurens. Si l'enquête sur la disparition de l'enfant est menée par la police judiciaire de Versailles, des militaires spécialisés en fouilles opérationnelles participent aux recherches à Clairefontaine, dans les Yvelines.

En septembre déjà, des fouilles avaient été réalisées chez la deuxième femme du tueur en série, sans donner de résultat. Dans cette enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin à Guermantes en 2003, le nom de Michel Fourniret est apparu à plusieurs reprises. L'hypothèse avait été relancée au début de l'année après les déclarations du meurtrier qui, comme à son habitude, laisserait entendre qu'il pourrait être impliqué.

En février dernier, le tueur en série a reconnu deux nouveaux meurtres, ceux de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece. Le corps de la première, assistante d'anglais de nationalité britannique, avait été découvert le 17 mai 1990 à Moneteau, dans l'Yonne. Elle était nue, avait été battue et violée. La seconde, une jeune handicapée mentale de 19 ans, a disparu le 8 juillet dans l'Yonne. Son corps n'a jamais été retrouvé.


Source : BFMTV le 27 novembre 2018

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 17 déc. 2018, 17:50

Affaire Fourniret: Un terrain ayant appartenu à Fourniret passé au peigne fin dans les Ardennes

RECHERCHES Les fouilles sont menées dans « l’ancien jardin d’enfants » de la propriété de Michel Fourniret…


Une quinzaine d’enquêteurs effectuent, depuis ce lundi matin, des fouilles, à Floing dans les Ardennes, sur un terrain ayant appartenu au tueur en série, Michel Fourniret, ont annoncé les gendarmes.

Ces fouilles menées par une quinzaine de gendarmes équipés notamment d’une pelleteuse se déroulent sur « l’ancien jardin d’enfants » de la propriété, a-t-on précisé de même source, confirmant une information du quotidien régional L’Union.


Source : 20 Minutes le 17 décembre 2018

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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 17 déc. 2018, 17:54

DIRECT. Ardennes: les fouilles du «jardin d’enfants» de Fourniret reprendront mardi



Image


Depuis ce lundi matin la justice entreprend des fouilles dans un terrain abandonné situé à Floing, localité au nord de Sedan dans les Ardennes et ancienne propriété de Michel Fourniret. Des investigations qui pourraient, selon nos sources, durer jusqu’à mercredi.



Les fouilles ont commencé ce lundi matin vers 10h2


Pourquoi cette fouille ?

Les militaires ont débuté des fouilles, rue du Rossignol, dans ce que le tueur en série Michel Fourniret condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour de nombreux meurtres avait baptisé le « jardin d’enfants ». Ce lopin de terre, débroussaillé la semaine dernière, a appartenu de 1964 à 1999 à l’Ogre des Ardennes et n’a jamais été fouillé.

Suivez le déroulé des événements

16h50 : la nuit tombe, les fouilles se terminent. Un agent de sécurité sera chargé de surveiller le site jusqu’à la reprise des opérations mardi matin.

Edition numérique des abonnés

16h20 : les gendarmes, équipés d’un sonar, se penchent également sur la propriété d’un voisin. Une « cavité » a retenu leur attention dans ce terrain mitoyen du « jardin d’enfants ».

16h00 : les enquêteurs semblent avoir fouillé au niveau du bac à sable du jardin d’enfants.

15h00 : après deux heures de pause, la mini-pelleteuse s’est remise en action.

14h30 : Annick Cuchet l’ancienne voisine de Michel Fourniret à Floing s’est rendue sur place. Depuis des années, elle alerte les autorités de l’existence du « jardin d’enfants » de Fourniret. Les opérations menées ce lundi sont une petite victoire pour elle. « Enfin on fouille. Sentiment bizarre avec la peur de trouver ou ne pas trouver quelque chose dans ce jardin d’enfants. »

13h00 : les fouilles se poursuivent sous des trombes d’eau. Les enquêteurs vont s’intéresser à l’ancien bac à sable du jardin d’enfants de Fourniret mais aussi au pommier qu’il était interdit d’enlever. Selon certaines sources toute la surface de ce jardin va être explorée.

12h30 : Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série, revient sur les éventuelles découvertes que pourraient faire les enquêteurs à Floing.


12h05 : le spécialiste des tueurs en série et auteur d’un livre sur Fourniret, Stéphane Bourgoin est arrivé sur place. « Grâce au témoignage de l’ancienne voisine Annick Cuchet et l’article de l’Ardennais et mon livre L’Ogre des Ardennes et le reportage de France 2 Les choses bougent. » a-t-il déclaré.

Le point à midi

Philippe Dufresne, notre journaliste qui a enquêté en premier sur l’affaire du « jardin d’enfants », résume la situation ce lundi midi.

11h40 : la juge d’instruction, Sabine Khéris est arrivée sur place.

Qui est Sabine Khéris, la juge d’instruction en charge des investigations menées à Floing ?

11h32 : d’autres médias sont arrivés. Les journalistes sont tenus à l’écart.

11h15 : une zone de sécurité a été décrétée autour du terrain.

10h50 : une sonde est sur place pour analyser le terrain. Au total deux sonars sont présents sur les lieux.

« Il y a sur place des équipes spécialisées, sous la direction d’un coordinateur criminalistique, avec des moyens techniques et humains de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. Sont notamment présents trois techniciens de l’identification criminelle de Charleville-Mézières, des membres de la section de recherche de Dijon et la doyenne des juges d’instruction de Paris », Sabine Khéris, a détaillé à l’AFP la gendarmerie.

