Prisons : les principales propositions à retenir du livre blanc pénitentiaire remis au ministère de la Justice

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marathon
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Prisons : les principales propositions à retenir du livre blanc pénitentiaire remis au ministère de la Justice

Messagepar marathon » 13 avr. 2017, 15:25

Prisons : les principales propositions à retenir du livre blanc pénitentiaire remis au ministère de la Justice


Après l’annonce de la construction de 32 nouveaux centres de détention et maison d’arrêts, la commission du livre blanc pénitentiaire a rendu ses conclusions mardi 4 avril. L’idée est de proposer un éclairage au prochain gouvernement afin qu’il puisse agir rapidement sur le monde carcéral.

Dans ce rapport, remis mardi 4 avril, au ministère de la Justice, 24 propositions sont développées. Parmi elles, un appel à "dynamiser la recherche d’alternatives à l’incarcération" et à réguler "les flux d’incarcération". En clair, la construction de prisons n’est pas la meilleure alternative, selon les membres de tout bord de la commission, qui prône plutôt des aménagements de peine.


Le rapport propose de construire les futurs centres pénitenciers autour d'une journée de détention principalement organisée en dehors de la cellule. Ainsi, la norme à atteindre serait d’au moins cinq heures d’activité à l’extérieur par jour, pour chaque détenu.

A Villepinte, en région parisienne, et à Mont-de-Marsan, dans les Landes, des dispositifs de cellules ouvertes au sein des prisons sont déjà expérimentés. Contre une attitude irréprochable, les détenus peuvent circuler librement au sein de certains quartiers de la prison.

Une situation très tendue

69 400, c’est le nombre de personnes détenues dans les prisons françaises au 1er mars 2017. Un nouveau record franchi. Dans le même temps, le directeur de l’administration pénitentiaire, Philippe Galli, a démissionné six mois seulement après sa nomination à la fin du mois de mars, par manque "de confiance et de respect" de sa hiérarchie selon ses mots.

Quelques jours plus tôt, la directrice de la maison d’arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, a alerté sur la situation de son établissement en envoyant une lettre aux tribunaux annonçant qu’elle ne pouvait plus accueillir de détenus.

A Fresnes, le Défenseur des droits Jacques Toubon a même demandé des poursuites disciplinaires à l’encontre du directeur de la prison où les fouilles à nu systématiques sont pratiquées à l’encontre du droit.

C’est donc dans ce contexte très compliqué que la commission du livre blanc sur l’immobilier pénitentiaire présidée par Jean-René Lecerf, chef LR du département du Nord, a rendu ses conclusions au ministère de la Justice.

Jean-Jacques Urvoas qui s’est voulu très prudent : "Nous sommes de manière durable dans une surpopulation hors norme", a confirmé le Garde des Sceaux. Le ministre de la Justice qui craint même qu’un nouveau record soit atteint le mois prochain, dépassant les 70.000 détenus.


Source : France Bleu le 4 avril 2017

marathon
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Re: Prisons : les principales propositions à retenir du livre blanc pénitentiaire remis au ministère de la Justice

Messagepar marathon » 07 mai 2017, 16:01

Surpopulation carcérale, l'exception française

Les prisons françaises restent désespérément surpeuplées. Alors que le nombre de détenus baisse partout en Europe, il dépasse la barre des 70.000 en France: un nouveau record. En cause notamment le recours insuffisant aux peines alternatives, préconisées depuis des années par le Conseil de l'Europe.

Pourquoi les prisons françaises ne désemplissent-elles pas? Depuis des décennies, le Conseil de l'Europe pointe une surpopulation endémique, voire chronique, et recommande le développement des mesures alternatives, surtout pour les courtes peines, d'autant plus qu'elles offrent une meilleure chance de résinsertion. Cela a fini par porter ses fruits: pour la deuxième année consécutive, le nombre de détenus a baissé partout en Europe. Mais comme la durée moyenne des détentions a augmenté, le problème de surpopulation est resté le même. Surtout en France.



Moins de détenus qu'en Russie ou en Turquie, mais bien plus en terme de densité carcérale

Avec 113 détenus pour 100 places, la France se situe au même niveau que le Portugal, la Moldavie, ou l'Albanie. Elle fait certes mieux que la Hongrie, la Belgique et la Macédoine, mais beaucoup moins bien que l'Allemagne et les pays scandinaves, exemplaires en terme de peines alternatives. Après avoir longtemps traîné des pieds, la France a fini par adopter la "contrainte pénale", mesure phare de la réforme Taubira, qui permet au condamné de rester à l'extérieur de la prison, avec un encadrement très strict et un vrai suivi, quasiment sur mesure. Mais les juges sont indépendants et ne l'ont quasiment pas utilisée. Alors que les politiques pénales se sont durcies: nouveaux délits, davantage de comparutions immédiates, de prison ferme; même l'amnistie présidentielle a été supprimée.

