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  Laurent Nizette
 




Complètement obsédée par la beauté et la jeunesse éternelles, la Comtesse de Sang est soupçonnée d’avoir tué environ 610 jeunes filles pour se baigner ensuite dans leur sang en vue de retarder son vieillissement.


Contexte Historique

En cette époque du Moyen Age (XVIe siècle), les guerres et leur cortège de cruautés sont le quotidien des hommes.
Mort, maladies, misère, faim, sont le seul quotidien du peuple, qui doit se soumettre corps et âmes aux Seigneurs.
Ils n’ont pas droit au plaisir, mais travaillent et vivent pour leur Souverain, qui est tout-puissant et qui dirige son peuple par la peur.

Les superstitions et la sorcellerie tiennent à ce moment une part importante des croyances.

 

Enfance et Jeunesse

Erzébeth Bathory est née en 1560 dans une illustre famille de Hongrie, dont les réguliers mélanges consanguins multiplient les tares et les dégénérescences.
La perversité de certains membres de la famille Bathory est bien connue : Sigismond le Mystique (cousin d’Erzébeth), Istvan le Fou (oncle), Gabor l’Incestueux (cousin) ou Klara la Démoniaque…

Bathory passe son enfance en solitaire, laissée seule tandis que la guerre contre les Turcs fait rage.
Elle découvre très tôt la décadence de la cour et se rend vite compte que la cruauté est monnaie courante dans le château. Dès son enfance elle est ainsi souvent témoin d’actes de punition envers le peuple; punitions qui se donnent à tours de bras et qui sont sans pitié, cruelles, mortelles.

Erzébeth est fiancée à l’âge de 11 ans avec Ferencz Nadasty, un soldat réputé de quatre ans son aîné et émanant également d’une importante famille de Hongrie.
Après leurs fiançailles elle va vivre au château de Ferencz et est éduquée par sa belle-mère, Orsolya Nadasty, qui s’évertue de faire d’Erzébeth une future Châtelaine et une bonne épouse, dont le souci principal doit être de donner à son mari et à son royaume une belle descendance.
Cette tâche n’est pas facilitée par Erzébeth, qui supporte mal de se soumettre à sa belle-mère.
Elle est sauvage, et ne veut pas être enfermée dans des obligations, d'autant plus que celles-ci sont loin de correspondre à ses désirs.
Elle hait Orsolya, qui entrave sa liberté.

En 1575, Ferencz épouse Erzébeth (qui a alors 15 ans), et l’emmène vivre au château de Csejthe où Orsolya s'obtine à poursuivre l'éducation de sa belle-fille, tandis que lui-même part guerroyer contre les Turcs.

Peu après le mariage, Orsolya conseille à Erzébeth de consulter une femme spécialisée dans les plantes et leurs vertus afin d’obtenir un élixir favorisant la fertilité des femmes.
L’obnubilation d’Erzébeth pour la jeunesse et la beauté s’amorce probablement à ce moment, et elle se fera par la suite régulièrement préparer en cachette des élixirs et crèmes aux plantes, mais plutôt destinés à maintenir sa beauté, et non à garantir sa fertilité.

Orsolya Nadasty meurt en 1579, laissant la plus grande partie du pouvoir de Csejthe aux mains d’Erzébeth, et de Ferencz, toujours en guerre.

En 1585 Erzébeth accouche d’un premier enfant : Anna. Elle aura par la suite encore 3 enfants : Orsolya, Katherine et enfin, le seul descendant mâle : Pal, en 1598.
Elle est une mère soucieuse de ses enfants, bien que rapidement leur éducation est confiée à une nourrice, Jo Ilona.

Son mari, Ferencz, meurt en 1603, laissant à Erzébeth la toute puissance sur Csejthe.

 

Escalade de Cruauté

1. Tortures et Punitions : La nature cruelle de Bathory prend forme

Après la mort de sa belle-mère, Erzébeth jouit des pleins pouvoirs au château de Csejthe. Son mari étant la plupart du temps en guerre contre les Turcs, elle se retrouve seule, en proie à ses pensées morbides.

