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  Laurent Nizette
 




Agée alors de 53 ans, cette Liégeoise a commis au moins 11 homicides entre 1932 et 1936. Toutes les victimes étaient des femmes âgées, « amies » de Marie Becker.

Jeunesse et 1er meurtre

La belge Marie-Alexandrine Petitjean, épouse Becker, est née à Wamont le 14.07.1879 et a vécu une enfance sans histoire.
Jusqu’à la cinquantaine, elle a mené une petite vie de femme au foyer, avec un mari pantouflard. Ils habitaient au n° 16 de la rue Donceel, à Liège en Belgique.
Ne supportant plus la vie peu excitante qu’elle mène avec son mari, elle accepte rapidement les avances d’un certain Lambert Beyer.

Très vite elle se rend compte que son mari va l’empêcher de vivre les passions dont elle rêve. Pour elle donc, la seule solution de retrouver une seconde jeunesse est d’éliminer son mari et de profiter du train de vie que lui fait miroiter Lambert Beyer.

En automne 1932, elle donne à son mari une dose fatale de Digitaline (substance tirée d'une plante très toxique, utilisée à faible dose pour les maladies du cœur, cliquez sur le lien pour les symptômes), touche son assurance-vie, et utilise cet argent pour ouvrir une petite boutique de vêtements.

Meurtres

Le 23 mars 1933 Marie Doupagne-Castadot (48 ans), une amie de Becker, meurt après avoir bu du thé que celle-ci lui avait préparé. Il faut savoir que le couple Castadot avait peu avant prêté 1200 fb à Becker.
Après cet évènement Becker a évoqué le projet d’épouser M. Castadot, mais ce dernier a toujours nié leur éventuelle relation.

En juillet 2004, lors d’une conversation avec une amie qui se plaignait de son mari, Becker aurait confié à cette dernière que si elle voulait faire disparaître son mari, elle pouvait lui fournir une poudre qui ne laisse pas de trace, et qu’avec ce produit, « on meurt comme de mort naturelle ».
Par la suite, elle prépara du thé pour le mari, Hugo Guichner. Suite à l’ingestion du thé, ce dernier tomba fort malade, mais ne mourut pas.

Le 2 novembre 1934, Lambert Beyer, fort malade, meurt suite aux tisanes « de soins » qui lui ont été administrées par Becker. Elle hérite ainsi d’une somme d’argent qu’il lui avait légué dans son testament.

Cet argent, comme tous ses revenus, seront utilisés en soirées passées dans les boîtes de nuit avec des hommes de la moitié de son âge qu’elle payait pour le sexe (en effet, Becker avait la réputation d’être une femme à nombreux hommes).
Inutile de préciser qu’à ce rythme là, ses revenus financiers étaient vite écoulés.

Le 20 mars 1935, tandis que Becker loge chez son amie Julie Bossy, celle-ci tombe soudainement malade d’une indigestion. Becker lui prépare du thé pour la soigner, mais Bossy meurt peu après.

Le 1er mai 1935, après avoir préalablement emprunté un lot d’obligations à Catherine Beeken-Pairot, Becker se présente à son domicile et lui offre du vin. Beeken meurt peu après.

Quelques jours après, Becker apporte du vin à Marie Bouille. Celle-ci tombe ensuite très malade mais ne meurt pas.

Le 19 mai 1935, Aline Louis–Damoutte meurt après avoir bu du thé lui ayant été servi par Becker.

En juin 1935, Marie Flohr (63 ans) tombe gravement malade après avoir bu le thé de Becker, mais ne meurt pas.

Le 15 septembre 1935 : c’est au tour de Marie Remacle (67 ans) de succomber aux bons soins de Becker. Remacle avait préalablement rédigé son testament, dans lequel il était mentionné que Becker était héritière.

Le 11 novembre 1935 : Marie Evrard-Crulle (55 ans) meurt de la même manière.


Suite aux décès suspects de Remacle et Evrard, Becker fait à cette époque l’objet d’une instruction. Celle-ci aboutit malheureusement à un non lieu, faute de preuves.


Le 7 mai 1936 : Marie Stevart (45 ans) tombe malade et meurt peu après que Becker lui ait emprunté de l’argent.

En 1936 : nous pouvons encore compter une rescapée en la personne de Marie Dalhem, qui ne succombe pas à la fatale tasse de thé…

En juillet 1936 : Alexandrine Lejeune-Blumlein survit à la tentative d’empoisonnement.