Le Conseil de l'Europe exhorte une nouvelle la France à prendre des mesures urgentes

Le Comité européen de prévention de la torture qui a visité les maisons d'arrêt de Fresnes, de Nîmes et de Villepinte , y a constaté un taux d'occupation de 150% à 180%, d'importants problèmes de chauffage, d'humidité, de nuisibles, d'hygiène, des cellules collectives d'à peine 6 mètres carrés sans aération. Le CPT dénonce par ailleurs des mauvais traitements: coups volontaires portés par des policiers, insultes racistes ou homophobes y compris à l'encontre de mineurs, et surtout un manque criant d'activités pour les détenus, alors que c'est précisément une des clés du succès des pays nordiques. Il appelle donc les autorités françaises à prendre des mesures urgentes pour remédier à la surpopulation carcérale , à n'imposer la détention provisoire qu'en dernier recours et dans des conditions satisfaisantes, et à délivrer régulièrement un message de "tolérance zéro" des mauvais traitements aux forces de l'ordre, à améliorer leur formation et à mettre en place les poursuites nécessaires en cas de plaintes.

Source : France Bleu le 25 avril 2017

marathon
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Re: Prisons : les principales propositions à retenir du livre blanc pénitentiaire remis au ministère de la Justice

Messagepar marathon » 07 mai 2017, 16:09

Conditions "indignes" à la prison de Fresnes : 2.556 détenus et des centaines de rats, la justice est saisie

A la maison d'arrêt de Fresnes, les détenus doivent cohabiter avec les rats et les punaises de lit. Le tribunal administratif avait déjà ordonné des mesures d'urgence mais rien n'a changé. L'Observatoire des prisons a saisi à nouveau le juge des référés. La requête sera examinée vendredi.

L'Observatoire international des prisons (OIP) et plusieurs organisations d'avocats ont saisi la justice pour dénoncer l'insalubrité de la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). La requête en référé-liberté sera examinée en urgence vendredi matin par le tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne), a indiqué le greffe.

L'observatoire avait déjà saisi ce tribunal en octobre 2016. La justice avait ordonné à l'Etat d'intensifier les actions de dératisation. L'OIP affirme avoir demandé, depuis cinq mois, au directeur de la prison de le tenir informé des actions engagées "sans succès".

Surpopulation, rats et punaises de lit

Selon l'Observatoire, il y a 2556 détenus dans cette prison qui compte 1324 places.


Le taux d'occupation s'élève à 193%. La prison déborde. Les cellules de 9 mètres carrés sont souvent occupées par trois personnes. L'OIP dénonce cette surpopulation qui provoque des violences. Il met aussi l'accent sur des locaux insalubres et infestés de rats et de punaises de lit.

Pour les détenus, cette cohabitation avec les rats est un cauchemar. Cet ancien détenu se souvent. Il a passé quelques mois à Fresnes. Ce qui l'a marqué c'est l'odeur.



Vous marchez sur les rats pour aller en promenade

"Il y a des rats partout, raconte cet ancien détenu, il y a des rats qui sont morts partout. Il y a un ami à moi, il y a un rat qui a voulu rentrer dans sa veste. Avant, ils avaient mis des pièges pour les rats mais à part ça il y a rien."


Pourquoi y-a-t-il autant de rats dans cette prison? L'administration montre les détenus du doigt. Elle leur reproche de jeter des détritus dans la cour. Mais pour cet ancien détenu, c'est le manque de poubelles qui est en cause. "Dans les cellules les poubelles sont ramassée une ou deux fois par semaine". A trois par cellules, les poubelles sont vite pleines. Les ordures, les rats et des toilettes trop petites sans compter les puces et les punaises qui pullulent : pour cet ancien détenu "on ne peut pas traiter les prisonniers comme ça"

Des conditions de détention inhumaines et dégradantes

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté avait déjà tiré la sonnette d'alarme en décembre 2016. Elle avait constaté que des dizaines de rats courraient au pied des bâtiments et dans les cours de promenade. Les détenus sont obligés de marcher sur leur crottes. A cela s'ajoute l'odeur persistante de leur pelage et de leurs cadavres qui rivalise avec celle des amas d'ordures. Le 7 avril 2017, c'est le comité européen pour la prévention de la torture qui avait dénoncé des conditions de détentions "inhumaines et dégradantes".

L'OIP demande un plan d'urgence. En octobre 2016, il avait déjà saisi la justice pour obtenir des dératisations plus nombreuses et plus fréquentes. Aujourd'hui, il constate que la situation est toujours la même.





Source : France Bleu Paris le 18 avril 2017


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