Elle commence alors à torturer ses servantes, profitant d’une légère maladresse de leur part tandis qu’elles la coiffaient ou l’habillaient, pour les punir cruellement.
Régulièrement, elle se mettait à piquer frénétiquement une servante avec une épingle à cheveux, de telle manière que le sang finissait par couler abondamment, rendant alors encore plus Bathory frénétique.
Au fil du temps, la Comtesse peaufinera sa technique, enfonçant la pointe de l’aiguille sous les ongles ou faisant usage de plus de violence.

Bathory fait preuve d’une imagination débordante pour inventer des punitions plus ignobles les unes que les autres. Comme par exemple faire attacher une de ses servantes nue au tronc d’un arbre pour l’abandonner toute une journée aux insectes affamés après l’avoir enduite de miel. Ou bien faire déshabiller une jeune fille dehors, au milieu de la neige et du vent, avant de lui verser de l’eau froide sur le corps, la transformant en véritable statue de glace, pour ensuite la jeter dans un lac glacé.

2. Rituels et Bains de Sang : l'obsession de la jeunesse et de la beauté éternelles

Un jour où, contrariée par un servante, elle la gifla si violemment que son nez se mit à saigner, elle eut une illumination en voyant ce sang couler sur ses mains ridées : le sang de jeunes filles peut lui rendre sa jeunesse et sa beauté de naguère.
Elle fit déshabiller la jeune fille et la força à entrer dans un grand bassin, tout en récitant des incantations. Elle trancha la gorge de la servante puis la mutila en s’acharnant telle une hystérique avec le couteau sur son corps. Une fois morte, vidée de son sang, le corps de la servante fut emmené et caché dans les souterrains du château, tandis que Erzébeth se glissa nue dans le bassin de sang.

A partir de ce moment, la Comtesse s'adonna à la magie noire et devint complètement obsedée par ces rituels. Elle envoya ses complices trouver et ramener de plus en plus de jeunes filles au chateau afin de les sacrifier et de se baigner de leur sang.

Grimpant de plus en plus d’échelons dans l’échelle de la cruauté, Bathory en vint à faire construire des instruments de torture mécaniques et perfectionnés.
La Société Secrète des Chevaliers Forgerons lui confectionna ainsi une Vierge de Fer.
Cet objet était relié à une baignoire par un système de tuyauterie afin de recueillir le sang des victimes qui s’écoulait alors directement dans le bain de Bathory.

Elle a aussi utilisé une cage en métal sphérique pourvue de lames et pendue au plafond. Lorsqu'une jeune fille y était enfermée, la cage était suspendue et mue d'un mouvement de balancier, si bien que les lames déchiraient les chairs sans aucune possibilité d'échapper à la mise à mort.
Durant cette torture, Bathory attendait, nue, dans une baignoire placée en dessous de la cage, que le sang ainsi versé la recouvre.

3. Séquestrations : l'horreur est sans limites

S’organisant pour ses sacrifices, la Comtesse enferma les jeunes filles ramenées par ses complices dans des petites cellules au sous-sol du château, en attente. Ces jeunes filles étaient sacrifiées en fonction des besoins de Bathory, tandis que les cellules étaient au fur et à mesure réapprovisionnées par de nouvelles "recrues".

Se propulsant encore plus haut dans l’horreur, Bathory organisa un copieux repas pour plusieurs de ces jeunes filles, qui furent pour cette occasion libérées de leurs prisons. A la fin de ce repas, les chandelles furent soufflées plongeant la salle dans le noir, et promettant un quelconque spectacle aux jeunes filles.
En fait de spectacle, les gorges des jeunes filles furent une à une rapidemment tranchées par les complices de Bathory, tandis que celle-ci trônait en bout de table, complètement extasiée par le spectacle sanguinaire de la mort.

4. Le Sang de jeunes filles au sang noble : sacrifices plus efficaces

Mais tous ces sacrifices ne parvenaient plus à maintenir la jeunesse de Bathory. Aussi, désemparée, elle alla trouver la Sorcière de la Forêt, une sorcière plus démoniaque que les autres répondant au nom de Majorava.