Le 20 septembre 1936 : Marie Willems-Bulté (70 ans) meurt, toujours de la même manière. Ses bijoux disparaissent peu de temps après.

Le 26 septembre 1936 : Florence Van Caulaert-Lange (85 ans) meurt dans les mêmes circonstances.

Le 2 octobre 1936 : Marie Luxem-Weiss (62 ans) est la dernière victime de Becker.

 

Modus Operandi et Mobile

Marie Becker a toujours utilisé la même procédure d’empoisonnement.
Elle se présentait chez ses victimes en tant qu’amie, et leur offrait à boire du thé ou du vin, parfois pour les remettre sur pied (lorsqu’elles n’étaient pas fort bien), parfois pour le simple plaisir de leur offrir à boire. Mais à chaque fois Becker prenait soin de verser une dose suffisante de digitaline dans le breuvage des victimes pour qu’elles tombent fort malades et meurent par la suite. Dans certains cas, Becker prenait des objets et bijoux chez les victimes, et dans d’autres, la mort de ses "amis" lui évitait de devoir leur rembourser un certain montant d’argent emprunté.
Dans d’autres cas enfin, elle profitait d’un héritage d’une façon plus que douteuse puisqu’elle a été soupçonnée d’établir au moins deux faux testaments.

 

Arrestation

Début octobre 1936 : une lettre anonyme signalant qu’une certaine dame Lange, soignée par une certaine veuve Becker était décédée dans des circonstances étranges, arrive au Parquet de Liège.
L’enquête ainsi ouverte révéla rapidement qu’une autre mort suspecte récente (Weiss) pouvait être mise en relation avec la veuve Becker.

Le 12 octobre 1936, Becker est arrêtée, et les corps de ses victimes sont exhumés. Les analyses de ces corps ne donnent pas de résultats satisfaisants car la digitaline ne reste pas longtemps dans les corps enterrés.
Une recherche dans la maison de Becker a révélé des bijoux, vêtements et autres objets appartenant aux défunts.
La police a également trouvé une bouteille contenant de la digitaline sur Becker.

Becker explique la possession de digitaline par le fait qu’elle souffrait du cœur.
Un médecin a cependant examiné Becker en vue de son procès et a déclaré que l’état du son cœur ne nécessitait pas l’emploi de digitaline.

 

Procès

Becker a été accusée en Cours d’Assises de Liège des 11 empoisonnements et 5 tentatives de meurtres décrits plus haut, et des faits de faux et usage de faux, et soustractions frauduleuses que voici :

Faux et usage de faux en 1935 : les testaments de Marie Remacle et de Marie Evrard sont soupçonnés d’être des faux.

Soustractions frauduleuses de :

1 titres, numéraire et objets divers de Lambert Beyer en 1934
2 numéraire et objets divers des époux Damoutte en 1935
3 numéraire et objets divers de Marie Evrard en 1937
4 bijoux, numéraire et objets divers de Marie Luxem en septembre et octobre 1936

Au procès, qui dure du 7 juin au 8 juillet 1938, Becker est très cynique et de mauvaise volonté, n’hésitant pas à mentir et à jouer sur les mots, dénigrant l’argumentation de l’Accusation et prétendant que les quelques 300 témoins ayant défilé au tribunal sont tous des menteurs.
Becker nie systématiquement toutes les charges retenues contre elle et toutes les dépositions des témoins.
Pour justifier ses achats de digitaline, elle fait tout à-coup intervenir l’existence d’une certaine Mme Daumens, jamais identifiée et jamais trouvée, qui aurait acheté frauduleusement et régulièrement de la digitaline à Becker, et qui la revendait ensuite en Hollande.

 

Verdict

Le 8 Juillet 1938 le verdict est rendu : Becker est reconnue coupable des meurtres.
La dose de digitaline trouvée sur Marie Becker au moment de son arrestation lui est confisquée (!), elle devra payer les frais du procès et elle est condamnée à la peine de mort. Le verdict prévoit qu’elle aura la tête tranchée, à Liège.
Cependant, la peine de mort n’est pas d’application en Belgique à cette époque. Cette peine a donc été changée en prison à vie.
Marie Becker est morte en prison pendant la 2e guerre mondiale

 
Article de Valérie
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