10h20 : une pelleteuse est arrivée sur la parcelle de Floing. Les fouilles commencent.


9h00 : des véhicules de gendarmerie et un véhicule de l’identification criminelle sont arrivés dans la commune de Floing.



Source : L'Union le 17 décembre 2018

marathon
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Re: Les Fourniret bientôt de retour devant les assises

Messagepar marathon » 20 déc. 2018, 16:46

Jardin d’enfants» de Fourniret: que retenir de ces trois jours de fouilles dans les Ardennes

Les fouilles d’une ancienne propriété de Michel Fourniret, situé à Floing dans les Ardennes, se sont terminées mercredi. Rien n’indique que ces trois jours de fouilles ont été concluants.



Du 17 au 19 décembre, les militaires ont mené des fouilles, rue du Rossignol, dans ce que le tueur en série Michel Fourniret condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour de nombreux meurtres avait baptisé le « jardin d’enfants ».

Ce terrain de 300 m² a appartenu de 1964 à 1999 à l’Ogre des Ardennes et n’avait jamais été fouillé.

>> À Un « jardin d’enfants » intrigant

En mai 2018, L’union-L’Ardennais a été le premier média à enquêter sur ce « jardin d’enfants ». Quelques mètres carrés soigneusement sanctuarisés par le criminel.

Quels sont les résultats des fouilles ?

Impossible à dire. La juge d’instruction en charge de ce dossier n’a pas souhaité communiquer sur les éventuelles découvertes faites à Floing.

>> À lire aussi : Qui est Sabine Khéris, la juge d’instruction en charge des investigations menées à Floing ?

Le résumé des trois jours en vidéo

Des fouilles éclairs ce mercredi

En ce dernier jour d’investigations, une pelleteuse à godet plat avait été réquisitionnée et transportée sur site à la levée du jour.

Contrairement aux deux jours précédents, la justice a délaissé le « jardin d’enfants » pour mener des fouilles à proximité de l’ancienne maison-garage de Fourniret, située quelques mètres plus loin. Des canalisations ont été déterrées et un camion benne a été amené sur site.




Tout laissait à penser que la journée de recherches serait longue. Il n’en a rien été. Pelleteuse, camion, gendarmes, police technique et scientifique et juge d’instruction ont plié bagage peu avant midi. Encore une fois, rien n’indique que ces trois jours de fouilles ont été concluants.

Résumé de la journée de mardi

La journée s’annonçait chargée ce mardi : un vaste territoire restait à exploiter, aussi bien en surface qu’en profondeur. La pelleteuse et le géoradar se sont activés dès 9h30, au niveau du bac à sable semble-t-il. Puis, peu après 11 heures, les abords du « jardin d’enfants » se sont faits plus silencieux. La pelleteuse, active depuis deux jours, a été remplacée par des pelles, plus discrètes.

Vers 15h15, une figure familière de l’affaire Fourniret a pointé le bout de son nez. Maître Delgenès, avocat de Monique Olivier, assure être venu « faire une simple visite pour voir le déroulé des opérations. » Avant de tourner les talons, une heure plus tard en assurant que « le jardin d’enfants de Michel Fourniret mérite d’être fouillé. Il y a des éléments intéressants . »


Contrairement à la première journée de fouille, les équipes sur place ont fait des heures supplémentaires. Des projecteurs avaient été installés pour travailler malgré la nuit tombante. Ils ont finalement plié bagage vers 19 heures sans laisser présager une quelconque découverte. Pourtant d’étranges sacs en plastique ont été chargés dans des fourgonnettes. Leur volume important et leur poids avaient de quoi nourrir les interrogations.

Que s’est-il passé lundi ?

Une mini-pelleteuse, un géoradar… un important dispositif de recherches s’est déployé ce lundi 17 décembre dans la petite commune de Floing, au nord de Sedan. Les premiers véhicules de gendarmerie et de l’identification criminelle sont arrivés sur place aux alentours de 9 heures.



Une heure plus tard, le premier coup de pelleteuse était donné. À l’arrivée de la juge d’instruction parisienne, Sabine Khéris, un périmètre de sécurité a été dressé. Badauds et journalistes étaient alors cantonnés quelques mètres plus loin, dans la rue du Rossignol.


Parmi eux, Annick Cuchet. Ancienne voisine de Michel Fourniret, elle a à de nombreuses reprises alerté les autorités sur l’existence du « jardin d’enfants » de Floing. Cette journée est un soulagement pour cette femme.

Présent également sur place, le spécialiste des tueurs en série, Stéphane Bourgoin a déclaré : « Grâce au témoignage de l’ancienne voisine Annick Cuchet et l’article de l’Ardennais et mon livre L’Ogre des Ardennes et le reportage de France 2 Les choses bougent. »

Malgré la pluie, les recherches se sont poursuivies et même étendues à une propriété mitoyenne. Une « cavité » a en effet attiré l’attention des enquêteurs. Annick Cuchet pense qu’il pourrait s’agir du « trou à pommes », baptisé ainsi par les enfants du quartier dans les années 70-80. Il tenait son nom du fait que les fruits pourris y étaient jetés.« C’était assez profond », expliquait-elle.

Les machines se sont ainsi activées jusqu’à la tombée de la nuit, vers 17 heures.



Source : L'Union le 17 décembre 2018


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