Selon Majorava, le sang versé n'aura de véritable efficacité sur une grande dame telle la Comtesse Bathory que s'il provient de jeunes filles au sang noble.

A partir de ce moment, des jeunes filles au sang bleu furent séquestrées et sacrifiées dans les souterrains du chateau de Bathory à la place des servantes.

Selon les dires, Majorava aurait été un véritable élément déclencheur de la folie sanguinaire de Bathory. Après la rencontre entre la Comtesse et la sorcière, les tortures et les cruautés auraient doublées de violence.

Erzébeth a été arrêtée, jugée et condamnée peu de temps après.

 

Les Complices de Bathory

Pour commettre ses terribles desseins, Bathory est assistée par 3 complices au cœur aussi sombre et cruel que le sien :

1. Ficzko

Ficzko est un nain difforme et répugnant que Bathory a pris à son service alors qu'il était le bouffon du château.
Il était chargé d’épier le personnel d’Erzébeth et de lui rapporter la moindre faute que faisaient ses servantes. Il l’aidait ensuite à trouver des idées de punition de plus en plus inhumaines.

2. Jo Ilona

Jo Ilona est la nourrice des enfants de Bathory. Elle est aussi sa plus grande complice dans la cruauté et participait activement aux tortures.

3. Dorko

Dorko est spécialisée dans les herbes, les rituels, les incantations et la magie noire.

 

Outre le fait de prendre part aux rituels sanglants de Bathory, ces 3 complices étaient chargés de trouver et ramener des jeunes filles au château. Par la persuasion tout d’abord (en faisant des promesses de nourritures, de beaux vêtements et en faisant miroiter le bonheur de la vie au château), mais par la force si nécessaire.

 

Enquête et Arrestations

1. Les Disparitions

Bon nombre de jeunes filles ne donnèrent plus signe de vie à leur famille après avoir été engagées au château. Les parents pensèrent tout d’abord que leurs enfants ayant à présent un bien meilleur train de vie, il était dès lors normal qu’elles ne regardent plus derrière elles.
Mais rapidement on parla de disparitions : les servantes s’étonnant de ne plus revoir certaines de leurs copines au château, et les parents ne pouvant pas tous croire que leur fille les oublierait une fois à la Cour, surtout lorsque des jeunes filles de sang noble commencèrent à disparaître.

Les parents n’osèrent finalement plus laisser partir leurs filles pour le château, malgré les tentatives de persuasion des complices de Bathory, ce qui obligeait ces derniers à prendre les jeunes filles de force.

2. Les Rumeurs

Des servantes ou des hommes de la Comtesse surprenaient parfois le quatuor maléfique en plein rituel crapuleux. Terrorisés, ils préféraient bien sûr détourner les yeux et ne pas poser de questions à leur maîtresse.
Mais au milieu de la nuit, les grands seaux d’eau rougeâtre déversés par les complices de Bathory dans les égouts n’échappèrent pas au peuple, et rapidement, des rumeurs sur les disparitions des jeunes filles au château prirent forme.

3. L'Enquête du Pasteur

Après la mort du pasteur de la Cour, qui a célébré l’office d’un nombre incroyable de jeunes filles recrutées au château, un pasteur plus lucide et plus courageux reprit le flambeau.
Il prit connaissance des comptes des inhumations très rigoureux tenus par l’ancien pasteur, et ne tarda pas à se poser des questions par rapport à toutes ces jeunes filles mortes dans des circonstances très floues.
De plus il connaissait les rumeurs qui paralysaient le peuple.
Il refusa alors de célébrer l’office des nouvelles jeunes filles dont la cause de la mort n’était pas claire, se dressant ainsi sur la voie sanguinaire de la Comtesse.

