My Friend Dahmer

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marathon
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My Friend Dahmer

Messagepar marathon » 03 mars 2018, 12:31

SORTIE EN SALLE LE 2 MARS 2018 : MY FRIEND DAHMER


My Friend Dahmer de Marc Meyers, avec Ross Lynch, sortie le 2 mars exclusivement sur la plateforme e-cinéma.com


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[INTERVIEW] « On ne naît pas tueur en série, on le devient »


Aujourd’hui sort un film qui retrace la jeunesse de Jeffrey Dahmer, l’un des pires serial killers de l’histoire des Etats-Unis. Critique et analyse avec Stéphane Bourgoin, spécialiste des serial killers.


Jeffrey Dahmer a 18 ans en 1978, quand il accueille chez lui l’autostoppeur Stephen Hicks. Il le frappe et l’étrangle à l’aide d’un haltère, puis le démembre. 16 autres meurtres suivront avant son arrestation en 1991, quand une victime parvient à s’enfuir et prévenir la police. Dans l’appartement, les policiers découvrent des membres humains disséminés dans le réfrigérateur et le congélateur, trois torses rongés par l’acide dans un tonneau, des crânes dans un tiroir.

L’atroce affaire révélée au coeur de l’été fait la une de tous les médias, jusqu’à attirer l’attention de la compagne de John Backderf. Le dessinateur découvre stupéfait que le tueur cannibale et nécrophile est un ancien camarade de classe. La matière rêvée pour une BD : « Mon ami Dahmer » dépeint la jeunesse du « cannibale de Milwaukee » avant qu’il bascule entièrement dans la violence.

Le roman graphique de John Backderf est aujourd’hui adapté en film, « My Friend Dahmer ». Bestioles dissoutes dans l’acide, famille dysfonctionnelle, virées dans les bois… Bienvenue dans l’adolescence glauque d’un futur tueur, objet de railleries par ses camarades qui le transforment en mascotte et alimentent son isolement et sa violence.

Un peu trop scolaire et parfois brouillon, le récit manque de souffle malgré sa matière en or. Néanmoins, la reconstitution superbe de l’ambiance fin 70s et l’interprétation hallucinante de justesse valent le visionnage. Vous ne regarderez plus du même oeil le profil Facebook de ce pote de lycée un peu borderline.



L’analyse de Stéphane Bourgoin, écrivain et spécialiste des serial killers



Pourquoi Jeffrey Dahmer fascine-t-il autant ?


Déjà il y a ses actes hors normes, du cannibalisme, de la nécrophilie. Il faut préciser que ces actes étaient plutôt post mortem, il les endormait et les étranglait d’abord. Ensuite c’est le fait qu’il aurait du être arrêté à deux ou trois reprises auparavant, et que la police lui a quasiment offert une victime sur un plateau. Un mineur de 14 ans, drogué, nu, parvient à s’échapper de chez Dahmer, s’effondre dans la rue. Deux jeunes femmes s’arrêtent et préviennent le 911, une voiture de police arrive. Et Dahmer les rejoint, et leur explique que c’est son petit ami, qu’il a trop bu, que ça arrive assez souvent. Il les convainc de le raccompagner à son appart, malgré les prostestations des deux jeunes femmes. Dans la chambre à coucher il y a le corps de sa victime précédente démembrée et éviscérée. Moins d’une heure après il tue sa victime.

Comment procédait-il pour attaquer ses victimes ?

Il propose de l’argent à de jeunes hommes pour poser chez lui, il drague dans des clubs gays. Au moins deux de ses victimes endormies vont être trépanées encore vivantes. Il leur injecte de l’acide dans le cerveau parce qu’il pense se créer un harem d’esclaves, de « zombies sexuels » qui obéiraient à ses moindres désirs.

Parmi tous les serial killers avec lesquels vous avez échangé, qu’est ce qui caractérise Dahmer ?

Il faut lui arracher les paroles, mais quand il parle il ne ment pas, il se montre sincère par rapport aux actes qu’il a commis, y compris les plus atroces, le cannibalisme, la nécrophilie. C’est le seul, parmi les 77 que j’ai rencontrés, qui a exprimé des remords qui me paraissent sincères. Il m’a expliqué qu’il « aimait » trop ses victimes, qu’il ne supporte pas que ses rencontres d’un soir le quittent le lendemain. Il veut les garder à jamais auprès de lui. Il m’a dit, je cite de tête : “Je n’ai jamais pu trouver une quelconque signification à ma vie et la prison n’y a rien changé. Mon existence a été totalement insignifiante, et la fin en est encore plus déprimante… Je ne vois pas en quoi raconter l’histoire de mon existence pourrait aider qui que ce soit.” C’est gravé dans ma mémoire.

L’enfance difficile de Dahmer peut-elle expliquer ses actes ?

Chez 90% des tueurs en série, on constate des carences dans l’enfance, des abandons parentaux, une absence de figure paternelle, de l’alcoolisme. Lui n’a pas subi autant d’horreurs que d’autres tueurs, plutôt des abus psychologiques. Sa mère, qui souffrait d’alcoolisme et a fait des passages à l’hôpital psychiatrique est partie en vacances avec son frère, sans se préoccuper de son autre fils ou lui laisser à manger dans le frigo. Mais des dizaines de milliers d’enfants maltraités ne choisissent pas de devenir serial killers. On ne naît pas tueur en série, on le devient. C’est ce que disent très bien le roman graphique et le film.


Source : Neon Mag le 2 mars 2018


BANDE ANNONCE


http://www.allocine.fr/video/player_gen ... 49229.html

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