Alphonse Bertillon, le Français qui a révolutionné la police scientifique et inspiré le FBI

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marathon
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Alphonse Bertillon, le Français qui a révolutionné la police scientifique et inspiré le FBI

Messagepar marathon » 05 juil. 2020, 17:28

Alphonse Bertillon, le Français qui a révolutionné la police scientifique et inspiré le FBI

Alphonse Bertillon est assez peu connu, pourtant la police scientifique lui doit beaucoup. Par son système de classement, ce précurseur français a révolutionné la police scientifique… bien avant le FBI, célèbre service de police judiciaire américain.



Son nom ne vous dit peut-être rien, mais l’identification scientifique et la police criminelle lui doivent beaucoup. Bien avant les experts américains du FBI, un Français a mis au point une technique, dès 1882, qui permettra de confondre des milliers de délinquants et criminels jusque dans les années 1970.

Son nom : Alphonse Bertillon, inventeur d’une technique qui porte son nom, le « bertillonnage ».

Le « système Bertillon », ou « bertillonnage »

Nous sommes en 1882. La France est encore sous la troisième République et Léon Gambetta est président du conseil. La police scientifique n’en est qu’à ses balbutiements. À l’époque, seuls les « détenus espions » et les physionomistes peuvent permettre d’identifier les récidivistes.

Simple employé chargé de classer les dossiers des criminels notoires et de rédiger les fiches de signalement des personnes arrêtées à la préfecture de police de Paris, Alphonse Bertillon est nommé chef du service photographique de la préfecture. C’est là qu’il y développe le « système Bertillon ».

Une technique qui décortique le physique des suspects arrêtés en prenant une série de 14 mensurations : taille, longueur des pieds, mains, oreilles, avant-bras, arête du nez, écartement des yeux…

Une chance sur 286 millions

En jouant du pied à coulisse et, pour les relevés crâniens, d’une pince céphalique, le Français met au point une méthode où il n’existe qu’une chance sur 286 millions pour qu’on retrouve les mêmes mesures chez un autre individu.

Révolutionnaire pour l’époque. Pourtant, le bertillonnage doit faire ses preuves. En décembre 1882, le préfet de l’époque lui donne trois mois pour tester la validité de sa méthode.

Juste avant l’échéance, le 16 février 1883, le Français parvient à identifier un criminel récidiviste arrêté peu de temps auparavant pour vol et pris en flagrant de délit lors d’un cambriolage. Dissimulé sous un faux nom, il est trahi par les mesures de son corps qui le conduisent aux aveux. Une victoire pour Alphonse Bertillon entérinée par la création d’un Bureau d’identité en 1883.

Photographie et portrait parlé

Peu à peu, le « bertillonnage » s’étoffe. En plus des mensurations, la méthode fait également appel à la photographie anthropométrique « face/profil », mais aussi au signalement descriptif appelé « portrait parlé ». On y décrit les stigmates physiques des suspects : une cicatrice, un tatouage, un grain de beauté…

Après la fondation, en 1893, du service de l’Identité judiciaire, qui regroupe notamment le Bureau d’identité et le service photographique, on ajoute les empreintes digitales à l’arsenal permettant l’identification des suspects.

Dans toutes les grandes villes, des bureaux d’identification fonctionnent sur le même modèle que le service parisien et ils alimentent autant le fichier central que des fichiers locaux ou spécialisés.

Plus fort que Sherlock Holmes

Au-delà des techniques des méthodes policières d’identification, Alphonse Bertillon va élargir l’étude de l’identité à celle de tous les indices matériels relevés sur la scène du crime : photographie des cadavres et des scènes de crime, appareils de relevés des traces, transport des indices…

Il s’impose alors comme le premier expert en matière de police scientifique. Un pionnier salué par Conan Doyle en personne. Dans son ouvrage Le Chien des Baskerville, l’un des clients de Sherlock Holmes désigne Alphonse Bertillon comme le « plus grand expert en Europe », Holmes n’étant que le deuxième.

L’ombre de Dreyfus

Pourtant, une part obscure de sa carrière viendra ternir la réputation de ce précurseur, comme le relève le site de publication scientifique en ligne sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines, Crimino Corpus.

« En 1899, il est appelé lors du procès Dreyfus pour effectuer une analyse graphologique décisive du document prouvant la trahison de l’accusé. Persuadé de la culpabilité de l’officier, il élabore une théorie obscure qui prétend révéler la falsification de sa propre écriture par Dreyfus lui-même afin de tromper la justice. Une campagne publique s’abat sur Bertillon, vilipendé par la presse qui l’accuse de soutenir le mensonge d’État et ironise sur ses compétences. »

Copié par le FBI

Cependant, les techniques développées par Alphonse Bertillon ont été appliquées dans de nombreux pays d’Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud, en Chine et au Japon. Elles ont même été utilisées par le FBI à l’époque de sa création par John Edgar Hoover. Aujourd’hui, le Français est unanimement reconnu comme l’un des fondateurs de la police scientifique.

Source : Ouest France le 29 juin 2020

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