Soupçonnant les crimes, le pasteur fit son enquête et s’aventura dans les souterrains et les caves du château via la crypte reliant l’église au château. Ses doutes furent confirmés : il y découvrit un grand nombre de cercueils rudimentaires dans lesquels reposaient les corps décomposés de jeunes filles.
Se sentant menacée par ce pasteur, Bathory tenta de l’empoisonner, sans succès, celui-ci ne mangeant pas le gâteau qu’elle lui fit parvenir.
Les Hauts Dignitaires du royaume ne tardèrent pas à être alertés et le Comte Thurzo s’entretint avec Bathory à propos des rumeurs et des preuves de sa culpabilité (lettres et comptes des pasteurs). La Comtesse nia ardemment les faits reprochés reconnaissant être sévère avec ses gens, mais pas criminelle.

4. L'Enquête du Roi

Une plainte fut déposée auprès du Roi Matthias II, et une enquête fût ouverte. Une équipe d’hommes menée par Thurzo fût envoyée au château afin d’entreprendre des fouilles, et de trouver et emmener Erzébeth Bathory.

Les hommes trouvèrent un château vide, donnant l’impression que les occupants en avaient fui.
Ils découvrirent les cercueils et les corps dans les souterrains, les outils de torture dont la vierge de fer et la cage en métal, et trouvèrent des corps abandonnés de jeunes filles, atrocement mutilés, vidés de leur sang, et encore chauds.

Ils trouvèrent Bathory qui les attendait dans une annexe au château. Elle fut emmenée et jugée.

 

Procès et Condamnations

Thurzo condamna immédiatement Bathory à vivre le restant de ses jours enfermée dans une pièce de son château. Selon sa déccision, cette pièce devra être pourvue d’un miroir pour qu’elle puisse se voir vieillir et la seule fenêtre devra être condamnée, ainsi que la porte, laissant juste une ouverture permettant de transmettre de la nourriture à la détenue.
Bathory ne pourra parler avec personne, ne recevra la visite de personne et son nom ne pourra plus être prononcé.

Le procès débute à Bicse le 2 janvier 1611 et dure 5 jours.
Les accusés sont Erzébeth Bathory, Janos Ujvari (Ficzko), Jo Ilona, Dorottya Szentes (Dorko) et Katalin Beniezky, qui aidait au transport des cadavres.
Tous sauf Bathory ont avoué les crimes et tortures.

Jo Ilona et Dorottya Szentes ont été condamnés à avoir les doigts arrachés un par un à l’aide de pinces, avant d’être jetées vivantes sur un bûcher.
Ujvari Janos a été condamné à être décapité avant d’être jeté sur le bûcher.
Le 17 avril 1611 la condamnation choisie par Thurzo pour Bathory est confirmée.

Erzébeth Bathory meurt dans sa prison le 21 août 1614.

 

Motivation

Il semblerait que la motivation de Bathory soit composée de 2 lignes conductrices :

1. Son goût pour la souffrance, la cruauté, le pouvoir, le sang

Bathory aime la souffrance à l'état brut, elle aime contempler les servantes souffrir et supplier. A travers ce spectacle, c'est peut-être son propre pouvoir sur l'être humain, sa propre puissance, que Bathory admire surtout.

2. Son obsession pour la jeunesse et la beauté éternelles

Vous l’avez lu, Bathory - qui est obsédée par son apparence - est persuadée que le sang des jeunes filles, accompagné de rituels adaptés, va ralentir sa vieillesse et maintenir sa beauté.
Les meurtres sont donc indispensables à Bathory et sont considérés comme d'utiles sacrifices.

Ces deux aspects sont probablement étroitement imbriqués l’un avec l’autre dans l’esprit de la Comtesse car il semblerait qu’elle torturait d’autant plus ses servantes que celles-ci étaient jeunes et jolies.

 
Avertissement : Les faits décrits dans cet article sont extrêmement éloignés dans le temps, ce qui réduit l'exactitude absolue des informations recueillies. Il se peut qu'au fil de vos différentes lectures sur le sujet vous trouviez des variantes par rapport à la narration ci-dessus. Je pense que d'une façon générale et plus particulièrement pour un article tel que celui-ci, aucun site ne peut prétendre détenir La Vérité sur les faits.
 
Article de Valérie
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